L’invitation de Sharon par Ben Ali

Être l´agent d’Israël en Tunisie constitue
 la seule "légitimité" du traître Ben Ali

Complice dans l’assassinat d’Abou Jihad et pour crimes de torture !
Arrêtons l’agent sioniste Ben Ali et jugeons-le pour haute trahison.
Défendons l'indépendance, la dignité et l´honneur de la Tunisie !
Le sionisme ne souillera pas la Tunisie !
Par:
Mondher Sfar
[email protected]

L’invitation de Sharon ne m’a pas ému outre mesure. Depuis le 7 novembre 1987, ou plutôt depuis janvier 1984, je savais que la Tunisie était tombée entre les mains d’un agent secret du renseignement au service de l’Amérique et d’Israël opérant contre son pays et trahissant l’honneur de sa patrie.

Nous avons la certitude aujourd’hui de l’implication personnelle de Ben Ali dans la grande opération israélienne d’assassinat d’Abou Jihad dans la nuit du 15 au 16 avril 1988. Les déclarations élogieuses et insistantes des présidents américains sur le rôle de Ben Ali dans le ‘processus de paix’ amenant l’acceptation par l’OLP de l’entité sioniste en tant qu’Etat, l’inauguration de relations diplomatiques, économiques… avec Israël, et la révélation par l’ennemi sioniste de l’invitation secrète du criminel Sharon par Ben Ali constituent autant d’indices qui ne trompent guère sur l’ampleur de la trahison de cet agent.

L’étude sommaire de l’assassinat d’Abou Jihad en avril 1988, suffit à démontrer la participation personnelle active et passive de Ben Ali au crime.

Il ressort de notre enquête que Ben Ali a été averti bien à l’avance du moment de l’opération. Il a reçu des consignes de ne pas bouger de son bunker de Carthage, de ne pas réagir et de laisser faire jusqu’à la fuite des exécuteurs. Ce qu’il a fait en ‘bon élève’. Il s’est même permis de demander à Ganzoui, responsable de la sécurité publique, d’opérer une rafle mémorable à Sidi Bousaïd, village où résidait Abu Jihad, quelques heures avant l’assassinat, question de vider les rues et de ne laisser circuler que le commando dans les ruelles désertes et sans témoins gênants.

Quand le Boeing 707 israélien à bord duquel se trouvaient ses amis Ehud Barak et sans doute Sharon s’est présenté la nuit du 15 au 16 avril 1988 vers 1h30 au large des côtes de Sidi Bousaid, à 3 Kms du Palais présidentiel de Carthage, pour superviser les opérations qui se déroulaient sur la colline de Sidi-Bou avoisinante, Ben Ali pouvait les observer, sans bouger.Alors que l’avion ennemi violait l’espace aérien de Sidi Bousaïd-Carthage présidence, aucun ordre n’a été donné aux forces armées pour l’attaquer : Ben Ali s’est contenté d’observer la scène, lui et certaines unités militaires tunisiennes, qui se sont contentées de relever consciencieusement la nationalité israélienne de l’appareil, étant frappé de l’étoile de David, et son immatriculation : ‘4x977’. Elles étaient empêchées d’agir par des consignes venues de Ben Ali, chef des forces armées.

La version tunisienne de l’enquête rapportée par les journaux gouvernementaux, affirme même que les forces ennemies (le Boeing 707) ont coupé les téléphones de la villa d’Abou Jihad et du commissariat de police du village. Ainsi, bizarrement, le téléphone du Palais de Carthage - qui abrite le commandement suprême des forces armées tunisiennes, et se situant au beau milieu de l’opération militaire israélienne – ce téléphone n’a pas été interrompu !

Cependant, la consigne que Ben Ali a reçue de ses patrons israéliens de ne pas bouger de son Palais, il l’a interprétée à la lettre : après la fin de l’opération, Ben Ali ne s’est même pas rendu à la villa d’Abou Jihad pour voir ce qui s’était passé à 3 kilomètres de son Palais, ni même pour consoler la femme et la fille du martyre palestinien durement éprouvées en cette sinistre nuit, lui à qui incombait pourtant la responsabilité de leur sécurité.

Non, le vaillant Ben Ali a préféré se calfeutrer dans sa chambre à coucher, et charger son acolyte des opérations sérieuses Habib Ammar, d’aller sur place, car bien plus courageux que lui, comme lors du coup d’Etat du 7 novembre au cours duquel Ben Ali s’est tapi sous les meubles du ministère de l’Intérieur (alors qu’il était Premier ministre !), en attendant l’issue des opérations décisives d’occupation du Palais de Carthage menées par le même Habib Ammar. Ben Ali est resté plusieurs jours cloîtré dans son bunker à Carthage, attendant des consignes claires de ses maîtres israéliens.

Car Ben Ali ne comprend plus rien. Comment ses maîtres osent-ils opérer à sa barbe, lui intimer l’ordre de les laisser faire et de ne jamais réagir, et même de l’obliger à préparer le terrain en vidant les rues de Sidi Bousaid de ses passants, alors qu’il était entré depuis des années à leur service, notamment pour infléchir la direction palestinienne vers la reconnaissance d’Israël ? Or l’attaque israélienne ne pouvait que le mettre en porte-à-faux face à l’Armée, face à ses services de sécurité et face au peuple.

En outre, l’opération ne pouvait que le contraindre à faire semblant de s’attaquer publiquement à son allié Israël, et prendre ainsi le risque, même minime, de se l’aliéner à son corps défendant. Pour clarifier les choses, Ben Ali fit parvenir aux Israéliens un message de bonne volonté lors de l’intervention de son ministre des Affaires étrangères devant le Conseil de Sécurité, six jours après l’assassinat d’Abou Jihad, affirmant clairement sa crainte de voir remettre en question son choix stratégique pro-israélien : « Il est fort regrettable que cette agression soit intervenue à un moment où les initiatives et les bons offices se sont multipliés en vue d’apporter un règlement au problème du Moyen-Orient (…) Comme si les auteurs de cet acte ont voulu décourager ces efforts et annihiler l’effet de ces démarches de bonne volonté. » (La Presse de Tunisie, du 23 avril 1988, p. 4.)

Le message est clair : vous m’avez contraint à participer à l’assassinat, vous m’obligez seulement de gueuler contre vous en public, mais je suis toujours votre homme ; ne me laissez pas tomber.

Message reçu cinq sur cinq par Israël.

Naturellement, aucune enquête n’a été ordonnée par Ben Ali – même pas pour la forme - pour déterminer des responsabilités locales (hormis la sienne et celle de ses proches au ministère de l’Intérieur !), en dehors de l’enquête préliminaire qui n’en a pas été une puisque qu’elle puisait ses informations dans les journaux étrangers ! Beaucoup plus grave, quand l’enquête publiée neuf ans plus tard par le journal israélien Maariv du vendredi 4 juillet 1997 eut dénoncé la complicité active « de hauts fonctionnaires tunisiens » dans l’assassinat d’Abou Jihad, Ben Ali n’a pas cillé : l’information n’a jamais été révélée aux Tunisiens et naturellement aucune enquête n’a été ordonnée, ni publique, ni secrète. Et pour cause !

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il arrive à cet homme du renseignement, à ce « Monsieur sécurité », une pareille mésaventure où il dut agir activement et/ou passivement pour mettre la sécurité du pays en péril : sa participation au détournement de l’avion de Tunis Air du 12 janvier 1979, l’attaque de Gafsa de 1980 par un commando venant de Libye, l’attentat à l’explosif des hôtels à Sousse et à Monastir le 2 août 1987 et l’incendie criminel du local de Bab Souika le 2 mars 1991 : nous possédons aujourd’hui les preuves de son implication personnelle dans toutes ces opérations.

Ben Ali n’est pas ‘Monsieur sécurité’, c’est plutôt ‘Monsieur complot’. Et sans conteste, son plus grand complot, de loin le plus grave, ce n’est pas celui contre Bourguiba, c’est celui contre l’honneur et les intérêts supérieurs de la patrie, c’est celui contre la juste cause palestinienne, contre la cause du monde arabe auquel nous appartenons et contre la paix et la fraternité entre tous les peuples, y compris avec les juifs qui sont les premières victimes du sionisme mondial depuis sa création en 1897.

Le grand crime de Ben Ali est son alliance secrète et non secrète avec l’ennemi Israël, qui plus est reste l’auteur du bombardement sanglant de la Tunisie en 1984.

L’invitation secrète et personnelle de Ben Ali à Sharon est aussi un chef d’œuvre de duplicité et de complicité intime entre Sharon et Ben Ali. Elle a été planifiée par les chefs du sionisme mondial qui depuis quelques mois ont décidé de donner un coup d’accélérateur non pas à la normalisation de leurs rapports avec les dictateurs arabes, - une normalisation déjà largement acquise - mais seulement à l’officialisation de cette normalisation secrète et de fait. Pour pousser Ben Ali à cette extrémité, il y eut des rencontres secrètes entre les ministres des Affaires étrangères israéliens et tunisiens en Europe.

Ces contacts ont été couronnés par une rencontre semi-secrète à Carthage entre Ben Ali et Joseph Sitruk, Grand Rabbin de France, et un des leaders du sionisme mondial, venu accompagné d’une délégation israélienne de 60 personnes dirigée par Pierre Besnainou, trésorier du Congrès Juif Européen, filiale du Congrès Juif Mondial. Cette rencontre secrète qui eut lieu le mardi 7 décembre 2004 a fait l’objet d’un montage médiatique d’une rare duplicité. Elle a été maquillée officiellement en une simple rencontre de Joseph Sitruk avec Ben Ali à l’occasion d’une prétendue participation au colloque international qui se tenait à ce moment sur le soi-disant ’dialogue des civilisations’. Bien entendu Sitruk n’a pas mis les pieds dans ce colloque.

Aucun média tunisien, ni même étranger, n’a soufflé mot de cette rencontre entre les Israéliens et Ben Ali. Cette opération secrète a été menée rondement non seulement avec la complicité des médias tunisiens, ce qui est compréhensible, y compris le journal soi-disant indépendant Réalités, mais aussi avec celle de l’AFP et de l’Associated Press qui n’ont pas dit mot de la réalité de cette rencontre, se contentant de débiter la version officielle tunisienne, de toute évidence en accord avec la partie israélienne. Et comme dans l’affaire de l’assassinat d’Abou Jihad, c’est la presse israélienne - Guysen News - qui a éventé le secret, et publié la photo de Ben Ali avec Besnainou.

Ainsi, dans un article du 20 décembre 2004, soit deux semaines après les faits, l’agence Guysen News révèle les dessous de cette rencontre décisive avec de hautes personnalités israéliennes : il est bien évidemment question d’accélérer, suite aux recommandations israéliennes, le rythme du calendrier de la normalisation et de l’officialisation de la présence politique et économique d’Israël en Tunisie, par un progrès décisif sur le plan diplomatique.

La délégation entendait convaincre Ben Ali de recevoir officiellement des membres du gouvernement israélien : « Les questions relatives à l’ouverture à Tunis d’une représentation israélienne, rapporte Guysen News, et la venue en Tunisie de Shimon Pérez leader du parti travailliste et de Sylvain Shalom, ministre des affaires étrangères de l’Etat Hébreu ont été abordées, et le premier tunisien, Président en exercice de la Ligue Arabe, a laissé de ce côté une porte entr’ouverte avec l’espoir que les échanges entre les deux pays pourraient, dans un avenir prévisible, se normaliser et qu’en tout état de cause ‘Ces dispositions sont à envisager dans le cadre d’un calendrier qu’il n’entendait pas bousculer’ »

Ce qui ennuie manifestement Ben Ali, ce n’est pas le principe de la normalisation, mais la seule peur des réactions populaires, autrement dit, le prix politique à payer pour cette trahison. D’autres doléances de moindre importance ont été abordées et satisfaites telles que la normalisation de la venue des touristes israéliens en Tunisie.

Depuis cette rencontre semi-secrète à Carthage, la machine israélienne s’est emballée, conformément aux consignes données par Sharon : il faut aller vite ! Guysen ne dit pas toute la vérité, mais il se peut bien que le principe de la venue de Sharon ait été abordé lors de la rencontre du 7 décembre 2004, et même conclu. Ce qui nous intéresse ici c’est encore la trahison des Israéliens de leur protégé tunisien : ils ont éventé l’accord de la visite de Sharon et ils sont allés jusqu’à publier la lettre de Ben Ali à son ami Sharon ! C’est la énième fois qu’ils poignardent leur allié Ben Ali dans le dos et dénoncent au grand jour sa complicité dans les crimes dans lesquels il a bien voulu s’associer avec eux.

C’est semble-t-il une tradition chez les sionistes qu’on peut observer en œuvre dès la première guerre mondiale. Une fois qu’ils ont gagné la complicité de quelqu’un (ou d’un pays), ils le dénoncent auprès des siens pour l’obliger à s’allier encore plus fermement avec eux. C’est la situation actuelle de Ben Ali : son sort à lui et à son clan des Trabelsi, est lié intimement avec celui de la présence sioniste en Tunisie et sa mainmise stratégique sur le pays. La violence de la répression des manifestants anti-Sharon et le communiqué de soutien de la Ligue de Défense Juive soutenant Ben Ali contre le peuple, sont les signes qui ne trompent pas de ce que le sort de Ben Ali est désormais et plus que jamais lié à celui du sionisme en Tunisie.

Mais la Tunisie vivra et saura triompher de ses ennemis intérieurs et extérieurs. Son sort, comme pour les autres pays arabes, est aussi celui du peuple palestinien. Si nous acceptons la loi sioniste, nous n’aurons plus que 22 % de nos terres que nous gérerons sous le contrôle israélien. Nous serons des étrangers dans notre propre patrie, ce que nous sommes déjà avec le traître Ben Ali ! Que sera-t-on si l’on nous impose aussi la loi sioniste ? Vivre dans des bantoustans ?

C’est l’heure de vérité pour nous Tunisiens. Combattons pour notre droit à la vie et pour notre droit à la dignité, pour nous et pour les générations futures.xCombattons l’impérialisme sioniste comme nos pères ont combattu l’impérialisme français. Combattons aussi le cancer sioniste aux côtés de nos amis juifs antisionistes qui ont souffert comme nous de cette idéologie raciste et criminelle depuis plus d’un siècle.

Nous vaincrons ou nous disparaîtrons !

Mondher Sfar
[email protected]r


Jusqu'à quand allons-nous continuer à se faire complices de Ben Ali
par notre silence sur ses crimes ? Diffusons ce texte datant de 2002.
Paris, le 21 mars 2005.

Mondher S
far


Pour épargner à la Tunisie les affres de la guerre civile 

Jugeons Ben Ali et ses complices

 Paris, le 17 février 2002

    Il est clair que la décision que vient de prendre Ben Ali de changer la Constitution pour pouvoir se présenter à nouveau aux élections présidentielles a obéi non pas à une quelconque soif du pouvoir, mais plutôt à une nécessité vitale. C’est que le pouvoir est devenu le seul garant de la survie de ce dictateur sur terre. Ce n’est donc pas pour le plaisir du pouvoir que Ben Ali s’est empressé depuis l’année dernière, et trois ans avant l’échéance du dernier mandat, à garantir son maintien à Carthage. Il n’est pas non plus exclu que ceux qui sont à l’origine de cette initiative ne sont autres que ses complices au sein de sa propre famille, ou de celle de sa femme, ou encore du ministère de l’Intérieur. En tout cas, ce sont ces derniers qui se sont vus nommément visés l’année dernière quand les anciens ministres de l’Intérieur Abdallah Kallel et Habib Ammar ont fait l’objet d’accusation de crimes contre l’humanité notamment en Suisse. Ces accusations ont eu un effet désastreux sur le moral des criminels de l’Intérieur, au point que leur chef Ben Ali a dû leur rendre visite au siège du ministère de l’Intérieur pour les rassurer sur leur avenir immédiat. Cette visite qui s’est passée presque inaperçue pour les observateurs, (pourtant rapportée dans La Presse de Tunisie) constituait en fait un geste politique d’une importance capitale dans la gestion de la plus importante crise qu’ait connue le régime. Cette visite présidentielle au ministère de l’Intérieur a eu lieu en août 2001 et pour la première fois depuis le coup d’Etat du 7 novembre. Au cours de cette visite, Ben Ali s’est porté solidaire des cadres de l’Intérieur leur rappelant qu’ils étaient les vrais initiateurs du nouveau régime du temps où il était lui-même à l’Intérieur en leur rappelant qu’il a conduit le coup d’état à partir des bureaux de l’Intérieur. Il leur a indiqué que le choix de la politique sécuritaire (= la torture, etc.) a rendu service au pays et qu’ils ne doivent rien craindre du moment qu’il en assume lui-même la responsabilité et qu’il est nécessaire de continuer sur la même voie.

    En fait cet état d’âme des hommes de l’Intérieur ne pouvait porter à conséquence, car ils sont solidaires des crimes de leur chef et celui-ci est à son tour solidaire de leurs crimes. Bref, ils sont dans la même barque, ou plutôt dans la même galère et ils savent tous que le couperet de la justice tombera sur leur tête le jour même où le pouvoir leur échappera.

    Il en est de même de la maffia de Carthage : sa femme Leila, ses frères et certains membres de la famille Ben Ali qui ont commis des meurtres et des viols, pillé le pays, organisé des réseaux de trafic de drogue, de voitures etc., volé les biens de l’Etat et des citoyens… Tous ont en mémoire le sort de Ceausescu et de sa femme et ils savent que leurs centaines de milliers de victimes attendent avec impatience le jour où ils ne seront plus au pouvoir pour faire valoir leurs droits et pour que justice soit faite.

    Telle est la raison ultime des mesures anticipées pour prolonger le pouvoir de Ben Ali et de sa maffia.

    L’opposition tunisienne doit assumer ici sa responsabilité historique, en empêchant que la haine des millions de citoyens contre les hommes du régime ne débouche sur un bain de sang. Il faudrait que dès maintenant une liste des crimes de sang ou de haute trahison (relations avec l’ennemi sioniste, meurtre d’Abou Jihad, etc.) commis par les hommes politiques ou sous leur instigation ou leur couverture, une liste des voleurs et leurs complices soit dressée avec le maximum d’informations et de preuves sur leurs crimes et délits. Cette liste devra être rendue publique auprès du peuple tunisien afin que ces hommes du régime ne puissent pas échapper du pays et à sa justice et afin que leur procès puisse être instruit en toute sérénité, équité et fermeté, évitant par là la vengeance aveugle et de nouveaux drames.

    Laissons aux criminels le soin d’assurer leur réélection illusoire. Quant à nous, occupons-nous de leur jugement inéluctable.

    Mondher Sfar

Paris, le 17 février 2002
 


Le terrorisme de Ben Ali

Le 22 avril 1996, à 15 heures 20, Mondher Sfar sortait de chez lui au 1 rue Cassini à Paris 14è et arrivait au niveau de la rue d’Assas, quand deux individus l’agressèrent: le premier l’immobilisait par le dos alors que le second lui portait un coup de couteau à la joue, lui occasionnant une plaie suturée par 13 points et une incapacité totale temporaire de 30 jours.

En fait, selon les témoignages des riverains, trois individus de type maghrébin, participèrent à l’agression, le troisième se tenait à l’écart pour couvrir la fuite du groupe. Ils avaient attendu longtemps leur victime avant que celle-ci ne sorte de chez elle et ne s’engage dans la rue d’Assas.

Une plainte contre X a été déposée auprès de la police le lendemain de l’agression.


L'Aïd "el Kébir"
F
ête pour Sharon
et son ami  Ben Ali
?

Non, en ce jour de fête, je ne suis pas en fête.

Quelle fête quand nos frères en Palestine, en Afghanistan, en Irak se font ratatiner, exterminer par dizaines et par centaines dans l’indifférence universelle ? Quelle fête quand mes compatriotes sont par milliers croupissant dans les geôles d’un dictateur crapuleux ? Quelle fête quand les Tunisiens se font insulter, les yeux dans les yeux, de la pire des façons par Jacques Chirac quand il qualifie de réussite les crimes de dizaines d’assassinats, de torture et d’abominable terreur exercée par son chien de garde Ben Ali contre le peuple tunisien dépossédé de sa dignité citoyenne et humaine ?

Non, vraiment, devant ces malheurs, préservons au moins un bout de notre dignité, et parlons plutôt de notre lâcheté et de notre incurie. Ce sera un début d’espoir de mériter un jour de faire la fête.

Mondher Sfar
1, rue Cassini F-75014 Paris France
Tel : 33-1 43 29 68 98
Port: 33-6 64 29 89 99


Appelons au boycott économique total du régime de Ben Ali !

       Quand un terroriste gouverne le pays:    
Plus un seul touriste en Tunisie !

Ben Ali tue les gens au nom de l’économie. Ben Ali a fait de la Tunisie un immense camp de concentration où personne ne doit bouger, ne doit parler, ne doit respirer, ne doit se défendre, ne doit se plaindre... : Au nom des nécessités économiques. Et bien entendu des nécessités économiques des familles mafieuses qui l’entourent à Carthage, elles qui travaillent avec acharnement pour le pillage systématique des richesses du pays et de ses citoyens.

Prospérité du pays se traduit en baisse du pouvoir d’achat, en un taux record de l’endettement des familles et autant pour le chômage qui fait déverser des milliers de jeunes sur les rives nord de la méditerranée et même outre Atlantique. Voilà le « miracle » économique.

Et pour préserver ce « miracle », Ben Ali a transformé le pays en un camp sous haute surveillance militaro policière. Un pays occupé par des forces étrangères aux intérêts de la nation et des citoyens. Les citoyens sont réduits à un véritable esclavage, pour autant que les mots ont encore un sens : quand tout Tunisien peut être assassiné en toute impunité, violenté, torturé, volé, violé, abusé, humilié, etc. sans aucun moyen ni de se défendre ni de porter plainte. Quand cette impunité est même inscrite en toutes lettres et sans gêne dans la Constitution, sur demande du chef de la maffia : le Président de la République y est déclaré bénéficier d’une immunité « à vie » pour tout ce qu’il a commis durant l’exercice de ses fonctions.

Nous n’acceptons d’être réduits ainsi en esclavage sans nous défendre. Et un des moyens de lutte contre cette mafia c’est de lui tarir les sources de ses revenus de la même manière qu’elle a tari les sources de revenus aux centaines de milliers de chômeurs.

L’esclavage économique : nous y sommes et nous n’en voulons pas.

Et Ben Ali ne peut opérer qu’avec l’appui des intérêts de parties étrangères qui veulent aussi avoir leur part au gâteau au détriment de la population et de tout souci de la dignité humaine et de tout principe des droits humains.

Nous ne voulons plus de ces zones franches qui sont des zones du pillage, des zones de la honte, des zones de l’esclavage avec ses salaires de misère et ses havres de « paix » pour le blanchiment de l’argent sale et de la fraude fiscale internationale et du banditisme international.

Nous ne voulons plus de ces accords financiers concoctés en toute clandestinité sans aucun contrôle de la population concernée. Et ces accords clandestins sont tout bénéfice des maffias « des deux rives », aux détriments des intérêts et de la dignité des peuples.

Les choix sont clairs pour tout Tunisien : Vivre dans la dignité ou vivre dans l’esclavage, vivre en tant qu’être humain ou vivre comme un animal. Vivre libre ou sous occupation.

Ceux qui ont peur du boycott alors que les prisons sont pleines à craquer de prisonniers d’opinion et le pays est infesté de centres de torture, se font complices de ces crimes.

Ceux qui ont peur du boycott et de nuire aux intérêts de la maffia présidentielle ne diffèrent pas de ces esclaves qui ont peur de la ruine de leurs maîtres. Escroqués économiquement, ils perdent de surcroît leur honneur. Les esclaves qui se battent pour leur maître, ne sont pas moins à blâmer que leurs oppresseurs.

Les Tunisiens doivent choisir leur camp : Ben Ali a déclaré une guerre totale contre la Tunisie. Nous devons porter nos coups en conséquence. La lutte contre Ben Ali passe nécessairement par la lutte contre ses sources de revenus. Nous devons les viser partout où elles existent.

Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun choisisse son camp. Toute hésitation est un répit pour la dictature agonisante.


Le terroriste "Général" dictateur et   a
Échoué sur tous les plans

Le Général dictateur a échoué sur tous les plans. Maintenant, il ne lui reste que de dégager, le plus rapidement possible, avant qu’il ne soit trop tard pour lui.

Il a échoué complètement sur le niveau humain. Un président de la république doit être avant tout un être humain. Il doit donner le meilleur exemple de l’humanisme dans son pays et devant son peuple. Ce dictateur qui nous gouverne, a fait la preuve d’une cruauté, d’une brutalité, d’une sauvagerie et d’une barbarie, indescriptibles et sans égale. Il a ordonné à ses tortionnaires de torturer les innocents jusqu’à la mort. Plusieurs dizaines d’innocents ont décédés sous la torture. Il a ordonné à ses agents de négliger les prisonniers souffrant de maladies graves et de les livrer à eux même, sous prétexte qu’ils sont ses ennemis et qu’ils ne méritent pas, pour cette raison, aucune miséricorde. Résultat, plusieurs dizaines, aussi, ont péri dans les prisons souffrant de leurs maladies. Les plus cruels des dirigeants dans le monde ont cédé devant la grève de la faim de leurs opposants, ce Général sauvage n’a pas cédé et les a laissés mourir. Boussaa a préféré la mort que de s’incliner à ce minable sauvage. Il a choisi la mort pour que le peuple vive après lui. Ce dictateur a ordonné, aussi, comme un colonisateur ou tout autre ennemi du peuple, de tirer sur les manifestants, de les frapper jusqu’à la mort, ce qui ont fait plusieurs morts parmi les manifestants de ce derniers mois. N’en parlons pas du respect des droit de l’homme, ce sauvage ne reconnaît ni l’homme ni ses droits. Peut-on qualifier après tout cela que ce Général est un être humain ?

Au niveau politique, le Général a gouverné et gouverne encore sans la moindre politique. Si les théoriciens et les penseurs ont qualifié la politique comme l’art du possible. Le dictateur de Tunis a fait de la politique l’art de l’impossible. Effectivement, ce monsieur a rendu la vie totalement impossible à tous les Tunisiens, à l’exception des profiteurs hypocrites qui l’entourent. La politique sous-entend la reconnaissance de l’autre, lui, il n’a reconnu personne. Elle sous-entend le dialogue avec l’autre, lui, il a pris un engagement sur lui même de faire la sourde oreille vis à vis des autres. La politique sous-entend un minimum de respect et de considération pour le peuple, lui, il a fait comme si le peuple n’existe pas du tout. La politique sous-entend le respect de la loi et des institutions de l’Etat, ce sauvage a fait de la loi un outils pour appliquer sa volonté à lui et des institutions de l’Etat sa propriété privée. Est-ce que avec tout ça on peut parler de politique avec ce barbare ?

Au niveau économique, c’est là où il a menti le plus. Il s’est proclamé faiseur de miracle. Il a fait énormément de publicité pour le miracle économique tunisien, le faut bien sûr. Que reste-t-il de ce miracle économique ? Un endettement extérieur avoisinant les vingt milliards de dollar. Le plus élevé, par tête d’habitant, parmi les pays du Maghreb. Un taux de chômage avoisinant les 30% de la population active, dont une bonne partie est relatif aux diplômes universitaires. Un secteur agricole en agonie n’arrivant même pas à couvrir l40% des besoins alimentaire du pays. Un secteur textile, traditionnellement, toujours en bonne santé, cette fois-ci, lui à son tour est rentré en récession. Même chose, pour les secteurs de tourisme et de transport. Un secteur public très important, faisant l’épargne du peuple tunisien pendant trois décennies, est démonté et vendu à la pièce, au plus offrant, et son prix a complètement disparu dans les poches du Général corrompu et de ses proches délinquants et affamés. Quant à l’accord inéquitable de partenariat avec l’Union européenne et sa mise en application qui a contraint plus du tiers des entreprises tunisiennes à fermer leurs portes une fois pour toute n’est rien d’autre que le coût payé pour sa protection et pour qu’il reste au pouvoir. Du coté du dinar tunisien, dont la santé dépend de tout ce qui précède, il souffre énormément ces derniers temps, et rien qu’une dévaluation de plus de 20% ne peut lui rendre la raison. Pour tout résumer, l’économie tunisienne est, à la trace de celle de l’Argentine, menacée d’effondrement d’un jour à l’autre. Au moins pour le moment, le dictateur menteur ne peut plus assourdir les oreilles des gens par ses mensonges sur l’illusoire miracle économique tunisien.

Même dans le domaine sécuritaire où ce dictateur a donné l’impression d’une certaine réussite, il s’est avéré que cette réussite est illusoire. L’explosion de Jerba qui a coûté la vie, pour le moment, à 17 personnes, est venue pour démontrer l’échec du dictateur et ses 130.000 flics en matière de sécurité. Hélas, la Tunisie n’est plus un pays sûr. Le dictateur n’est capable, par le biais de cette grande armée policière, que de se protéger de la colère du peuple ou de courir, jour et nuit, derrière les activistes de l’opposition. Même cela, jusqu’à quand peut-il rester capable à le faire ? Certainement pas, pour longtemps. ZABA s’est trouvé incapable même de mener l’enquête. Les experts sécuritaires allemands et français affluent sur le pays, comme s’il est le leur, pour mener l’enquête. Quelle honte, quelle humiliation.

Ignorant toute cette réalité alarmante, cet analphabète Général tue le temps en essayant de planifier pour un quatrième mandat, peut-être pour un cinquième aussi ou même une présidence à vie !! Oui une présidence à vie dans un cage peut-être.

Délinquant Général cesses de rêver, plies tes bagages et dégages avant qu’il ne soit tard.

Maintenant, il est bien temps pour le peuple tunisien, avec toutes ses formations et ses composantes, de prendre sa revanche de ce dictateur. Il est temps que la peur change de camp. Il est temps que le peuple jouisse de son droit, le plus naturel, et d’imposer sa volonté à celui qui l’a privé de ses droits et qui l’a terrorisé durant quinze ans.

Il est temps que le peuple tunisien se détermine et se décide. Il est temps de dire plus de peur à partir d’aujourd’hui, plus de concession à ce minable dictateur, plus de place pour lui au pouvoir. Il est temps de continuer à descendre dans la rue, en très grande masse, en million s’il le faut, pour soutenir la cause palestinienne et pour contraindre l’ennemi public numéro un, le Général dictateur, à partir. Il faut lui le terroriser, lui faire peur. C’est ça ce que veut dire que la peur doit changer de camp.

Il faut l’obliger, de force, à partir, parce que jamais il n’accepte de partir de lui même. Il l’a bien dit d’ailleurs : j’ai eu le pouvoir par la force et je ne le laisse que par la force. Il est temps pour lui faire goûter de la force de la volonté du peuple et de sa détermination.

Si nous avons, vraiment, besoin de dignité, de fierté, d’autodétermination, de liberté, de justice et de démocratie, on a qu’à sortir dans la rue et qu’à tenir bon. Les clefs de tout ce que nous voulons sont entre nos mains, et c’est à nous de décider, c’est à nous d’oser. Celui qui n’ose rien n’aura rien.

Et comme l’a dit notre illustre poète Aboulkacem ECHAABI :

Si le peuple décide un jour de vivre
Alors le destin ne peut dire que oui.


La fin du mythe du paradis touristique tunisien

Nous appelons nos amis touristes Allemands

à rester prudents dans leur choix de la Tunisie

du fait de l’instabilité politique créée par la politique répressive

et anti-démocratique du général Ben Ali

Nous voulons tout d’abord présenter nos condoléances à toutes les familles touchées par l’attentat du 11 avril à Jerba. Nous adressons nos vœux de prompt rétablissement aux blessés.

Cet attentat vient malheureusement donner raison à nos craintes d’explosion sociale et de violences politiques majeures provoquées par le régime du général Ben Ali.

Ben Ali a étouffé toutes les libertés. Il a imposé un système de pillage des richesses du pays en faveur de sa famille et de celle de sa femme. Mais pour pouvoir se maintenir au pouvoir, il a choisi de faire régner la terreur sur le peuple au moyen de la généralisation de la torture, des violences et des menaces touchant toutes les couches de la population. Ainsi, tous les hôtels en Tunisie sont infiltrés d’agents spéciaux de la police politique armés jusqu’aux dents, mais discrets, qui peuvent être à tout moment la cible d’actes de vengeance de la part des victimes du régime. Nous rappelons que les deux dernières victimes du régime sont mortes le 30 mars dernier l’une sous la torture au centre de la Garde nationale de Gabès, l’autre dans la prison de Kairouan par manque de soins médicaux.

C’est pour cela que nous demandons instamment aux amis allemands de la Tunisie d’être prudents dans leur choix de la Tunisie du fait de l’instabilité créée par les autorités locales.

Nous appelons le peuple tunisien à s’unir pour mettre fin à la dictature qui a transformé la Tunisie d’un havre de paix en un champs de bataille. Il faut que cesse le terrorisme d’Etat afin que les touristes puissent revenir en Tunisie sans crainte pour leur vie.

Paris, le 14 avril 2002

Le Bureau

                                         
                                                                               


  • Qui des deux Sharon
    peut tuer le plus ?

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    Qui des deux Sharon, l’israélien et le tunisien, est capable de tuer le plus d’innocents ?

    Les deux Généraux sanguinaires se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Les deux trouvent une haine sans limites pour l’Islam et les musulmans. Les deux ne supportent pas du tout d’entendre parler des arabes. Les deux trouvent une soif inassouvissable pour le sang des musulmans et des innocents. Les deux ne croient qu’à l’éradication totale de l’autre, avec les méthodes les plus cruelles et les plus inhumaines. Ils ont en commun aussi d’être les dictateurs sanguinaires les plus gâtés dans le monde. Dans le monde qui se dit libre, ces deux ennemis viscéraux de l’humanité, ces deux animaux sauvages, sont encore plus libres de commettre ce qu’ils veulent comme crime, sans la moindre poursuite, ni la moindre critique. Alors qu’ils sont pires qu’Hitler et Staline. Ils sont bien soutenus et protégés par les puissances mondiales qui ont jadis combattu Hitler et Staline. Voilà un vrai paradoxe.

    N’oublions pas, surtout, un petit détail concernant le Sharon tunisien, c’est qu’il travaille, entre autre, à la solde du Sharon israélien. En quelque sorte, le second est le patron du premier. Celui qui a dit, il y a quelque temps, que le Sharon tunisien est le chien des arabes, ne s’est pas du tout trompé. Avec une nette différence entre les deux, faisant du chien une créature, par sa nature même fidèle, alors que le Sharon tunisien ignore complètement cette valeur. Sa nature de traître, lui est complètement étrangère.

    Le Sharon israélien est en train, maintenant, de mener une compagne militaire exterminatrice contre le peuple palestinien sous la vue de tout le monde qui se dit moderne et civilisé !! La raison n’a plus de sens dans ce monde moderne et civilisé mais malheureusement fou. La dignité humaine, les droits naturels de l’être humain, la justice, la miséricorde, la logique et la notion du bien et du mal, tout ça n’a plus de sens. Il est tout à fait légitime, dans ces conditions, de se demander qui des deux communautés, humaine et celle des animaux sauvages, est la plus civilisée, la plus miséricorde et la mieux disciplinée ?

    Sharon l’israélien prétend mener une noble guerre, celle qui consiste à exterminer tout un peuple dont le seul tort est de réclamer le minimum de ses droits légitimes !! Peut-on reprocher, dans ces conditions, quoi que ce soit, à un peuple en cours d’extermination sauvage, de se défendre en sacrifiant la vie de certains de ses membre ? A-t-on le droit de considérer ce comportement désespéré et imposé de force comme du terroriste ? Mais à quoi peut-on s’attendre d’un peuple qui se voit s’exterminer sans pitié ni secours de la part de qui que ce soit dans le monde ?

    Le Sharon tunisien, fidèle lui aussi à sa nature sauvage, vient en aide à son frère aîné, le Sharon israélien, en réprimant sans pitié les manifestants en faveur du peuple palestinien dans les rues des villes tunisiennes. Comble de l’ironie, la police comme si elle n’est pas ni arabe ni musulmane, obéit aux ordres de leur grand chef traître et charge sur les manifestants. Quelle honte ! On ne laisse même pas la liberté aux gens de manifester leur colère et leur indignation contre un ennemi israélo américain dont l’arrogance et la haine contre la nation, ont dépassé toutes les limites. Résultat, un grand nombre de blessés et un autre, encore plus grand, d’arrestations.

    D’un autre coté, et en plus de ce grand nombre de blessés, la Tunisie a connu, dans la même semaine, le décès d’un deuxième prisonnier politique islamiste. Dire que le Sharon de Tunis ne mène pas, lui aussi, sa noble guerre contre le terrorisme et l’extermination des islamistes.

    Le prisonnier politique islamiste, Lakhdar Ben Hassine Sediri, lui aussi, arrive à sa dernière échéance et prononce son dernier souffle, succombant à sa maladie rattrapée en prison et à la négligence voulue et programmée par l’administration du dictateur. Un nouveau décès vient alourdir le dos du traître criminel. Sediri, comme Boussa, comme tous ceux qui les ont précédés, sont les victimes de ce lâche criminel. Boussaa et Sediri ainsi que le nombre illimité des martyres palestiniens, sont tous les victimes de la même nature de dictature et de sauvagerie. Le peuple tunisien qui est passé dans la rue pour défendre la dignité et le droit du peuple palestinien frère, doit être conscient que le Sharon de Tunis ne diffère pas trop du Sharon israélien. Ils sont tous les deux des frères objectifs. Notre peuple doit être conscient aussi que la route pour le palais de Carthage pour déloger le traître doit passer nécessairement par la rue. C’est par ce moyen et ce moyen seulement que nous pouvons nous débarrasser de ce traître criminel qui nous gouverne.

    Pour l’Espace de Dialogue pour les Libertés


     

  • L’imposture

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    Lundi premier avril 2002, est apparu dans le Figaro sous la rubrique Débats et opinions, un article de Monsieur Abdallah Amami, dans lequel il s’est violemment attaqué au Parti du Congrès Pour la République portant à son encontre des accusations graves.

    Diffamations, calomnies, mensonges sont des pratiques courantes diligentées par le régime tunisien à l’encontre de ses opposants.

    Le CPR qui a fait de la Démocratie et du principe républicain des valeurs fondatrices de son action et de sa vision de la politique s’indigne de toutes ces flétrissures et souhaite apporter les précisions suivantes.

    Tout d’abord et sur la forme, M.Amami n’est pas un simple écrivain et chercheur comme le laisse supposer le document du Figaro. L’intéressé a omis de mentionner qu’il avait assumé les plus hautes charges de la propagande officielle en étant respectivement Directeur de l’information/censure au Ministère de l’Information, Directeur de l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE) à Paris, puis Directeur Général des radios à l’ERTT ( Etablissement de la radio-télévision tunisienne)- huit radios dont cinq stations régionales.

    L’ATCE créée le 7 août 1990 a pour mission selon les autorités tunisiennes de « renforcer la présence médiatique de la Tunisie à l’étranger et de faire connaître la politique nationale dans tous les domaines. »

    Reporters sans Frontières en a toute une autre version. Dans son rapport de juin 1999 : Tunisie : silence, on réprime, cette organisation qui défend la liberté d’expression dans le monde souligne que « l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE) constitue l’un des rouages essentiels de la mainmise du pouvoir sur l’information, à l’intérieur du pays comme en direction de l’étranger. »

    L’objectivité et l’intelligence savante que l’auteur entendait s’attribuer par les titres de chercheur et d’auteur n’est donc qu’une simple couverture pour faire passer en des termes plus doux et conventionnellement admis des imputations outrageantes. Cette approche s’apparente à du « cruellement correct » dont le régime tunisien est un fervent adepte. Après les anonymes, les acolytes et autres opposants ralliés par opportunisme, le régime de Ben Ali discrédité et cloué au pilori par tant d’années de répression et de pouvoir absolu, choisit de parler par la voix de ses chercheurs. Se sachant moins cru et promptement désavoué, il s’autocensure et s’exprime d’ores et déjà par délégation.

    Sur le fond, M.Amami qui a fait ses preuves en tant qu’« expert » dans le célèbre Ministère de l’Intérieur, a fait montre d’un bric-à-brac primaire mettant un sérieux doute quant à ses prétentions de chercheur. Il est vrai que dans son récit, la dénonciation est passée avant l’énonciation, la mystification avant la véracité, l’instruction avant l’investigation, la délation avant l’information.

    Il est ensuite une vérité que tous les démocrates et les défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie ont réussi à rendre évidente auprès des opinions publiques nationale et internationale. Désormais, lorsqu’on évoque la Tunisie, le bâton précède le jasmin, les prisons les plages, la torture l’hospitalité…Bref : la dictature la République !

    C’est la vérité cruelle d’un régime qui a transformé ce beau pays en une grande prison. Un régime qui érige la négation de la citoyenneté en système.

    C’est un régime qui dépolitise la société et politise les prisons. Comble du paradoxe dans la Tunisie de Ben Ali : les prisons sont plus représentatives de la société que le parlement simple courroie de transmission d’un pouvoir exécutif exclusivement concentré aux mains du maître de Carthage. Les Sihem Ben Sedrine, Mohamed Moada, Bechir Essid, Hamma Hammami, Mokhtar Yahyaoui, Taoufik Ben Brik, Khemaïs Ksilla, khemaïs Chammari sont peu suspects d’islamisme ! Et pourtant la machine répressive de Ben Ali ne les a pas épargnés pour autant.

    L’alliance contre laquelle l’auteur s’est insurgé est des plus naturelles. Ben Ali a réussi l’exploit de se mettre à dos toutes les sensibilités politiques non inféodées du pays !

    C’est dans la douleur et par désenchantement que l’opposition tunisienne en est arrivée, après tant d’années de déchirement et de luttes marginales, à une conception juste et hautement responsable des droits de l’Homme : la souffrance qui sévit en Tunisie et ailleurs, n’a pas de couleur, n’a pas de race, n’a pas d’idéologie ; elle est tout simplement humaine. Les défenseurs des droits de l’Homme ne sont ni de gauche, ni de droite ; ils sont tout simplement humanistes. Ceux qui veulent coller une idéologie ou une ethnie à la défense des droits de l’Homme se trompent. Ce raccourci affaisse les droits et dégraisse l’Homme.

    Il fallait que le régime aille jusqu’à ses derniers retranchements et intente une foultitude de procès à l’opposition toutes tendances confondues, pour que celle-ci comprenne que dans ce bras de fer vaut mieux être solidaire que solitaire.

    Le seul danger que constitue le rapprochement des forces de l’opposition n’est pas une menace pour la Démocratie mais pour le régime lui-même. Tout d’abord en déjouant le stratagème des autorités dont le maître mot est « diviser pour mieux régner, isoler pour mieux frapper ». Ensuite en donnant une définition moins cynique et formelle de la démocratie cache-sexe pratiquée par le régime. Le rapprochement des opposants s’il a lieu se fait et doit se faire dans et pour la Démocratie. On se rapproche au fur et à mesure que l’on se démocratise.

    Grandeur de la démocratie : ni le bagage culturel, ni la position économique, ni l’héritage social et patrimonial n’autorisent un quelconque droit d’accès privilégié à celle-ci. En démocratie, la politique est ouverte à tous. Qu’importe l’origine, les hommes politiques sont jugés sur leurs actions politiques. Qu’ils soient athées, laïques, socialistes, libéraux ou musulmans croyants, le suffrage universel les sanctionnera. Sauf si pour des raisons de « supériorité civilisationnelle », l’Islam n’aurait pas le droit à sa démocratie (Démocratie musulmane) au même titre que le Christianisme (Démocratie chrétienne) ?

    La vérité, c’est que Ben Ali et ses thuriféraires tel que Amami n’ont pas peur pour la Démocratie mais plutôt peur de la Démocratie. L’inclination à l’exclusivisme, trahie par une arithmétique qui ne trompe pas : 99% des suffrages, parti unique au pouvoir depuis 45 ans, président en exercice depuis 15 ans et vient de postuler pour douze ans, Information unique, 130 mille policiers, un millier de prisonniers politiques, des dizaines de morts en prison des suites de torture et de mauvais traitement, procès politiques iniques en cascade…Tout cela dénote d’un mépris pour la Démocratie et pour la République.

    En Tunisie, n’en déplaise à M. Amami, les libéraux dont il se réclame sont des liberticides, les prétendus démocrates des démocraticides. La République a horreur des monopoles…Elle se meut dans le pluriel.

    L’autre grande imposture est cette approche manichéenne aussi intervertie que cynique. « Il n’y a pas de bons islamistes ! » On a cru entendre le Président des États-unis et le Premier ministre d’Israël traçant les contours de la nouvelle géographie des « bons » et des « méchants » !

    Sauf à gaver les guignols de l’info, cette démarche prétextant de tous les crimes est vivement condamnable partout dans le monde. Elle l’est davantage dans un pays musulman qui n’a connu d’autre violence que celle pratiquée à grande échelle par le régime en place.

    Ces dernières années, l’accusation d’islamisme a brisé bien des destins. Oui, telle la rage, alibi fatal contre les chiens (« Lorsqu’on veut tuer son chien, on l’accuse de rage ») ; l’islamisme sonne comme une sentence ! Il est devenu le faire –valoir de règlements de compte et de crimes idéologiques et politiques le plus souvent. «  Il faut exterminer les islamistes et les chasser de notre société » scandait Amna Dakhlaoui, intellectuelle tunisienne. La traque de l’islamisme, on le voit bien, rime avec les pires atrocités humaines : extermination et déportation.

    Après le 11 septembre, le terrorisme et l’intégrisme ont acquis par la force des choses une confession et une nationalité. Ils sont musulmans et ils sont arabes.

    Curieusement, en Tunisie et ailleurs, peu de voix se sont levées pour protester contre ce lynchage organisé. Tout le monde y trouvait son compte. Les pouvoirs en place, réactivant les politiques répressives, seul rempart, nous dit-on, contre « le péril vert ». Les thuriféraires et autres acolytes du régime, sautant sur une occasion inespérée pour se débarrasser de l’ennemi juré.

    Dans ce domaine, le travail sémantique et conceptuel est d’une importance cruciale tant les manipulations langagières ont altéré le jugement et multiplié les dérapages. M. Amami semble retrouver ses vieux démons. S’érigeant en censeur et aucunement en chercheur, il met des évènements disparates en nature, en temps et en lieu dans un même sac qu’il a nommé comme à la mode islamisme. N’étant pas soluble dans « l’Etat voyou » chasse gardée de Ben Ali, l’islamisme doit être tenu en quarantaine. Ceux qui l’auront approché seront à leur tour éliminés (élimination habillée en « suicide » selon les propres termes de Amami.)

    Quant à l’accusation de racisme, elle s’apparente plutôt à de la délation. Sinon, comment expliquer le recours à un acte isolé datant depuis les années quatre-vingts. Aucune autre information, aucun autre incident, aucun écrit, aucune déclaration, ne sont venus corroborer les allégations graves de Amami. On est offusqué devant une telle exploitation éhontée d’un drame sans précédent. Contre la politique du pire pratiquée par Sharon, oui! Comme tous les Tunisiens et d’ailleurs comme une partie des juifs qui luttent pour une paix juste et durable! Antisémites, racistes, non ! Une telle affirmation lourde de conséquences dans un climat de tension marqué par des agressions, tout autant condamnables, contre les lieux de culte juif en France, n’a d’autre objectif que de dresser les autorités de ce pays contre président et militants du CPR résidant en France. Le choix de publication du texte en Hexagone n’est pas fortuit, en Tunisie il serait pris dans cette ferveur pro palestinienne pour déloyauté et dénonciation mensongère.

    Enfin, le parti du Congrès Pour la République dans le collimateur du régime depuis qu’il a commencé à dénoncer les dérives monarchiques du Président/monarque, est un avant–goût de ce que devrait être la Tunisie de demain. Un parti à l’image de la société rêvée : réconciliée contre la dictature, réconciliée avec l’identité nationale, réconcilié pour la Démocratie et la République…Un fond de tunisianité qui fait la force du CPR.

    Le Congrès Pour la République (CPR)
    Le responsable de la Communication
    Chokri HAMROUNI
    Contacts :
    - Tél. : 01 34 05 89 41 / 06 10 38 07 44
    - Fax : 01 34 05 89 41


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