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Serge Thion

VÉRITÉ HISTORIQUE
OU
VÉRITÉ POLITIQUE?


[57]

CHAPITRE II

CE QU'EST L'AFFAIRE FAURISSON



L'affaire qui nous occupe a commencé en 1974 d'une assez curieuse manière : le 17 juillet surgit dans le Canard enchaîné une lettre adressée trois mois auparavant par Faurisson au Dr Kubovy, directeur du Centre de documentation juive de Tel Aviv. En voici le texte, en rétablissant les passages tronqué par le Canard :
Puis-je me permettre de vous demander votre sentiment, votre sentiment personnel, sur un point particulièrement délicat de l'histoire contemporaine : les chambres à gaz hitlériennes vous semblent-elles avoir été un mythe ou une réalité ? Auriez-vous l'obligeance de me préciser éventuellement dans votre réponse quel crédit. selon vous, il convient d'accorder au « document Gerstein », à la confession de R. Höss, au témoignage Nyiszli (faut-il dire Nyiszli-Kremer ?) et, d'une façon générale. à ce qui s'est écrit de ce point de vue sur Auschwitz, si le gaz Zyklon B. sur le sigle « N.N. » (« Nacht und Nebel » ou « Nomen Nescio » ?) et sur la formule de « solution finale » ? Votre opinion sur la possibilité d'existence de ces chambres a-t-elle varié depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourd'hui ce qu'elle était il y a vingt-neuf ans ? Je n'ai pu, jusqu'à présent, découvrir de photographies de chambres à gaz qui paraissent présenter quelque garantie d'authenticité. Ni le Centre de documentation juive de Paris, ni l'Institut fur Zeitgeschichte de Munich n'ont pu m'en fournir. Auriez-vous, pour votre part, connaissance de photographies à verser au dossier de la question ? Merci d'avance pour votre réponse et peut-être pour votre aide. Veuillez recevoir, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

[58] Le Canard ne faisait que la reprendre de Tribune juive Hebdo (14 juin 1974) qui, elle-même, la reprenait du quotidien israélien Yedioth Aharonoth (26 mai 1974) où la lettre avait abouti, le destinataire étant décédé. Il s'agissait d'une lettre semblable à celle que Faurisson avait envoyée à plusieurs dizaines de destinataires, historiens et spécialistes connus, à travers le monde.

Dès le 25 juin, on en parle au conseil de l'université (Sorbonne nouvelle-Censier) où enseigne Faurisson. Sa lettre porte l'en-tête de l'université :
Le Président [M. Las Vergnas] a été saisi par quelques collègues de la parution dans l'hebdomadaire Tribune juive d'un article signé par M. Faurisson et qui contient des doutes inadmissibles quant à l'existence des camps de concentration nazis. Or cet article a été écrit sur du papier à en-tête de notre université (centre Censier). En conséquence, le Président souhaite que le conseil l'invite à adresser, en son nom, au journal en question un désaveu total des allégations de notre collègue, celles-ci mettant en cause le renom de notre université. Le conseil approuve unanimement cette attitude.

Robert Faurisson remarque
[...]qu'une lettre est ici présentée à deux reprises comme un article. Une lettre publiée sans le consentement de son auteur est présentée comme un article qui aurait été. par ses soins, remis à un journal. Des questions sur l'existence des chambres à gaz deviennent des doutes quant à l'existence des camps de concentration; puis ces doutes sont qualifiés, à leur tour d'allégations. Ces doutes, déclarés inadmissibles, et ces allégations qui appelleraient un désaveu total, mettraient en cause le renom d'une université.

- Depuis quand condamne-t-on quelqu'un sans qu'il soit admis à présenter sa défense (ne serait-ce qu'au titre d'« observateur invité » : qualité dont seul a bénéficié le collègue qui a « saisi le Président de cette affaire o) ?
- Depuis quand le Président et son conseil ont-ils qualité pour juger les recherches d'un professeur, recherches sur lesquelles ils ne disposent que d'une lettre tronquée ?
- Depuis quand l'Université conteste-t-elle le droit au doute et à la recherche ?

Ces remarques, il les affiche à Censier pour répondre aux rumeurs qui circulent et à d'autres affiches, injurieuses à son égard. Il fait suivre son nom de la mention « membre adhérent du S.N.E.Sup », ce qui lui vaut bientôt d'être exclu dudit syndicat, car cette mention « tend à laisser croire que les questions posées par Faurisson, et qu'il présente comme de nature exclusivement scientifique, peuvent avoir la caution du S.N.E.Sup ; [59] mais une campagne menée depuis des années pour essayer de déterminer des degrés dans l'horreur des crimes nazis, alors que se développent par ailleurs des tentatives de réhabilitation de l'hitlérisme, ne peut manquer de faire l'objet d'une exploitation politique et le S.N.E.Sup se refuse évidemment à lui donner la moindre caution. La commission estime donc que l'utilisation du sigle S.N.E.Sup dans ce contexte est de nature à porter un préjudice moral au syndicat #1». Limitons-nous à trois remarques : il faut avoir l'esprit singulièrement borné pour ne pas se rendre compte qu'il y a évidemment eu des degrés dans l'horreur. Ensuite, personne n'a jamais soupçonné un syndicat d'universitaires de cautionner les recherches de ses adhérents. Le S.N.E.Sup ne fait pas précisément figure de société savante. Ce petit jésuitisme n'a d'autre fonction, au moment où un adhérent (de longue date) a besoin de soutien en raison des attaques dont il se sent l'objet, que de le laisser tomber. Troisième point, intéressant parce qu'il ressort en 1974 comme en 1979, comme il ressortait il y a vingt ans et comme on souhaite qu'il ne ressorte pas dans vingt ans : le coup de la « campagne de réhabilitation de l'hitlérisme ».

[#1 - S N. E. Sup, commission des conflits, déliberation du 4 octobre 1975.]

Cette campagne est à l'évidence permanente chez certains de ceux qui participèrent à l'entreprise (pas tous, il y a aussi des repentis) et d'autres, plus jeunes, qui vivent dans la nostalgie du bon Adolf. Cette campagne, depuis 1945, n'a jamais connu autre chose que des échecs piteux. On proteste moins contre les campagnes de réhabilitation d'autres tyrannies criminelles comme celle de la famille royale française (voir les contorsions récentes du comte de Paris) ou de M. Bonaparte, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, célébré par l'État français aux frais du contribuable. Que la naissance du Führer soit célébré dans deux cents ans par un éventuel État allemand me paraît probable, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Le fait d'exalter le dictateur liberticide du 18 Brumaire n'entraîne pas ipso facto que notre régime politique ressemble à celui du fameux précurseur de Bokassa. Souhaitons la même chose aux Allemands du XXIIe siècle. Ajoutons que ceux qui veulent vraiment réhabiliter Hitler, ou Pétain, ou Louis XVI, ou Trotski le disent. Leur entreprise n'aurait guère de sens s'ils n'en avouaient hautement le but. Il importe donc de ne pas se tromper d'adversaire et de cesser ce petit chantage permanent. Il ne peut d'ailleurs faire taire que ceux qui ont précisément le souci [60] de ne pas se faire confondre avec les partisans déclarés de l'hitlérisme, et dont le propos est autre.

A la suite de ce détournement de correspondance, Faurisson fut, comme on le pense, abreuvé de diffamations et de menaces diverses (lettres, coups de téléphone, graffiti chez lui, dans un style typiquement antinazi : « Faurisson, tu crèveras »).

Il fournit aussi le point de départ d'un litige qui opposa longuement Faurisson aux instances de l'université de Lyon II, où il vint enseigner en 1974. Il avait des raisons de penser que les rumeurs hostiles engendrées par la publicité donnée à l'un de ses thèmes de recherche, avait eu pour effet d'empêcher le déroulement normal de sa carrière universitaire. Il eut la candeur de s'en offusquer. Une longue procédure judiciaire le faisait débouter en Conseil d'État en octobre 1978. Il va de soi que l'atmosphère de l'université lyonnaise en était quelque peu affectée et qu'en face de collègues hostiles, il ne pouvait compter que sur des appuis rares et discrets.

Cela n'empêche pas l'auteur de la « méthode Ajax » de continuer à travailler. C'est la lecture des livres d'un ancien déporté, Paul Rassinier, qui l'a mis sur cette piste. Nous parlerons plus loin de Rassinier et des incroyables calomnies dont il a été la victime. Il souhaitait, avant sa mort en 1967, que de jeunes chercheurs reprennent le flambeau et contribuent à faire davantage de lumière sur cette période douloureuse de la guerre et de la déportation.

Faurisson constitue des dossiers, envoie des lettres dans tous les azimuts pour demander de la documentation, fréquente assidûment les salles de lecture, comme celle du Centre de documentation juive contemporaine, enquête auprès des professionnels de l'usage des gaz, de la crémation, se rend en Autriche et en Pologne pour visiter les lieux, armé d'un mètre et d'un appareil photo, il interroge les témoins et les archivistes, il analyse les textes. Il tire des conclusions. Il cherche à les publier. C'est là que rien ne va plus.

Dans une lettre publiée en droit de réponse, il décrit rapidement sa démarche (Le Monde, 16 janvier 1979):

 
Jusqu'en 1960, j'ai cru à la réalité de ces gigantesques massacres en « chambres à gaz ». Puis, à la lecture de Paul Rassinier, ancien déporté [61] résistant et auteur du Mensonge d'Ulysse j'ai commencé à avoir des doutes. Après quatorze ans de réflexion personnelle. puis quatre ans d'une enquête acharnée, j'ai acquis la certitude, comme vingt autres auteurs révisionnistes, que je me trouvais devant un mensonge historique. J'ai visité et revisité Auschwitz et Birkenau où l'on nous présente une « chambre à gaz reconstituée » et des ruines dites de « crématoires avec chambres à gaz ». Au Struthof (Alsace) et à Majdanek (Pologne), j'ai examiné des locaux présentés comme des « chambres à gaz en état d'origine ». J'ai analysé des milliers de documents, en particulier au Centre de documentation juive contemporaine de Paris : archives, sténogrammes, photographies, témoignages écrits. J'ai inlassablement poursuivi de mes questions spécialistes et historiens. J'ai cherché, mais en vain, un seul ancien déporté capable de me prouver qu'il avait réellement vu, de ses propres yeux, une « chambre à gaz ». Je ne voulais surtout pas d'une illusoire abondance de preuves ; j'étais prêt à me contenter d'une preuve, d'une seule preuve. Cette preuve, je ne l'ai jamais trouvée. Ce que j'ai trouvé, en revanche, ce sont beaucoup de fausses preuves, dignes des procès de sorcellerie et déshonorantes pour les magistrats qui s'en étaient accommodés. Et puis j'ai trouvé le silence, la gêne, l'hostilité et, pour terminer, les calomnies, les insultes, les coups.

En même temps qu'il « poursuit inlassablement de ses questions spécialistes et historiens », il entame avec la presse, et surtout avec le Monde, une sorte de guérilla pour obtenir que l'on y publie ses vues, et cela dès 1966, sans guère de succès. En voici un exemple symptomatique : Faurisson avait envoyé à Charlotte Delbo une lettre analogue à celle qui, expédiée au Dr Kubovy, avait fait surface dans le Canard enchaîné. Charlotte Delbo, écrivain, auteur de plusieurs récits sur la déportation #, la communique au Monde, assortie d'un commentaire. Plus correct que le Canard, le Monde demande à Faurisson l'autorisation de publier cette lettre - privée - et il refuse. Elle est néanmoins publiée avec le commentaire de Charlotte Delbo, mais le nom de Faurisson a disparu. Pour qui a lu, à cette époque, le Canard enchaîné, l'allusion est transparente. L'article s'intitule « Démythifier ou falsifier #» :
« Les chambres à gaz hitlériennes vous semblent-elles avoir été un mythe ou une réalité ? (...) Votre opinion sur la possibilité d'existence de ces chambres a-t-elle varié depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourd'hui ce qu'elle était il y a vingt-neuf ans ? Je n'ai pu, jusqu'à présent, décou[62]vrir de photographies de chambres à gaz qui paraissent présenter quelque garantie d'authenticité. Ni le Centre de documentation juive de Paris ni l'Institut für Zeitgeschichte de Munich n'ont pu m'en fournir. Auriez-vous connaissance de photographies à verser au dossier de la question ? Je vous remercie d'avance pour votre réponse, et, peut-être. pour votre aide. »

Questions qu'on peut trouver étranges quand elles sont adressées au témoin que je suis. Pourtant, elles me sont posées par une lettre que j'ai reçue tout récemment.

Sans doute cette lettre ne mériterait-elle qu'un haussement d'épaules, un mouvement de pitié (pauvre dément) ou une réponse ironique (quoi. Monsieur, mettrez-vous toute l'histoire en doute jusqu'à l'invention de Niepce ? Nierez-vous la Saint-Barthélemy, la prise de la Bastille et la bataille de Waterloo parce que le reporter de Paris-Match n'y était pas ?). Oui, sans doute, ne mériterait-elle que cela, cette lettre, si elle n'était écrite sur papier à en-tête d'une faculté des lettres et si son signataire ne faisait suivre son nom de son titre : maître de conférences.

Voilà donc un professeur qui s'est documenté uniquement pour avoir des preuves a contrario, des preuves contre la vérité, et qui espère que je l'aiderai à trouver ces preuves. Car enfin. comment supposer que R. Höss, dont on a publié l'autobiographie (le Commandant d'Auschwitz, parle) aurait dit qu'il considérait de son devoir, bien que cela lui fût pénible. de coller son il au hublot de la chambre à gaz pour chaque fournée qui y passait ? Pour donner des armes à l'accusation alors qu'il chipotait sur les chiffres : deux millions huit cent mille juifs gazés, d'après lui, et non quatre millions comme le tribunal le soutenait ?

Les chambres à gaz me semblent-elles avoir été un mythe ou une réalité La question m'accable. Ainsi nous aurions lutté avec une volonté surhumaine pour sortir d'Auschwitz. nous aurions lutté dans des conditions si terribles que notre survie tient du miracle, notre volonté de survivre aurait été soutenue par la volonté de dire ensuite cet indicible que nous avions vécu, nous aurions. en rentrant, porté témoignage pour tenir la promesse que nous avions faite là-bas : dire ce que c'était, et, aujourd'hui, on vient nous demander si les chambres à gaz étaient un mythe ?

Non, Monsieur, la rangée d'énormes cheminées d'où sortait jour et nuit une épaisse fumée noire n'est pas une invention des survivants. Certes, une photographie ne montre aucune différence entre ces cheminées et celles de hauts-fourneaux, mais l'odeur ? L'odeur de la chair qui brûle ? L'odeur n'est pas retenue par la photographie. De même, une photographie de la chambre à gaz montre un hangar banal. Mais j'ai vu déferler sur Auschwitz, où je suis arrivée le 27 janvier 1943, des Juifs de toute l'Europe, des populations entières que les S.S. poussaient vers ce hangar et qui y disparaissaient pour toujours. Excusez-moi, monsieur, à Birkenau j'étais privée de tout, même d'un appareil-photo.

Mon opinion sur la possibilité d'existence de ces chambres à gaz ? Ce n'est pas une opinion que j'ai, c'est la certitude de les avoir vues. Et que cette certitude ait pu varier depuis vingt-neuf ans Quelle question ! J'étais encore assez jeune alors pour n'être pas à l'âge sénile [63] aujourd'hui.

[63] Heureusement, j'avais de la marge. Que je doive user de cette marge pour protester contre un esprit perverti me désespère.

En être là ! Que nous en soyons là ! Le « rétro », qui fait de l'esthétisme avec le nazisme, qui romantise l'hitlérisme, lui donne une trouble fascination, est plus qu'une mode qu'auraient lancée des intellectuels blasés ou à court d'imagination. Le danger est plus grave. On révise l'histoire pour en réviser les leçons. On veut effacer la vérité pour qu'une renaissance du fascisme ne paraisse pas une menace mortelle. N'étaient-ils pas beaux, ces S.S. dans leurs uniformes, et virils, et ardents à l'amour et investis de ce pouvoir suprême : donner la mort ? N'est-ce pas un héros ce bel S.S., un modèle à proposer à des jeunes gens qui cherchent un but à leur vie ? Oui, l'entreprise est plus grave qu'il n'y paraît. Qu'on permette à une survivante d'Auschwitz de demander qu'on y réfléchisse.

Faurisson s'estimant mis en cause (et qui d'autre le serait ?) envoie une réponse où il dit notamment :
Des chambres à gaz auraient-elles cependant fonctionné « en quelques points de Pologne et notamment à Auschwitz-Birkenau » ? Mme Delbo affirme en avoir vu une. Mais qu'a-t-elle vu au juste ? Elle ne nous le dit pas. Elle mêle les fours crématoires (où l'on brûlait les cadavres) avec les chambres à gaz (ou, à ce qu'on prétend, on tuait jusqu'à dix mille personnes par jour). Höss, dit-elle, avoue qu'il collait son il au hublot de la chambre à gaz. Pour ma part, je lis dans l'ouvrage qu'elle cite (le Commandant d'Auschwitz parle Julliard, 1970, p. 288) que Höss regardait l'intérieur de la chambre à gaz « à travers le trou de la serrure de la porte ». Cette absurdité, jointe à cent autres de même acabit, fait de la « confession » de Höss un document auquel on peut accorder autant de valeur qu'aux aveux des procès de Moscou, de Prague ou, comme c'est le cas ici, de Varsovie. D'ailleurs, le manuscrit de Höss n'est, en fait, pas consultable et les versions qui en circulent sont gravement contradictoires.

Il est troublant que des détenus qui ont passé plus de trois ans à Auschwitz-Birkenau affirment n'y avoir jamais vu de chambre à gaz, tel est le cas de Benedikt Kautsky, déporté juif et leader du Parti social-démocrate autrichien. Rien ne permet de dire que les « actions spéciales » crûment relatées dans le journal saisi sur le chirurgien d'Auschwitz Johann-Paul Kremer (Cahiers d'Auschwitz n° 13, 1971) soient des gazages. Enfin, une question : la Croix-Rouge internationale a-t-elle, sur le sujet, procédé, en septembre 1944, à une enquête minutieuse auprès de prisonniers de toutes les catégories et a-t-elle conclu à l'inexistence, passée et présente, de ces chambres à gaz que la radio anglaise situait à Auschwitz-Birkenau ?

Les déportés sont morts de faim, de froid, de maladies, d'épidémies, de mauvais traitements. Ils ont parfois été exécutés par armes à feu ou par pendaison. Ils ont parfois été victimes des bombardements alliés. Ils ont été décimés par d'incessants transferts. A toutes ces horreurs faut-il ajouter celle, bien plus abominable et parfaitement démoniaque, des chambres à gaz ? Je l'ai cru. Je ne le crois plus guère. Mais le doute n'interdit pas la recherche ; au contraire.

A quoi réplique, dans une lettre, Pierre Viansson-Ponté :
« Puisque vous n'étiez pas nommé, il ne saurait exister aucun [64] droit de réponse. Quant à la lettre initiale, elle était adressée à Mme Delbo et une lettre appartient, vous le savez, à son destinataire. Au surplus, il ne nous paraît pas souhaitable de relancer une polémique apparemment sans issue. Seuls des faits nouveaux et importants pourraient justifier que nous informions alors nos lecteurs » (26 août 1974).

Faurisson ne se rebute pas pour si peu. Il propose de s'expliquer, par une lettre à Jacques Fauvet du 20 juin 1975 :
Le nombre total des détenus passés par Auschwitz, par Birkenau et par leurs sous-camps est. au maximum de 500 000 (voyez Hommes et femmes à Auschwitz, Hermann Langbein, Fayard, 1975, pp. 51 à 61). Dans la première confession que les Polonais lui aient extorquée, Höss dit qu'il a tué 1 500 000 personnes (voyez J'ai tué seulement 1 500 000 personnes, éd. de l'Amicale des déportés d'A., F.N.D.I.R.P., s.d., 1947 [?]). Dans sa deuxième confession, le chiffre est porté à 3 millions (voyez, « Les âmes automatisées », Léon Poliakov, Évidences n° 7, janvier 1950, p. 28). En 1975, T.F.1, le 18 juin à 13 h 10, donne, ainsi que le veut la vérité officielle de nos jours 4 millions de morts. A l'émission du soir, 20 h 30, ce chiffre est porté à 4,5 millions de morts. Max Gallo, pour sa part. donne dans l'Express du 16 juin, p. 70, le chiffre de 5 millions de victimes.

Ces chiffres prétendent faire état des gazés qui, eux, n'étaient pas « immatriculés ». Or, l'existence des sept chambres à gaz d'Auschwitz, ainsi que le soupçonnaient bien des historiens ou des avocats de plusieurs nationalités, n'est franchement plus soutenable. On a commencé à le voir au procès de Francfort (1963-1965). Aujourd'hui, même un Hermann Langbein évite tout développement sur ces chambres à gaz, qui constituent la pierre angulaire, pourtant, de l'entreprise de « génocide ».

Les journalistes du Monde ont-ils le souci de se tenir au courant des derniers travaux qui portent sur une question historique si fréquemment traitée dans votre journal (voyez les affirmations contenues dans le « Bulletin du jour » du 20 juin 1975) et, en ce cas, admettraient-ils de m'accorder une entrevue où je leur parlerai. à l'occasion, de mes travaux sur le nazisme vu par le Monde ?

A quoi Jacques Fauvet répond cette simple phrase : « S'agissant des chambres à gaz, êtes-vous sûr que les Allemands ne les ont pas parfois détruites pour effacer les traces de leurs crimes ? » (24 juin 1975).

Trois mois plus tard, Faurisson s'insurge contre le compte rendu que donne Jean-Marc Théolleyre d'un ouvrage d'Hermann Langbein sur Auschwitz #. Le moins que l'on puisse dire du ton de cette lettre est qu'il ne cherche pas à amadouer pour convaincre :
[65] Puis-je vous demander encore une fois quand votre journal se décidera à ne plus gonfler la baudruche la plus « hénaurme » de l'histoire contemporaine : celle des prétendues « chambres à gaz » hitlériennes ?

L'article susmentionné constitue une récidive. Votre journaliste consacre 167 lignes au livre d'Hermann Langbein, Hommes et femmes à Auschwitz. Il y moud du vent et donne à penser qu'il n'a pas lu le livre en question. (il écrit, d'ailleurs, Kapo, alors que l'auteur prend la peine de rappeler que la bonne orthographe du mot est Capo.) Pas un instant il ne fait allusion au point capital : H. Langbein, spécialiste connu par ses publications sur Auschwitz depuis 1949, espèce de témoin professionnel aux procès contre les « criminels de guerre » (du camp des vaincus), manifeste dans son dernier ouvrage une stupéfiante discrétion en ce qui concerne la pierre angulaire, la clé de voûte de l'édifice d'« extermination », c'est-à-dire ces fameuses « chambres à gaz » d'Auschwitz et de Birkenau. Pas un chapitre sur trente n'en traite ! Mieux, pas une section sur 268 ! Selon une méthode traditionnelle le texte est saupoudré de termes comme « sélection » (au sens de sélection pour l'« extermination ») et le verbe « gazer » se rencontre à bon escient, mais rien sur l'essentiel. H. Langbein, si remarquablement remis à sa place par Paul Rassinier (à qui il avait tenté de faire la leçon lors du « procès de Francfort », interdit d'ailleurs à ce dernier) en vient, comme l'Institut fur Zeitgeschichte, à ne plus répondre : « Zum Komplizierten Problem der Gaskammem. » Dommage ! Il n'existe, de par le monde, aucun livre, aucune étude consacrée à ces prétendues « chambres à gaz ». H. Langbein, d'autre part, prouve involontairement, en vingt endroits de son texte (sur l'hôpital, sur Wirths, sur les écoles d'apprentissage pour les enfants détenus) que la thèse de l'extermination est insoutenable.

Les spécialistes du Monde se tiennent-ils au courant de l'actualité ? Lisent-ils les études ou les témoignages qui se multiplient sur le « mensonge » ou l'« escroquerie » d'Auschwitz ? Connaissent-ils les statistiques du S.I.R. (D-3548 Arolsen), pourtant établies par un organisme partial ? Savent-ils que le « Journal d'Anne Frank » est un montage de Meyer Levin #? Se rappellent-ils le prétendu « Document Gerstein » ? Et le livre de Miklos Nyiszli ? (cité par Langbein comme s'il était authentique).

J.-M. Théolleyre répond courtoisement, rappelle qu'à Buchenwald, où il était interné, l'usage voulait que l'on écrive Kapo et termine ainsi : « Je vous renvoie à la page 293 du livre de Langbein. J'y lis ceci qui n'est pas de Langbein mais de Höss, commandant d'Auschwitz : "Je devais garder l'air froid quand les mères allaient à la chambre à gaz avec des enfants riants ou pleurants". » (Lettre du 8 octobre 1975.) Mais cette correspondance reste privée, Faurisson n'est toujours pas publiable.

L'épisode suivant allait prendre des proportions plus grandes : à l'occasion de la sortie en français d'une brochure [66] révisionniste (très probablement traduite, imprimée et diffusée par des gens d'extrême droite), Pierre Viansson-Ponté publie une chronique (17, 18 juillet 1977) :
Le mensonge
Au courrier, une brochure. Elle porte, en gros titre sur fond rouge, la question suivante : « Six millions de morts le sont-ils réellement ? » Et, au-dessus, en guise de signature, la mention, « Historical Fact n° 1 ».

La présentation et l'impression sont soignées, le texte  - trente-six pages grand format - très serré et dense. Au verso du document, on apprend qu'il a été publié en Angleterre avant d'être traduit en français par une « Historical Review Press », qui a son siège à Richmond, dans le Surrey, et que son auteur est un écrivain nommé Richard E. Harwood, « spécialiste des aspects politiques et diplomatiques de la Deuxième Guerre mondiale », qui « travaille actuellement à l'université de Londres ».

On ne tardera guère à vérifier que cette brochure est assez largement diffusée, gratuitement bien sûr, par envois individuels et nominatifs, notamment à des journalistes ou écrivains dont les noms et adresses ont, semble-t-il, été relevés dans divers annuaires. Et sans doute est-elle également expédiée à d'autres catégories de destinataires.

« Six millions de morts le sont-ils réellement ? » Six millions de morts : le chiffre est connu. On devine aussitôt de quels morts il s'agit : les six millions de Juifs, victimes du génocide perpétré par les nazis. Cependant, on hésite encore à comprendre. Qui oserait soutenir que ces SIX millions de victimes ne sont pas « réellement » mortes ? Non, vraiment, ce serait trop énorme

Eh bien, si ! La brochure a pour seul objet de « démontrer » que les nazis n'ont nullement exterminé, entre 1939 et 1945, six millions de Juifs, mais tout au plus « quelques milliers ». Encore ceux-là n'ont-ils pas été massacrés, fusillés, exécutés, gazés, brûlés, assassinés : ils ont été, pour la plupart, atteints par les épidémies de typhus ou d'autres maladies qui ont frappé l'Allemagne dans les derniers mois de la guerre ; ou bien ils ont été décimés par la faim. Des épidémies, une famine, dont la responsabilité incombe entièrement aux Alliés, qui écrasaient le Reich sous les bombes.

Sans entreprendre d'analyser de façon détaillée cette « démonstration » insensée, résumons-la. Dès 1933, les Juifs avaient « déclaré la guerre » à Hitler Celui-ci a dû se défendre contre cet ennemi intérieur. Il a d'abord « encouragé » l'émigration juive vers les pays neutres, vers les États-Unis, de sorte que, en 1939, il ne restait plus, en Allemagne, en Autriche et dans les pays d'Europe qui allaient être envahis par l'armée allemande, que trois millions de Juifs tout au plus, au lieu de neuf millions dix ans plus tôt. Comment, dans ces conditions, aurait-il été possible d'en faire périr six millions ? D'ailleurs, dès 1948, ils étaient plus nombreux qu'en 1939.

Hitler a donc essayé, lit-on en substance, de leur trouver un foyer national pour les y « installer ». Il a songé à la Palestine, mais les Anglais ont refusé, puis la guerre a empêché de poursuivre la réalisation de ce projet. Il a pensé alors, en 1940, à Madagascar, mais la France, bien que vain[67]cue et occupée, n'a pas voulu en entendre parler. Alors, il a décidé de « faire participer » les Juifs à l'effort de guerre allemand en les « installant » à l'Est dans les territoires occupés de Pologne, de Roumanie et de Tchécoslovaquie.

D'où les camps de concentration, le transfert des Juifs à l'Est constituant ce qu'on a appelé la « solution finale » de la question juive. Ces camps n'étaient que des centres de production, bien organisés et bien tenus. On y était astreint au travail, c'est vrai, mais bien traité, bien nourri, bien soigné - sauf peut-être dans quelques-uns, vers la fin de la guerre. Aucun d'entre eux n'a jamais comporté de « chambres à gaz », ni de véritables fours crématoires. Mensonges, calomnies, que tous les récits fabriqués de toutes pièces, les photos truquées, les livres et les films qui présentent ces camps comme des lieux d'extermination, de torture et de mort.

La preuve : d'un tourbillon de citations où se mêlent sans qu'on puisse s'y reconnaître la Croix-Rouge internationale, le journal Die Tat de Zurich dans son numéro du 19 janvier 1955 etc., il ressort que « 300 000 personnes moururent dans les prisons et les camps de concentration entre 1939 et 1945, victimes de persécutions politiques, raciales ou religieuses ». Or « toutes ces victimes n'étaient pas juives ». Ainsi parvient-on, ajoute la brochure, à l'« estimation la plus précise ».

La démonstration paraît méthodique. Elle est bourrée de chiffres, étayée de citations d'auteurs connus ou inconnus, obscurs ou imaginaires. Les témoignages allant à l'encontre de cette thèse sont lourdement réfutés : ainsi tous les aveux de nazis, par exemple, ont-ils été extorqués par la torture, systématiquement pratiquée par les Alliés après la défaite du Reich. On y trouve une foule de références impressionnantes, évidemment invérifiables ou alors, si on tente de contrôler l'une de celles, qui exceptionnellement, peut l'être, grossièrement truquées. La dialectique consiste, comme il est classique en matière de propagande, à procéder par affirmations d'autant plus catégoriquement proférées et obstinément répétées qu'elles sont plus difficiles à faire admettre, puis à ajouter le minuscule détail en trompe-l'il qui est censé authentifier l'invraisemblable.

Un exemple : la brochure se réfère à l'« éminent historien américain Harry Elmer Barnes » (?) qui, dans Rampart Journal (??) au cours de l'été 1967, aurait écrit en substance - mais la « citation » est évidemment donnée entre guillemets - qu'il n'y avait pas eu d'extermination systématique dans les « camps de la mort ». On doute encore ? Un peu plus loin, voici une preuve : « Berta Shirotschin (???) travailla au service de ravitaillement du camp de Dachau pendant toute la guerre ; elle déclara que les détenus qui travaillaient reçurent jusqu'au début de 1945, et malgré les privations croissantes en Allemagne, leur deuxième petit déjeuner réglementaire à 10 h tous les matins. » Oui, vous avez bien lu : leur deuxième petit déjeuner, chaque matin.

Tout cela paraît si stupide, si fantastique, si monstrueux de bêtise autant que d'ignominie, qu'on est tenté de jeter cette sale brochure en réprimant une envie de vomir, et puis de n'y plus penser. Eh bien ! on aurait tort !

On voudrait croire en effet que des allégations aussi inouïes ne peuvent être prises au sérieux que par un lecteur aveuglé par la haine raciale ou [68] bien assez imbécile pour gober ces funambulesques énormités Or, telle qu'elle est rédigée et présentée, la brochure risque d'impressionner un ignorant vraiment très sot peut-être, mais après tout, la clientèle des charlatans, marchands d'orviétan et escrocs de tout poil est assez étendue en ce siècle de lumières pour qu'on doive se montrer au moins réservé sur la crédulité et l'esprit critique de nos contemporains.

Mais, surtout, un « document » comme celui-là risque de trouver auprès de très jeunes lecteurs une certaine audience dans la mesure - elle est grande et c'est normal - où ils sont enclins, par pente naturelle, à mettre en doute l'histoire officielle telle qu'elle leur est enseignée, à prendre volontiers le contre-pied des idées reçues qu'on veut leur faire accepter comme autant de vérités établies. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose

Trente-deux ans ont passé. Des pères de famille, qui n'étaient pas nés au moment où l'avance des armées alliées en territoire allemand révélait l'horreur des camps de déportation et d'extermination, ont aujourd'hui des enfants de huit, dix ou douze ans. Si ces enfants lisent une telle brochure, sans que leurs parents soient en mesure de rétablir immédiatement les faits et de redresser les jugements, que peut-il en résulter ? Au mieux, un grand scepticisme à l'égard des atrocités hitlériennes, de nature à endurcir les esprits, à faire considérer comme excessives et au moins partiellement injustifiées les dénonciations des tortures, des massacres, des oppressions de toutes sortes. Au pire, la conviction que le mensonge est universel et permanent, qu'il ne faut croire personne et surtout pas l'histoire, que les peuples sont éternellement dupes, hier comme aujourd'hui, et sans doute demain.

Aussitôt Faurisson saute en piste et rédige une critique du critique : « Comment travaille le journaliste Pierre Viansson-Ponté ? » :
« Le Mensonge » : tel est le titre que M. Viansson-Ponté, journaliste du Monde, vient de donner à son compte rendu d'une brochure anglaise (traduite en français), où se trouve niée l'existence réelle à la fois des « chambres à gaz » hitlériennes et du « génocide » des Juifs.

L'édition de cette brochure en français s'intitule maladroitement et avec une faute d'orthographe : Six millions de morts le sont-ils réel[l]ement ? Le journaliste dit que c'est la publication d'« une "Historical Review Press", qui a son siège à Richmond, dans le Surrey, et que son auteur est un écrivain nommé Richard E. Harwood ».

Le compte rendu se trouve à la page 13 du numéro du Monde daté 17/18 juillet 1977 (voy. copie ci-jointe). Il comprend 15 alinéas.

Alinéa 1. Le journaliste dit que cette brochure porte « en guise de signature, la mention " Historical Fact n° 1 »

Remarque : Il ne s'agit pas d'une manière de signature. Cette formule, encadrée, annonce le titre ! La signature apparaît en page 3a : « Richard E. Harwood ».

Alinéa 2. Le journaliste ne donne pas à son lecteur une référence qui lui permettre de se procurer cette brochure, de la lire et de s'en faire une opinion personnelle. Cette référence s'imposait d'autant plus que, de [69] l'avis même du journaliste, la maison d'édition n'est pas connue, elle serait « une " Historical Review Press " » (voy. ci-dessus).

Remarque complémentaire : Voici l'adresse de « H. R. P. » 23, Ellerker Gardens, Richmond, Sumy, TW10 6AA, England. (Adresse indiquée par la brochure elle-même.)

Alinéa 3. Le journaliste dit que « cette brochure est assez largement diffusée, gratuitement bien sûr ».

Remarque : Le journaliste n'explique pas le sens de ce « bien sûr ».

Alinéa 4. Le journaliste dit que « six millions de Juifs ont été victimes du génocide perpétré par les nazis ». Il ajoute que le nier serait vraiment « trop énorme ».

Remarque : Ce chiffre, ce « génocide », cette « énormité », le journaliste les pose comme trois évidences, qui ne souffrent pas la discussion.

Alinéa 5. Le journaliste dit que, pour R.E. Harwood, « les nazis, n'ont nullement exterminé, entre 1939 et 1945, six millions de juifs, mais tout au plus "quelques milliers" ».

Remarque : En réalité, ainsi que le journaliste le précisera dans la phrase qui suit celle-ci, R.E.H. dit qu'aucun Juif n'a été la victime d'une volonté d'extermination. Quant au chiffre des pertes juives (comme on dit : « les pertes alliées » ou « les pertes des populations civiles allemandes », par exemple) durant la Seconde Guerre mondiale, il ne fait de la part de R.E.H., l'objet que d'estimations si confuses et si contradictoires qu'on ne s'y reconnaît pas. Comparant, p. 8a, deux statistiques américaines, l'une de 1938 et l'autre de 1948, il en déduit que ces statistiques ne permettent qu'un chiffrage « par milliers ». Mais, p. 34a, il paraît situer ces pertes autour d'un million quand il cite, d'une part le maximum de 1,2 million calculé par Paul Rassinier, et, d'autre part, le chiffre de 896 892 morts trouvé - prétend R.E.H. - par Raul Hilberg. Enfin, à la page 35, il estime à 300 000 le nombre de « personnes qui moururent dans des prisons et des camps de concentration entre 1939 et 1945, victimes de persécutions politiques, raciales ou religieuses ». Il ajoute que « toutes ces victimes n'étaient pas juives ». Il est à noter, en passant, que R.E. H. attribue cette statistique à la Croix-Rouge internationale et qu'il renvoie son lecteur à Die Tat, numéro du 19 janvier 1955 (Zurich). Or, vérification faite, s'il apparaît vraisemblable que cette statistique provient en effet de la C.R.I., il faut dire que Die Tat ne le précise pas et surtout que le chiffre de 300 000 est celui des victimes allemandes, y compris les Juifs allemands. (Remarque à propos de ce chiffre : ce chiffre est considérablement exagéré. Le nombre des victimes recensées  - c.-à-d. le seul nombre qu'un historien puisse retenir des « victimes de la persécution nationale-socialiste » - s'élevait au 31 décembre 1976 à 357 190, dont près de 51 000 pour les camps et sous-camps d'Auschwitz. Voy. Service international de recherches, D-3548 Arolsen, exposé présenté par A. de Coquatrix, directeur du S.I.R. à la conférence de Vienne le 12 avril 1977,11 pages.)

Alinéa 5 (bis). Le journaliste ajoute : « Encore pour R.E. H., ces Juifs-là n'ont-ils pas été massacrés, fusillés, exécutés, gazés, brûlés, assassinés. » Ils n'ont été les victimes que d'épidémies et de famine, comme les Allemands, à cause des Alliés.

Remarque : R.E. H. mentionne en effet le typhus, les maladies ou épidé[70]mies, la faim ou la famine. Mais il cite encore les Juifs morts dans les guerres de partisans (p. 15a) ou lors du « soulèvement dramatique du ghetto de Varsovie » (p. 20b). ne dit nulle part que les Juifs, par une sorte de privilège, auraient échappé aux horreurs communes de la guerre (prises d'otages, exécutions, attentats, bombardements). Ce qu'il dit en revanche (le point sur lequel il insiste et sur lequel il défie qu'on lui oppose un démenti), c'est qu'Hitler n'a jamais donné l'ordre de tuer qui que ce fût à raison de sa race ou de sa religion. Il ajoute que parler, comme on le fait parfois d'un « ordre oral » ou de « formules enveloppées », cela revient à spéculer. Il insiste sur le fait que la qualité de Juif pouvait valoir internement et même déportation, mais non pas la mort. Il y a eu des camps de concentration, mais il n'y a pas eu de camps d'extermination. Les fours crématoires ont existé : on y brûlait des cadavres, au lieu de les enterrer. Les « chambres à gaz » sont une totale invention de la propagande de guerre.

Alinéa 6. Le journaliste dit que, pour R.E. H., « en 1939, il ne restait plus, en Allemagne, en Autriche et dans les pays d'Europe qui allaient être envahis par l'armée allemande, que trois millions de Juifs tout au plus, au lieu de neuf millions dix ans plus tôt ».

Remarque : L'historien ne parle pas de 1929 (1939 moins dix ans = 1929).11 dit qu'en 1933 il y avait, dans cette partie du monde, 6 500 000 Juifs : chiffre que des émigrations successives vers l'Ouest, le Sud et, surtout à partir de 1941, vers l'intérieur de l'U.R.S.S., ont réduit vers cette époque à trois ou quatre millions (p. 35a : quatre millions ; p. 35b : trois millions).

Alinéa 7. Le journaliste dit vrai, à quelques détails près.

Alinéa 8. Le journaliste dit que, pour R.E.H. : « Ces camps n'étaient que des centres de production, bien organisés et bien tenus. On y était astreint au travail, c'est vrai, mais bien traité, bien nourri, bien soigné sauf peut-être dans quelques-uns vers la fin de la guerre. »

Remarque : Le journaliste dit vrai, en substance. L'historien minimise les souffrances de certains déportés dans certains camps. Il n'a retenu que des témoignages qui allaient dans son sens. Il a voulu démontrer qu'on s'était rendu coupable de colossales exagérations, dans la description de la vie des camps. Tenant compte de ce qui lui apparaissait comme trente ans d'une propagande d'horreurs, il a rappelé certains points des déclarations de Margaret Buber (-Neumann), de Charlotte Bormann (p. 25b), du Dr Barton (p. 29a-b) et de « centaines de déclarations sous serment faites pour les procès de Nuremberg » mais non mises en évidence (p. 28b). A propos de Bergen-Belsen (la plupart des photos d'horreur concernent ce camp partiellement hôpital), il parle de « chaos » à la fin de la guerre (p. 28b).

Alinéa 8 (bis). Le journaliste dit que, pour R.E.H., aucun camp de concentration « n'a jamais comporté de " chambres à gaz " », ni de véritables fours crématoires ».

Remarque : R.E.H. dit qu'il n'a pas existé une seule de ces monstruosités baptisées « chambres à gaz ». En revanche, il dit, sans équivoque, que des cadavres étaient brûlés dans des fours crématoires, de vrais fours crématoires, au lieu d'être enterrés. Il écrit : « Christophersen (auteur de le Mensonge d'Auschwitz, 1973) reconnaît qu'il devait certainement y [71] avoir des fours crématoires à Auschwitz puisque 200 000 personnes vivaient dans ce camp et qu'il y a des fours crématoires dans toutes les grandes villes de 200000 habitants » (p. 20a). Il écrit encore, parlant de l'unique four crématoire de Dachau : « [Il écrit] semblable aux fours crématoires utilisés actuellement dans tous les cimetières; on l'employait tout simplement pour incinérer les cadavres des personnes mortes au camp à la suite de diverses causes naturelles, de maladies infectieuses spécialement. Ce fait fut prouvé d'une façon concluante par le cardinal Faulhaber, archevêque de Munich. Il fit savoir aux Américains [après la guerre] que trente mille personnes avaient été tuées à Munich au cours des bombardements alliés de septembre 1944. L'archevêque demanda a ! ors [à l'époque] aux autorités allemandes d'incinérer les corps des victimes dans le four crématoire de Dachau, mais on lui répondit que c'était impossible puisqu'il n'y avait qu'un seul four qui ne pouvait pas incinérer autant de cadavres » (p.27a).

Alinéa 8 (ter). Le journaliste prête à R.E.H. la pensée suivante : « Mensonges, calomnies, que tous les récits fabriqués de toutes pièces, les photos truquées, les livres et les films qui présentent ces camps comme des lieux d'extermination, de torture et de mort. »

Remarque : Tout au long de sa brochure, l'historien donne des exemples spectaculaires de cette industrie du faux. Le Tribunal de Nuremberg [art. 19 des statuts] autorisait cyniquement l'usage du faux : « On décréta que "le Tribunal ne serait pas lié par des règles techniques de preuve" » (p. 12a). On se priva d'autant moins de fabriquer des faux qu'aucune poursuite judiciaire n'était possible pour usage de faux. Le commerce s'en mêla. Dans certains cas, même les Juifs s'émurent de la prolifération de ces faux : ex. : Au nom de tous les miens, de Martin Gray (p. 25a-b). L'historien traite de faux tous les mémoires, « aveux » ou « confessions » qui présentent les camps comme des lieux d'« extermination ». Les exemples qu'il donne paraissent sans réplique (Hoess, Gerstein, Nyiszli, l'étonnant montage photographique de sa page 30a, etc., etc.). Dans un seul cas, son argumentation est sans valeur : dans celui du Journal de Anne Frank. Ce Journal est une supercherie littéraire aisément démontrable par d'autres moyens que celui qu'emploie R.E.H.

Alinéa 9. Le journaliste parle d'« un tourbillon de citations où se mêlent sans qu'on puisse s'y reconnaître la Croix-Rouge internationale le journal Die Tat de Zurich dans son numéro du 19 janvier 1955, etc. ».

Remarque : On peut se demander quel est le sens de ces mots à supposer qu'ils en aient un. Le journaliste se plaindrait-il de ce qu'il y a trop de citations ?

Alinéa 10. Le journaliste dit que R.E.H. étaye sa démonstration par des « citations d'auteurs connus ou inconnus, obscurs ou imaginaires ».

Remarque : Le journaliste, ne citant aucun exemple à l'appui de son affirmation, on ne peut savoir ce qu'il entend par « auteurs inconnus » et, surtout « imaginaires ».

Alinéa 10 (bis).
Le journaliste dit que, pour R.E.H., « tous les aveux de nazis » ont été « extorqués par la torture, systématiquement pratiquée par les Alliés après la défaite du Reich) ».

Remarque : Le journaliste omet de dire que les Américains eux-mêmes ont eu l'honnêteté de reconnaître qu'ils avaient fait un emploi systé[72]matique des tortures les plus graves dans de nombreux cas. Voy. prison de Schwäbisch Hall, procès de Malmédy, Sepp Dietrich, Jochen Peiper, Oswald Pohl, commission Simpson, juge Edward L. van Roden déclarant : « Sur les 139 cas de notre enquête, 137 de ces soldats allemands (dans la seule affaire de Malmédy) avaient reçu des coups de pied dans les testicules qui leur avaient laissé des blessures inguérissables. C'était un moyen standard utilisé dans ces interrogatoires par ces Américains. » [] « Des hommes forts furent réduits à l'état d'épaves humaines prêtes à marmotter n'importe quels aveux exigés par le ministère public. » (P. 13a-b.) L'historien évoque bien d'autres cas patents de torture pratiquée par les Alliés et, spécialement, par les Polonais et les Soviétiques (cas Wisliceny, [Ohlendorf ;, Rudolf Hss). Pour expliquer des cas extravagants comme ceux, par exemple, de responsables « avouant » l'existence de « chambres à gaz » dans des camps où les Alliés ont fini par admettre qu'il n'y avait pas eu de ces « chambres », l'historien ne limite pas ses explications à des explications par la torture. Il parle également d'« aveux » « sous la contrainte », « ou parce qu'on [avait] promis [aux accusés] des peines réduites ». Voy. p. 16b, l'affaire Bach Zelewski. La menace de livrer un accusé aux Polonais ou aux Soviétiques, le chantage de la suppression des cartes d'alimentation accordées aux familles des accusés, les mesures de rétorsion brandies contre le soldat si l'officier n'« avoue » pas, et vice versa, la formidable pression morale que font peser sur un accusé la justice et l'appareil judiciaire de son vainqueur, le courage héroïque qu'il faut à des témoins à décharge pour venir défendre des « criminels » jugés d'avance et sans appel : tous ces éléments et bien d'autres, soit que l'historien les précise de lui-même, soit qu'ils apparaissent à l'évidence quand on garde présent à l'esprit ce qu'il dit sur d'autres sujets que les « aveux », constituent des explications à ces mêmes « aveux » ou « témoignages ».

Alinéa 10 (ter). Le journaliste dit que, dans la brochure de R.E.H., on « trouve une foule de références impressionnantes, évidemment invérifiables ou alors, si on tente de contrôler l'une de celles qui, exceptionnellement, peuvent l'être, grossièrement truquées ».

Remarque : Le journaliste ne fournit aucun exemple à l'appui de cette affirmation (voy. en effet, notre remarque sur « Un exemple », à l'alinéa suivant). On aimerait d'ailleurs savoir ce qu'est une référence « invérifiable » (le journaliste a-t-il voulu dire : « incomplète » ?) et, surtout, une « référence évidemment invérifiable ».

Alinéa 11. Le journaliste écrit : « Un exemple : la brochure se réfère à l'éminent historien américain Harry Elmer Barnes" ('.~) qui, dans Rampart Journal (??) au cours de l'été 1967, aurait écrit en substance - mais la citation est évidemment donnée entre guillemets  qu'il n'y avait pas eu d'extermination systématique dans les "camps de la mort". »

Remarque : Harry Elmer Barnes a été un historien de réputation internationale. Ses publications, en trente ans de carrière universitaire, ont été très nombreuses. Un livre d'hommages vient de lui être consacré par ses anciens élèves et disciples. Il compte 884 pages (Hardback éd.). Rampart Journal of Individualist Thought n'est pas une publication fictive. La référence « été 1967 » est exacte (vol. 3, no 2). L'article de H.E.B. s'y intitule « The Public Stake in Revisionism » (p. 19 à 41). Nulle part R.E.H. ne prétend citer H.E.B. « en substance » pour aller [73] ensuite le citer « entre guillemets » ! D'emblée, il cite entre guillemets H.E.B. Quant au passage cité, il n'a nullement le sens qu'y trouve le journaliste. Ce passage, d'une importance capitale, montre que, tout de suite après la guerre, les vainqueurs ont tenté de faire passer certains camps de l'Ouest pour des camps, non pas de simple concentration mais d'extermination (Dachau, Buchenwald, etc.). Puis, quand il fut démontré que l'accusation n'était pas soutenable, on la reporta sur les camps de l'Est. Or, comme le remarque R.E.H., ces camps, et notamment ceux du complexe d'Auschwitz, n'étaient toujours pas visitables plusieurs années après la fin de la guerre. Par conséquent, le passage cité entre guillemets a la valeur d'un avertissement et d'un rappel salutaire pour quiconque oublierait cette « méprise » de l'immédiat après-guerre où Buchenwald l'emportait sur Auschwitz dans la propagande d'horreurs.

Alinéa 11 (bis). Le journaliste, après avoir fait suivre d'un point d'interrogation le nom d'H.E. Barnes, puis de deux points d'interrogation, celui de Rampart Journal, place trois points d'interrogation après celui de Berta Schirotschin.

Remarque : On ne peut tenir rigueur à l'historien de ce que tous les noms des détenus de Dachau ne soient pas universellement connus. Citant Ernst Ruff, Jan Piechowiak et Berta Schirotschin, il prend soin d'indiquer pour chacun sa qualité ou son emploi au camp de Dachau.

Alinéas 12 à 15. Ces quatre derniers alinéas n'appellent pas de remarques particulières. Le journaliste y exprime son opinion sur une brochure que, comme on a pu le constater, il a très superficiellement parcourue. Son jugement s'exprime dans les termes suivants : « stupide » « fantastique », « monstrueux de bêtise autant que d'ignominie », « cette sale brochure », « envie de vomir », « allégations aussi inouïes », « aveuglé », « imbécile », « funambulesques énormités », « ignorant », « très sot », « charlatans, marchands d'orviétan, escrocs de tout poil », « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Pour terminer le journaliste renouvelle l'expression de sa foi en l'horreur des camps de concentration et d'extermination.

C'est l'époque où Faurisson rédige une sorte de brève mise au point de ses recherches, intitulée « Le problème des chambres à gaz » que personne ne semble désireux de publier. Il insiste auprès de la rédaction du Monde, ce qui lui vaut une nouvelle réplique de Pierre Viansson-Ponté (6 août 1977) :
Je ne vous ai rien fait, sinon d'écarter des colonnes de notre journal vos libelles enflammés. J'avoue que je ne comprends pas pourquoi vous pouvez parler du « préjudice que je vous ai causé » et exiger réparation.

De deux choses l'une : ou bien vous vous jugez solidaire du nazisme chargé par quelque décret de la Providence de la mission de lui faire rendre justice et hommage, en écrivant et proclamant d'énormes absurdités. Alors, dans ce cas, en effet, je vous cause un préjudice en refusant d'entrer dans ce jeu, à mes yeux plutôt ignoble.

Ou bien, vous êtes réellement antinazi, comme vous l'écrivez uniquement soucieux de vérité historique. Dans ce cas, je suis tout prêt à vous entendre.

[74] A une condition toutefois qui me paraît normale. Vous invoquez des « témoins » inconnus, révoquez tous les aveux qui ne vont pas dans votre sens, énoncez des affirmations sans preuves. J'ai le droit, comme je le ferais en face d'un spécialiste, d'un scientifique comme vous assurez l'être, d'invoquer, à mon tour, ma caution. Apportez-moi le témoignage d'une personne dont les qualités humaines et les connaissances historiques sur le sujet en cause soient unanimement reconnues, qui accepte de prendre en considération - je ne dis même pas d'approuver - vos affirmations, et alors je les publierai. Et puisque, dans vos textes, vous vous référez sans cesse à elle, je désigne comme arbitre et caution, Mme Germaine Tillion dont l'intégrité, le savoir et l'expérience en la matière sont au dessus de tout soupçon. Qu'elle me dise ou m'écrive que vous n'avez pas tort et je m'incline.

Je vais même plus loin. A défaut de Mme Tillion, j'accepterai de la même façon l'avis d'une autre personne à laquelle vous faites référence, Mme Olga Wormser-Migot, également historienne et spécialiste du système concentrationnaire qui a fait l'objet de sa thèse de doctorat et de plusieurs de ses ouvrages, et également estimable.

Il va de soi que, faute de la caution de l'une ou l'autre de ces spécialistes reconnues et probes, en qui j'ai toute confiance, je vous considérerai comme un falsificateur et un dangereux maniaque. Et qu'alors, je prendrai les dispositions nécessaires pour que vous cessiez de me diffamer comme vous le faites.

Une sorte de jury d'honneur, voilà ce que propose Viansson-Ponté. C'est évidemment bien mince pour résoudre un problème historique mais ce pourrait être suffisant pour laver Faurisson des accusations qui courent sur son compte. Ce dernier se met donc en devoir d'expliquer sa situation à Mme Wormser-Migot (18 août 1977) :
Chère Madame,

Il y a aujourd'hui trois ans et une semaine qu'en ouvrant le journal le Monde, je découvrais un « témoignage » où une ancienne déportée, sans me nommer mais en me désignant, me traitait de « falsificateur », de « pauvre dément » et d'« esprit perverti ». Et cela parce que j'osais mettre en doute l'existence des « chambres à gaz » hitlériennes. Lors d'une entrevue que vous vouliez bien m'accorder à votre domicile et qui avait lieu le 24 septembre 1974, vous me faisiez savoir que vous aviez manifesté votre réprobation à l'endroit de ce « témoignage » ; vous l'aviez même fait savoir à l'intéressée, c'est-à-dire à Charlotte Delbo.

Ce même jour, vous me proposiez d'intervenir auprès de M. Raymond Las Vergnas pour lui dire que vous désapprouviez le texte par lequel la Sorbonne Nouvelle portait condamnation de mes recherches.

Ce même jour encore, vous me prédisiez toutes sortes d'ennuis si je persistais dans la voie où je m'étais engagé. Vous me confirmiez ce que je savais déjà au sujet des ennuis graves que vous avaient valus vos trois pages sur « le problème des chambres à gaz ».

Vous ne vous trompiez pas. Voici une liste succincte des ennuis que j'ai rencontrés :
[75]
Campagne de presse partie d'Israël en 1974, Tribune juive-Hebdo, le Canard enchaîné, le Monde, le Droit de vivre, l'Humanité (paraît-il), le grand Rabbin Kaplan à la télévision ; on me nomme ; on me désigne ; on publie mon adresse personnelle ; je reçois un flot de lettres de menaces, parfois signées de leurs auteurs et sur papier à en-tête ; inscription injurieuse à mon domicile ; injures au téléphone ; ma fille insultée ; ma femme insultée ;

La Sorbonne Nouvelle, déformant totalement l'esprit de recherches dont elle ne sait d'ailleurs rigoureusement rien, porte condamnation de Faurisson dont elle va jusqu'à dire qu'il n'appartient pas à la Sorbonne Nouvelle ;

Mon U.E.R. porte également condamnation en des termes outrageants ; je ne suis ni entendu, ni informé, tout se passe dans mon dos ; je n'apprends les condamnations qu'après coup ;

Tribune juive-Hebdo ayant suggéré que ma place n'est plus au S.N.E.Sup (j'appartenais au S.N.E.S., où j'avais été secrétaire de section, puis au S.N.E.Sup, depuis plus de vingt ans), je suis exclu de mon syndicat ; là encore je ne suis ni entendu, ni informé ; j'apprends la sanction par hasard et après coup ; je demande à être entendu. Peine perdue. J'envoie un papier à la « commission des litiges » qui expédie mon cas, sans autre forme de procès ;

Lyon 2, ma nouvelle université, prend une décision sans précèdent : elle décide ne pas me proposer pour le poste de professeur sans chaire que je sollicitais. Vous savez que, lorsque une université veut bloquer la carrière d'un maître de conférences, elle n'agit pas de cette façon. Il lui suffit de classer en dernière position le nom du candidat. Agir autrement, agir comme on l'a fait dans mon cas, c'est prendre une très grave initiative qui ne peut avoir qu'un motif extrêmement grave, si grave même que le candidat devrait pour le moins être entendu, puis, la décision une fois prise, se voir notifier cette décision. Encore que sur ce point je m'avance peut-être beaucoup, étant donné que mon cas serait sans précédent. Toujours est-il que là encore je n'ai appris cette décision que par hasard et grâce à une indiscrétion. Mais voyez plutôt comment, ensuite, on a pris ses aises avec la vérité. Je suis parvenu à mettre l'autorité universitaire au pied du mur, et cela grâce au tribunal administratif de Lyon et au Conseil d'État. Dans un premier temps on m'a dit qu'on me reprochait d'être nazi ; motif : je niais l'existence des camps de concentration ou des « chambres à gaz », ad libitum. Dossier de l'accusation : coupures de presse du Canard enchaîné, du Monde, etc. Dans un deuxième temps on m'a dit qu'on me reprochait non pas d'être nazi, mais d'être fou ; motif : même motif ; dossier : même dossier. Dans un troisième temps on est allé encore plus loin. On a totalement abandonné les deux accusations précédentes pour se rabattre sur le motif suivant, un motif présenté cette fois au tribunal administratif : « M. Faurisson n'a jamais rien publié, et cela de son propre aveu. » Dossier cette fois-ci : une lettre de moi. Dans cette lettre, que j'avais adressée au président de mon université pour lui dire mon étonnement devant l'accusation de nazisme, j'avais effectivement écrit que, puisque je n'avais rien publié, je ne voyais pas sur quoi cette accusation pouvait être fondée. Il allait de soi que cette phrase signifiait que je n'avais jamais rien publié qui puisse donner à penser que j'étais [76] nazi. On a extrait cette phrase de ma lettre pour faire de moi un maître de conférences qui n'avait jamais publié un seul livre ou article. L'imputation était d'autant plus cynique que mon dossier de candidature contenait sur toute une page la liste de mes publications dont certaines sont passablement connues en France et à l'étranger ;

Je passe sur trois ou quatre ignominies que je pourrais ajouter à cette liste, je passe sur le fait que ma vie est devenue difficile ; je passe sur le fait que, sans argent, il me faut payer des avocats ; je passe sur le fait que ma femme souffre d'une grave dépression nerveuse à laquelle tant d'ennuis, malheureusement, ne sont pas étrangers.

Mais, voyez-vous, je me sens propre et je sais que bien des gens se sont salis. Je passe pour « nazi » comme, en d'autres temps, je passais pour l'« Angliche » et comme, si Hitler avait gagné la guerre, je passerais pour faire le jeu des « judéo-marxistes ».

Je vais droit mon chemin. Vous me disiez que je vous paraissais naïf. Entre nous, je me crois à peu près aussi naïf que Voltaire. Voltaire était naïf et, en bon Français, il était courageux par accès mais sans grande continuité. Mon travail, en fin de compte, je préfère le comparer à celui de Jean Norton Cru, qui a mené sa tâche à bien jusqu'au bout, malgré les outrages et sans désespérer des hommes.

Je suis arrivé à la conclusion que les « chambres à gaz » hitlériennes n'ont jamais existé. Mon enquête remonte à bien des années. Quand je suis allé vous trouver, j'en savais déjà très long sur la question. Parce que vous m'étiez sympathique, parce que je ne voulais pas vous froisser dans votre sensibilité et aussi - soyons franc - parce que c'est ma façon d'enquêter, je ne vous ai pas révélé, à l'époque, ce que je savais de précis sur les « documents » Höss ou Gerstein, sur les « témoignages » de Nyiszli et consorts. Je ne vous ai pas dit que je pouvais vous réciter les deux « dépositions » du Dr Bendel. Rappelez-vous ce que je vous ai, par la suite, écrit sur le « document » NO-365 : un exemple, parmi bien d'autres, de présentation malhonnête du Centre de documentation juive contemporaine.

Vous m'avez envoyé une photo de la « chambre à gaz » de Majdanek, d'autant plus précieuse, me disiez-vous, qu'elle datait d'un temps antérieur à la « frénésie muséographique qui a présidé à la transformation des lieux » (je vous cite de mémoire). Cette photo est celle d'une salle de douche. Quant aux lieux, je les ai visités en 1975 : comme supercherie grossière, on ne fait pas mieux. C'est a rire. J'ai visité Auschwitz et Birkenau en 1975 et en 1976. Je possède une abondante documentation photographique sur tout ce qui a trait aux « chambres à gaz » des deux camps. J'ai des copies de plans particulièrement intéressants et qu'on se garde bien de publier.

J'ai lu une foule de « documents », de « témoignages », d'« affidavits », de NO, de NI, de NIK, de PS, etc. à la fois de l'l.M.T., des N.M.T., du « Procès de Francfort » ou d'autres procès. J'ai étudié les sténogrammes du « Procès de Jérusalem ». J'ai aussi lu bien des ouvrages de la tendance Hilberg-Reitlinger ou de la tendance Rassinier-Butz.

Je me demande quelle piste j'ai pu laisser inexplorée.

Ma première visite au Centre de documentation juive contemporaine remonte à 1967. Du début de 1974 à juillet 1977, j'ai passé des centaines [77] ou des milliers d'heures dans ce même C.D.J.C., bien qu'on s'y soit ingénié à me rendre mes visites et mes conditions de travail de plus en plus difficiles. J'y ai exploré à fond le fichier « Extermination-gazage » et bien d'autres documents non répertoriés dans ce fichier. J'ai eu quelques entretiens avec MM. Wellers, Rutkowski et surtout avec M. Billig. Ce dernier, qui m'avait, en 1974, adressé une lettre où il se déclarait étonné qu'on puisse douter de l'existence des « chambres à gaz » parce qu'il en existait tant de preuves, a fini par reconnaître devant moi en mai 1977 qu'il n'était pas en mesure tout compte fait, de me fournir une preuve de l'existence d'une « chambre à gaz ». Et, comme j'insistais pour savoir s'il connaissait une personne capable de fournir une telle preuve, il me répondait qu'au fond il n'en connaissait pas. Il ajoutait, je dois le dire, qu'à son avis, s'il n'y avait pas eu de « chambre à gaz », il avait forcément existé un moyen industriel - il ne savait pas lequel au juste - de perpétrer un gigantesque massacre, un « génocide ».

J'aurais beaucoup à dire sur cette position de repli, mais passons.

Lors de notre entrevue du 24 septembre 1974, vous m'aviez dit : « Il ne faut pas attaquer les déportés. Je vous demande une chose : promettez-moi de ne rien écrire. » Ma réponse avait été : « Un article de moi peut sortir. Je m'y emploie. » Vous m'avez alors dit : « Envoyez-le moi. »

C'est ce que je fais aujourd'hui. Cet article, intitulé « Le problème des chambres à gaz », je l'ai envoyé le 26 juil 1977 au journal le Monde, qui hésite à le publier. Le Monde me doit réparation. Il m'a insulté le 11 août 1974 et il m'a refusé tout droit de réponse. Cette réparation, je l'obtiendrai tôt ou tard, d'une façon ou d'une autre. P. Viansson-Ponté me prend, figurez-vous, pour un sympathisant des nazis. Il se plaint de ce que, dans mes lettres à J. Fauvet ou à d'autres de ses collègues, je l'insulte. Il voit là probablement le signe de je ne sais quelle frénésie. Il a oublié le mal qu'il m'a fait le 11 août 1974. Je lui ai dit qu'il avait, de plus, gravement dénaturé le contenu de la brochure de R. Harwood dans son article du 17-18 juillet 1977. Je disais que je ne voulais pas, à mon tour, subir le même traitement (être l'objet de dénaturations, falsifications, adultérations, etc.). Je lui ai dit que dans le texte d'Harwood il y avait du très bon et du très mauvais, etc., etc. Il m'a écrit une lettre furibonde. Il m'a dit qu'il était prêt à m'entendre à condition que Germaine Tillion ou - à défaut - Mme Olga Wormser-Migot, lui dise ou lui écrive que je n'ai pas tort dans ma thèse sur les « chambres à gaz ». Je lui ai répondu que je ne pouvais avoir confiance en G. Tillion étant donné ses témoignages sur la prétendue « chambre à gaz » de Ravensbrück. J'ai ajouté : « D'accord pour Mme Olga Wormser-Migot. Ayons, vous, elle et moi une entrevue ensemble. Elle m'a aimablement reçu chez elle en 1974. Elle ne connaît pas mes dossiers. Mais en vingt minutes elle verrait bien ce qu'ils valent. »

A mon collègue Delpech - que je connais assez mal et surtout pour l'avoir rencontré au C.D.J.C. - vous auriez dit : « Attention ! Faurisson n'est pas un nazi. Il ne faut pas lui faire d'ennuis. » Je me demande au fond si ce soupçon de nazisme n'est pas également chez P. Viansson-Ponté la vraie pierre d'achoppement. Voyez si, à défaut d'autre chose, vous ne pourriez pas le rassurer là-dessus.

Mon article est-il nazi ? violent ? agressif ?

Je vous dis que, s'il faut désamorcer toute cette affaire de « chambres à [78] gaz » et de « génocide », cet article peut y parvenir. Les choses en ce moment évoluent vite, très vite.

Et puis tout cela est bien simple. Qu'on réponde à ma question : « Si les "chambres à gaz" n'ont pas existé, faut-il le dire ou le taire ? »

Je vous ai parlé sans détours. Répondez-moi de même.

La réponse est datée du 7 novembre 1977 :
[...]Je ne veux pas vous écrire un volume, mais seulement vous préciser ma position.

1° Votre visite m'avait beaucoup émue à tous points de vue. Je pensais surtout à cette persécution ininterrompue contre un homme de bonne foi ;

2° La première différence entre mes positions et les vôtres, et vous le savez, c'est que je crois à l'existence de chambres à gaz à Auschwitz et à Majdanek, ainsi qu'à la « chambre expérimentale » (1 m sur 2 sur 3) du Struthof ;

3° Dernière et principale différence :
Etant donnés les sentiments des déportés, profondément traumatisés par les souffrances subies, il est évident que votre attitude ne peut que les heurter. Il est des cas où l'Histoire se doit d'attendre que le Temps permette une étude sans agressivité de certains problèmes d'horreur.

Ecoutez-moi - et vous savez que je crois votre recherche pure de tout autre motivation que la vérité historique - votre attitude d'obstination à partir du moment où votre thèse a été contestée et où votre défense elle-même vous portait à vous opposer de plus en plus aux déportés, prêtait à confusion.

En effet, plus vous apportiez d'arguments au renforcement de votre propos, plus vous affirmiez sa vérité, plus vous sembliez aux yeux de certains laver Hitler d'une des accusations portées contre lui et ses camps.

Pour moi, cher Monsieur, un tel problème ne peut être traité que dans le contexte général du nazisme. Tortures, expériences, génocide, fours crématoires et charniers, horreurs portées à l'extrême, dites-moi si dans tout cela l'existence ou la non-existence de chambres à gaz présente aux yeux de l'histoire infâme de ces années une importance « de surcroît » assez capitale pour continuer sur ce point à meurtrir encore les déportés. et à mettre votre propre existence en malheur ?

Je vous rappelle que, dans une occasion semblable - il s'agit de ma thèse le Système concentrationnaire nazi où, comme vous le savez, j'ai mis en doute et davantage l'existence de chambres à gaz à Ravensbrück et Mauthausen - et après des obstinations d'historiens qui ne servaient qu'à envenimer les choses, j'ai simplement introduit un rectificatif expliquant la position des déportés à ce sujet. Car pour moi les déportés comptent toujours d'abord.

Sachez que je suis prête, cher Monsieur, à vous aider dans toute la mesure de mes possibilités afin d'effacer de votre vie des accusations aussi nocives pour vous, votre travail et votre famille. Mais je vous prie de tout faire pour comprendre l'esprit de cette lettre.

[79] C'est la raison pour laquelle je ne puis accéder à votre désir de rencontrer M. Viansson-Ponté en ma présence : il ne faut pas continuer de controverses sur un tel sujet. Je lui écris par contre par le même courrier.

J'insiste encore sur la nécessité d'un état d'esprit réaliste de votre part. Je suis prête à écrire à qui vous voudrez pour qu'il soit tenu compte de l'inanité des accusations qui vous atteignent. Mais dans l'esprit de cette lettre exclusivement.

L'arbitrage demandé par P. Viansson-Ponté n'aura donc pas lieu. Faurisson tente, en dernier recours, de plaider à nouveau auprès du Monde sa cause, celle du droit à la libre opinion (sous-entendu : le droit à rendre publique ladite opinion). Nuance de taille (14 octobre 1977) :
A MM. Fauvet et Lauzanne,

Malgré le ton extrêmement désagréable de ses lettres, j'ai honnêtement essayé de m'expliquer et de m'entendre avec M. Viansson-Ponté. En pure perte. Il est impossible de discuter avec quelqu'un qui a manifestement l'habitude des lectures hâtives. De plus M. Viansson-Ponté porte des coups, puis il se dérobe. En 1974, il m'a avec cet article de Mme Charlotte Delbo, porté un terrible coup dont j'ai essayé, à nouveau le 11 août 1977, de lui montrer toutes les conséquences, sur le plan professionnel, syndical, familial. Une seule de ces conséquences, si quelqu'un d'autre qu'un « nazi » avait eu à les subir, aurait dû susciter article et débat dans les colonnes de votre journal. M. Viansson, lui, se moque de ce qu'il ose appeler mes « démêlés » et il en décline la responsabilité. Il va jusqu'à dire que, dans l'article de 1974, je n'ai été « ni nommé, ni désigné ». Or, cet article, qui s'inscrivait dans une campagne de presse, commençait par une longue citation. Cette citation, on avait pu la lire dans Yedioth. Aharonoth (26 mai 1974), dans Tribune juive-Hebdo (14 juin). dans le Canard enchaîné (17 juillet) : l'auteur était nommé et son adresse était donnée et même répétée. Il s'agissait de Faurisson, maître de conférences à la Sorbonne. Les mêmes journaux ou d'autres revenaient sur cette affaire.

Le 14 mai 1974, votre collaborateur m'avait demandé l'autorisation de publier ce texte. Il écrivait en propres termes : « (Je) vous demande si vous n'avez pas d'objection à formuler contre sa publication éventuelle. » Je lui répondais, par lettre R.A.R. du 21 mai, que je m'opposais à cette publication d'une lettre personnelle. Or, le 11 août. précisément en pleine campagne de presse, je voyais paraître ce texte, sous la responsabilité de M. Viansson-Ponté. J'y étais, sous la plume de Mme Delbo traité de « pauvre dément », de professeur qui s'est documenté uniquement pour avoir « des preuves contre la vérité », d'« esprit perverti » : quant au titre de ce « témoignage », il me faisait tout simplement grief de « falsifier ».

N'importe quel honnête homme trouvera, je pense, de tels procédés indignes d'un grand journal. J'y vois, pour ma part, une bassesse comme je n'en découvre pas dans les autres publications qui m'ont attaqué. Et c'est le Monde qui a eu cette conduite. Je ne l'admettrai jamais. Et, bien franchement, je ne crois pas que vous soyez prêts, tous deux, à lui trouver des excuses. Votre journal me doit réparation. Voilà trois ans que je la réclame. J'ai été correct avec vous. Je ne me suis laissé aller à aucun [80] écart de langage. Rendez-moi cette justice que ma réponse de 1974 (sur « le droit au doute et à la recherche ») ainsi que ma réponse de 1977 (sur « le problème des chambres a gaz ») sont d'un tout autre ton que la publication injurieuse, insérée dans votre journal, après des mois de réflexion peut-être, par M. Viansson-Ponté.

Le 6 août 1977, ce dernier m'adressait une étrange lettre dans laquelle il me disait qu'il n'accepterait de publier mon texte sur « le problème des chambres à gaz » qu'à la condition que Mme Germaine Tillion ou Mme Olga Wormser-Migot prennent en considération mes affirmations. Bien que je ne croie pas un instant ni à l'argument d'autorité, ni à la valeur des recommandations ou patronages, j'acceptais, dans un esprit de conciliation, d'ouvrir mes dossiers devant Mme Wormser-Migot. Pour Mme Tillion, dont le crédit est grand auprès des journalistes, elle s'est discréditée à mes yeux par ses « témoignages » réitérés sur la « chambre à gaz » de Ravensbrück qui - les instituts historiques ont fini par l'admettre - n'avait jamais eu un commencement d'existence (voyez notamment, Martin Broszat, Die Zeit, 19 août 1960). Là-dessus, en réponse à mon acceptation du 11 août 1977, votre collaborateur m'écrit qu'il a interrogé Mme Tillion et Wormser-Migot et il ajoute : « L'une et l'autre, interrogées, me feront savoir qu'à leurs yeux votre thèse est absurde, votre obstination maniaque et qu'il n'y a aucune raison d'ouvrir un débat là où il n'y en a pas, dont la propagande [M. V.-P. dit curieusement la « contre-propagande »] pro-nazie ne manquerait pas de tirer argument. » Un peu plus loin, il écrit encore : « (...) faites-moi parvenir une caution écrite de M'' Wormser-Migot (...) ».

C'est se moquer des gens. C'est, une fois de plus se dérober. M. Viansson-Ponté, de la même façon, écrivait sur la brochure de Richard Harwood un compte rendu insultant. Il commençait d'ailleurs par ne fournir aux lecteurs et juges aucune référence qui permette de trouver cette brochure et de s'en faire soi-même une opinion. Puis, constatant l'abondance des réactions suscitées par une affaire qu'il avait pris la responsabilité de lancer, il vous laissait croire, si j'en juge par une lettre de M. Lauzanne du 22 juillet, qu'il reviendrait sur le problème évoqué et qu'il ferait état des réactions provoquées. En fait, rien n'est venu.

Tout cela est-il net et franc ? M. Viansson-Ponté est meilleur, la plume à la main et derrière un bureau que sous les projecteurs de la télévision. En direct et en pleine lumière, il est difficile d'esquiver la réplique éventuelle à un propos excessif ou insultant. J'ai remarqué qu'à la télévision les polémistes ne sont pas reconnaissables ; ils n'assument plus la moitié de ce qu'ils ont écrit.

J'assume pleinement la responsabilité de ma « libre opinion » sur l'imposture des « chambres à gaz ». Par son silence sur la question depuis trente ans, ou plutôt par un matraquage de propagande de guerre, c'est-à-dire sans possibilité de critique historique, la grande presse dans son ensemble et, malheureuæment aussi le Monde en particulier, ont encouru une effroyable responsabilité. Les temps sont mûrs pour revenir sur de pareilles erreurs. Je demande qu'aux contestataires de l'histoire officielle, le Monde, sur ce point capital des « chambres à gaz », reconnaisse un autre droit que le droit au silence. Il y a la popularité de la fable, d'un côté ; et puis, de l'autre côté, il y a le devoir d'être vrai et la difficulté d'être vrai. Que le Monde, à la fin des fins, respecte sur ce chapitre la liberté d'opinion et qu'il donne à l'accusé lui-même le droit de [81] présenter lui-même sa défense. Trêve de censure ! Le droit que je réclame est élémentaire en démocratie : le droit au doute, à la recherche à la libre opinion : le droit de réponse. Recevez, Messieurs, je vous prie, l'expression de ma confiance en votre discernement et en votre courage.

Tout cela ne mène à rien. L'hérésie est sans doute trop grave pour que la démocratie s'en mêle. C'est par le courrier des lecteurs de quelques revues de vulgarisation historiques qu'il fait passer quelques notes qui pourraient accrocher une discussion, mais en vain :

Dans Historama (novembre 1975, p. 10) :
[Nacht und Nebel]
Je me permets de vous signaler une erreur et une omission aux pages 87 et 88 de votre revue du mois de juillet 1975.

Erreur, le Nacht und Nebel Elrlass est en fait du 7 décembre et non du 12 décembre 1941. Il est vrai, que sauf erreur de ma part, le texte de cette ordonnance n'a pas été retrouvé et que l'on cite toujours, comme cela a été le cas au grand procès de Nuremberg, le texte en date du 12 décembre qui y fait référence.

Omission, plus grave pour qui, du moins, a le souci de ne pas confondre l'histoire avec la propagande ou le journalisme : Nacht und Nebel est une expression inventée d'après les initiales N.N. couramment utilisées dans l'administration allemande (et aussi ihlienne) pour désigner soit l'anonymat de fait soit l'anonymat de contrainte. Dans le premier cas, il s'agit de Nomen Nescio (nom inconnu) et, dans le second, il s'agit de Nomen Notetur (nom à censurer). L'équivalent français en est soit Inconnu, soit X soit sans autre renseignement Référence : Deutsches Wörterbuch de Jakob Grimm et Wilhelm Grimm, 1889, à l'article N.

Le livre de Walter Gorlitz sur Keitel, traduit par R. Moreigne (Fayard 1963), sans entrer dans ces explications, rappelle, p. 247, que la traduction de N.N. par Nuit et Brouillard n'est qu'une habitude qu'on a prise.

Ne pensez-vous pas, avec moi, qu'il importe de revenir sur certaines habitudes et de rétablir la vérité par un retour aux sources ? Nous nous trompons tous et très souvent mais ne croyez-vous pas que, de rectification en rectification, Historama peut apparaître comme une revue qui, à la différence de quelques autres, recherche la vérité ?

Dans Historia (août 1977, p. 132), la lettre est précédée d'un bref chapeau :
A la suite de la parution de notre numéro spécial « Les médecins S.S. », M. R. Faurisson, maître de conférences à Lyon, nous prend à partie dans une longue lettre dont nous avons décidé de publier des extraits, non sans avoir hésité, parce qu'elle exprime un courant d'une originalité aussi rare que provocante.

Ce courant tend à nier la tentative allemande d'exterminer les Juifs.
[82]
Parmi ses pionniers, le français Paul Rassinier, ancien déporté, qui écrivait en 1962 : « L'extermination des Juifs dans les chambres à gaz est un mensonge historique. » Depuis, l'Américain Arthur Butz a publié dans le même esprit The Hoax of the Twentieth Century et l'anglais R.E. Harwood Did really six million die ? (The imposture of gas chambers) :

« J'ai l'honneur d'élever une protestation contre la nature de ce numéro spécial d'Historia, consacré aux "Médecins S.S." (...)

« Comment pouvez-vous croire un instant à l'authenticité de la "chambre à gaz" du Struthof que vous ne pouvez d'ailleurs montrer en photographie ? Vous êtes-vous demandé pourquoi aucun livre sur le Struthof, y compris le roman d'Allainmat, ne reproduit la photographie de cette "chambre à gaz" pourtant visitable et montrée telle qu'en son "état d'origine", dit l'inscription que vous trouverez sur place ? Comment avez-vous pu reproduire cette photographie de l'extérieur avec une cheminée de ce genre ? (...)

« Saviez-vous que Kramer [commandant du Struthof, puis de Bergen-Belsen, N.D.L.R.] est l'auteur d'une confession sur la "chambre à gaz" dont le vague et l'absurdité dépasse tout ce qu'on a pu "confesser" dans les procès de Moscou, de Cracovie (Höss) ou de Prague il n'y a guère ?

« Comment avez-vous pu reproduire la photographie de la p. 45 ? N'avez-vous pas lu le livre de Harwood, Did six million really die ? Et surtout l'ouvrage d'Udo Walendy, Bild "Dokumente" für Geschichtschreibung, où cette photographie est étudiée aux pages 74 et 75 ?

« Je vous signale, en passant, que votre photographie est un montage de montage. Voyez la façon dont est posée sur "ses" épaules la tête du premier personnage de gauche. (...)

« Et la photographie de la p. 93 : la femme aux seins nus ! Comment n'avez-vous pas discerné que, là encore, il y avait montage. Regardez la tête de "Photomaton" ! (Voy. Walendy, ibid, p. 23.) (...)

« Comment pouvez-vous cautionner ainsi une propagande qui est celle qui a préparé le procès de Nuremberg ? Ne vous rappelez-vous pas le stupéfiant article 19 des statuts du Tribunal : "Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves" ? N'est-ce pas d'un effroyable cynisme ? Ne devrait-il pas donner l'éveil à tout honnête homme ?

« J'ai été férocement antinazi. Je ne peux supporter le fascisme sous aucune forme. Mais (...) je vous adjure de garder constamment présents à la mémoire les procès de sorcellerie. Rappelez-vous les "aveux", les "preuves", les "témoignages". Une sorcière n'allait pas dire à un tribunal : "Vous savez bien que tout cela est faux, que le sabbat est une invention et les rencontres avec le diable une autre invention." Elle aurait rencontré une incrédulité totale. Et pourtant elle aurait dit la vérité. Pour se défendre, il lui fallait, selon la vieille loi encore en vigueur, plaider le vraisemblable et non le vrai.

« J'ai eu l'occasion de vous le dire et je le répète ici, je suis prêt à ouvrir devant vous tel de mes dossiers qu'il vous plaira sur cette imposture du génocide. Il paraît bien des livres sur la question. Les temps sont mûrs. »

[83] Commentaire de la rédaction :
Que dans la vaste iconographie des camps de concentration, il y ait des photographies tronquées par des montages ou déformées par la légende dont les agences les accompagnent, c'est possible. Qu'il y ait eu moins de six millions de Juifs exterminés dans les camps, c'est également possible. Que plusieurs camps dépourvus de chambres à gaz en aient été dotés par la légende, c'est vrai. Mais n'y aurait-il eu « que » deux ou trois millions de victimes, n'y aurait-il eu de chambres à gaz que dans les camps situés en Pologne, la tragédie et l'épouvante restent les mèmes. Et comparer les innombrables témoignages, aveux et documents prouvant le génocide aux preuves qui servirent à envoyer les sorcières au bûcher est un défi qu'on n'a ni l'envie ni le besoin de relever. (F.X.V.)

Finalement, c'est une publication d'extrême droite, Défense de l'Occident, dirigée par Maurice Bardèche, de fasciste mémoire, qui accueille en juin 1978 la note de synthèse que Faurisson cherche à publier depuis longtemps. Comme il le dit en note, « il ne cautionne évidemment pas les opinions politiques de ceux qui le publient ».
Le « problème des chambres à gaz #a  »
par
Robert Faurisson #b
« Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves () » (art. 19 des statuts du Tribunal militaire international [en fait : Tribunal militaire interallié siégeant à Nuremberg).

« Le Tribunal n'exigera pas que soit rapportée la preuve des faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis (...) » (art. 21 des mêmes statuts).

Personne, pas même les nostalgiques du IIIe Reich, ne songe à nier l'existence des camps de concentration hitlériens. Tout le monde reconnaît également que certains de ces camps étaient dotés de fours crématoires. Au lieu d'enterrer les cadavres, on les brûlait. La fréquence même des épidémies exigeait la crémation, par exemple, des cadavres de typhiques (voyez les photographies de charniers).

Ce qui est contesté, en revanche, par de nombreux auteurs français, anglais, américains et allemands, c'est l'existence, dans l'Allemagne hitlérienne, de « camps d'extermination ». Ce terme désigne, chez les historiens de la déportation, des camps de concentration qui auraient été dotés de « chambres à gaz ». Ces « chambres à gaz », à la différence des « chambres à gaz » américaines, auraient été conçues pour tuer en [84] masse. Les victimes auraient été des hommes, des femmes et des enfants dont Hitler aurait décidé l'extermination à cause de leur appartenance raciale ou religieuse. C'est là ce qu'on appelle le « génocide ». L'arme par excellence, du « génocide » aurait été ces abattoirs humains appelés « chambres à gaz » et le gaz employé aurait été principalement le Zyklon B (insecticide à base d'acide prussique ou cyanhydrique).

Les auteurs qui contestent la réalité du « génocide » et des « chambres à gaz » sont appelés « révisionnistes ». Leur argumentation est à peu près celle-ci :

« Il suffit d'appliquer à ces deux problèmes les méthodes de routine de la critique historique pour s'apercevoir qu'on se trouve devant deux mythes qui, d'ailleurs, forment un ensemble indissociable. L'intention criminelle qu'on prête à Hitler n'a jamais pu être prouvée. Quant à l'arme du crime, personne, en fait, ne l'a jamais vue. On se trouve là devant une réussite particulière de la propagande de guerre et de haine. L'histoire est pleine d'impostures de ce genre, à commencer par les affabulations religieuses sur la sorcellerie. Ce qui, en la matière, distingue notre époque de celles qui l'ont précédée, c'est que la formidable puissance des médias est venue orchestrer d'une façon assourdissante, et jusqu'à la nausée, ce qu'il faut bien appeler "l'imposture du siècle". Malheur à qui, depuis trente ans, s'avise de la dénoncer ! Il connaîtra - selon les cas - prison, amendes, coups, insultes. Sa carrière pourra être brisée ou compromise. Il sera dénoncé comme "nazi". Ou bien on ne se fera pas l'écho de ses thèses, ou bien on déformera sa pensée. Pas un pays ne lui sera plus impitoyable que l'Allemagne. »

Aujourd'hui, le silence est en train de se rompre autour des contestataires qui ont osé prendre la responsabilité d'écrire que les « chambres à gaz » hitlériennes, y compris celles d'Auschwitz et de Majdanek, ne sont que mensonge historique #c. Il y a là un progrès. Mais que d'insultes et de déformations, quand un historien comme Georges Wellers se décide enfin, dix ans après la mort de Paul Rassinier, à « exposer » une partie infime des arguments de cet ancien déporté qui a eu le courage de dénoncer dans ses écrits le mensonge des « chambres à gaz » ! Toute une presse, toute une littérature où s'étale un nazisme de sex-shop (et même un journal comme le Monde #d) s'emploient à répandre l'idée que les [85] nouveaux nazis oseraient nier l'existence des fours crématoires. Mieux : ces néonazis oseraient prétendre qu'aucun Juif n'a été gazé. Cette dernière formule est habile. Elle donne à entendre que les nouveaux nazis, sans contester l'existence des « chambres à gaz », poussent le cynisme jusqu'à prétendre que les Juifs seuls auraient bénéficié du privilège de ne pas passer à la « chambre à gaz #e  » !

La meilleure façon, pour un historien, de se renseigner sur les thèses réelles des disciples de Paul Rassinier est de se reporter à l'ouvrage de l'Américain A.R. Butz sur The Hoax of the Twentieth Century (l'imposture du xxe siècle) #f

Pour ma part, je me permettrai de ne formuler ici que quelques remarques dédiées aux historiens qu'anime l'esprit de recherche.

Je leur ferai d'abord remarquer un paradoxe. Alors que les « chambres à gaz » constituent, aux yeux de l'histoire officielle, la pierre angulaire du « système concentrationnaire nazi » (et alors que, pour démontrer le caractère intrinsèquement pervers et diabolique des camps allemands par rapport à tous les camps de concentration passes et présents, il conviendrait de démonter avec la dernière minutie le processus qui a conduit les nazis à inventer, à fabriquer et à utiliser ces formidables abattoirs humains), on remarque, non sans étonnement, que dans l'impressionnante bibliographie de l'histoire de ces camps il n'existe pas un livre, pas une brochure, pas un article sur les « chambres à gaz » elles-mêmes ! Je demande qu'on ne se laisse pas abuser ici par certains titres prometteurs et qu'on examine le contenu même des écrits. J'appelle « histoire officielle » l'histoire telle que l'écrivent - sur le sujet des camps - des institutions ou des fondations à deniers partiellement ou entièrement publics comme, en France, le Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale ou le Centre de documentation juive contemporaine et, en Allemagne, l'Institut d'histoire contemporaine de Munich.

Il faut attendre la page 541 de la thèse d'Olga Wormser-Migot sur le Système concentrationnaire nazi. 1933-1945, pour voir apparaître un développement sur les « chambres à gaz ». Encore le lecteur a-t-il trois surprises :
- Le développement en question n'est que de trois pages
- Il s'intitule : « Le problème des chambres à gaz » ;
- Ce « problème » n'est autre que celui de savoir si les « chambres à gaz » de Ravensbrück (en Allemagne) et de Mauthausen (en Autriche) ont réellement existé ; l'auteur conclut formellement qu'elles n'ont pas existé et n'examine pas le problème des « chambres à gaz » d'Auschwitz ou d'autres camps, probablement parce que là, il n'y a pas de « problème » - à son avis.

[86] Or, le lecteur aimerait bien savoir pourquoi une analyse qui permet de conclure à la non-existence de « chambres à gaz » dans certains camps n'est subitement plus employée dès qu'il s'agit, par exemple, d'Auschwitz. Pourquoi l'esprit critique s'éveille-t-il ici et pourquoi, soudainement, tombe-t-il dans la plus profonde léthargie ? Après tout, nous disposions pour la « chambre à gaz » de Ravensbrück, de mille « preuves », « certitudes » et « témoignages irréfutables », à commencer par les témoignages réitérés et circonstanciés d'une Marie-Claude Vaillant-Couturier ou d'une Germaine Tillion. Il y a mieux. Plusieurs années après la guerre, et cela devant les tribunaux anglais et français, les responsables de Ravensbrück (Suhren, Schwarzhuber, Dr Treite) continuaient d'avouer l'existence d'une « chambre à gaz » dans leur camp ! Ils allaient jusqu'à en décrire - vaguement - le fonctionnement ! Pour finir, on les exécutait à cause de cette « chambre à gaz » fictive, ou bien ils se donnaient la mort. Mêmes aveux, avant mort ou exécution, de Ziereis pour Mauthausen ou de Kramer pour le Struthof. Aujourd'hui, on peut visiter la prétendue « chambre à gaz » du Struthof et lire sur place l'ébouriffante confession de Kramer. Cette « chambre à gaz », classée « monument historique » n'est qu'une supercherie. Il suffit d'un minimum d'esprit critique pour se rendre compte qu'une opération de gazage dans ce petit local dépourvu de toute étanchéité tournerait à la catastrophe pour le gazeur et les gens des environs. Pour faire croire à l'authenticité de cette « chambre à gaz », garantie « en état d'origine », on est allé jusqu'à donner un maladroit coup de burin dans une mince cloison dont on a ainsi brise quatre carreaux de faïence. On a ainsi creusé le « trou » par lequel Kramer aurait verse les cristaux d'un gaz dont il n'a rien pu dire, sinon qu'avec un peu d'eau en surplus ce gaz tuait en une minute ! Comment Kramer empêchait-il le gaz de refluer par le « trou » ? Comment pouvait-il voir ses victimes par un regard qui ne permettait de voir que la moitie de la pièce ? Comment ventilait-il la pièce avant d'en ouvrir la bonne porte paysanne de bois grossier ? Peut-être faudrait-il poser des question à l'entreprise de travaux publics de Saint-Michel-sur-Meurthe qui, après la guerre, a transformé les lieux prétendument « en état d'origine ».

Longtemps encore après la guerre, des prélats, des universitaires, et puis aussi de simples gens, rendaient des témoignages d'une vérité criante sur les « chambres à gaz » de Buchenwald et de Dachau. Pour Buchenwald, la « chambre à gaz » devait disparaître en quelque sorte d'elle-même dans l'esprit de ceux qui l'avaient vue. Pour Dachau, on procédait autrement. Après avoir soutenu, à l'exemple de Mgr Piguet, évêque de Clermont, que la « chambre à gaz » avait notamment servi à gazer des prêtres polonais #g, la vérité officielle devenait progressivement la suivante : « Cette "chambre a gaz", commencée en 1943, était inachevée en 1945, à la libération du camp. Personne n'a pu y être gazé. » Le petit local présenté aux visiteurs comme « chambre à gaz » est, en réalité, parfaitement inoffensif et, alors qu'on possède tous les documents architecturaux imaginables sur les constructions de la « Baracke X » (crématoire et environs), on ne voit pas sur quel document, ni d'ailleurs sur quelle enquête technique, on s'est fondé pour parler ici de « chambre à gaz inachevée » ('?).
[87] Aucun institut historique officiel n'a, pour accréditer le mythe des « chambres à gaz », fait plus que l'Institut d'histoire contemporaine de Munich. Le directeur, depuis 1972, en est M. Martin Broszat. Collaborateur de cet institut dès 1955, M. Broszat devait se rendre célèbre par la publication (partielle !) des prétendus mémoires de Rudolf Höss, en 1958. Or, le 19 août 1960, cet historien devait annoncer à ses compatriotes ébahis qu'en définitive il n'avait jamais existé de « chambre à gaz » dans tout l'Ancien Reich mais seulement en quelques « points choisis », avant tout (?) en quelques points de Pologne, dont Auschwitz-Birkenau. Cette nouvelle surprenante, il prenait le parti de l'annoncer dans une simple lettre à l'hebdomadaire Die Zeit (p. 16). Le titre donné à la lettre était singulièrement restrictif : « Keine Vergasung in Dachau » (pas de gazage à Dachau). M. Broszat ne fournissait, à l'appui de ses affirmations, pas la moindre preuve. Aujourd'hui, près de dix-huit ans après sa lettre, ni lui, ni ses collaborateurs n'ont encore apporté la moindre explication à ce mystère. Il serait pourtant du plus haut intérêt de savoir :

- Comment M. Broszat prouve que les « chambres à gaz » de l'Ancien Reich sont des impostures
- Comment il prouve que les « chambres à gaz » de Pologne ont été réelles ;
- Pourquoi les « preuves », les « certitudes », les « témoignages » rassemblés sur les camps qui, géographiquement nous sont proches, n'ont soudain plus de valeur, alors que les « preuves », les « certitudes », les « témoignages » rassemblés sur les camps de Pologne resteraient vrais.

Par une sorte d'accord tacite, pas un historien officiel n'a publiquement soulevé ces questions. Combien de fois dans « l'histoire de l'histoire » s'en est-on remis à la pure et simple affirmation d'un seul historien ?

Mais venons-en aux « chambres à gaz » de Pologne.

Pour affirmer qu'il a existé des « chambres à gaz » à Belzec ou à Treblinka, on se fonde essentiellement sur le rapport « Gerstein ». Ce document d'un S.S. qu'on a « suicidé » (?) en 1945 à la prison du Cherche-Midi #h fourmille de telles absurdités qu'il est depuis longtemps discrédité aux yeux des historiens. Ce « rapport » n'a d'ailleurs jamais été publié, y compris dans les documents du Nuremberg Military Tribunal, que sous des formes irrecevables (avec troncations, adultérations, rewritings). Il n'a jamais été publié avec ses aberrantes annexes (le « brouillon » en français, les « Erganzungen » ou « compléments » en allemand).

Pour ce qui est de Majdanek, la visite des lieux s'impose. Elle est, s'il se peut, encore plus concluante que celle du Struthof. Je publierai un dossier sur la question.

Pour Auschwitz et Birkenau, on dispose essentiellement des mémoires #i de R. Höss, rédigés sous la surveillance de ses geôliers polonais. Sur place on ne trouve qu'un local « rekonstruiert » et des ruines.
[88]
Une exécution par le gaz n'a rien à voir avec une asphyxie suicidaire ou accidentelle. Dans le cas d'une exécution, le gazeur et son entourage ne doivent pas courir le moindre risque. Aussi, pour leurs exécutions, les Américains emploient-ils un gaz sophistiqué, et ceci dans un espace très réduit et hermétiquement clos. Après usage, le gaz est aspiré et neutralisé. Les gardiens doivent attendre plus d'une heure pour pénétrer dans le petit local.

Aussi se demande-t-on comment à Auschwitz-Birkenau, par exemple, on pouvait faire tenir 2000 hommes dans un local de 210 mètres carrés (!), puis déverser (.7) sur eux des granulés du très violent insecticide Zyklon B ; enfin instantanément après la mort des victimes, envoyer, sans masque à gaz, dans ce local saturé d'acide cyanhydrique une équipe pour en extraire les cadavres cyanurés. Deux documents #j des archives industrielles allemandes répertoriées par les Américains à Nuremberg nous apprennent d'ailleurs que le Zyklon B adhérait aux surfaces, ne pouvait se ventiler par ventilation forcée, et exigeait une aération de près de 24 heures, etc. D'autres documents qu'on ne trouve que sur place, aux archives du musée d'État d'Oswiecim #k , et qui n'ont jamais été décrits nulle part, montrent par ailleurs que ce local de 210 mètres carrés, aujourd'hui à l'état de ruines, n'était qu'une morgue rudimentaire (« Leichenkeller »), enterrée (pour la protéger de la chaleur) et pourvue d'une seule et modeste porte d'entrée et de sortie.

Sur les crématoires d'Auschwitz (comme, d'une façon générale, sur tout le camp), on possède une surabondance de documents, y compris les factures, au pfennig près. En revanche, sur les « chambres à gaz » on ne possède rien : ni un ordre de construction, ni une étude, ni une commande, ni un plan, ni une facture, ni une photographie. Lors de cent procès, rien de ce genre n'a pu être produit.

« J'étais à Auschwitz et je peux vous assurer qu'il ne s'y trouvait pas de "chambre à gaz". » A peine écoute-t-on les témoins à décharge qui ont le courage de prononcer cette phrase. On les poursuit en justice #l. Encore aujourd'hui, quiconque, en Allemagne, Une témoignage en faveur de Thies Christophersen, qui a écrit le Mensonge d'Auschwitz  #m, risque une condamnation pour « outrage à la mémoire des morts ».

Au lendemain de la guerre, les Allemands, la Croix-Rouge internationale, le Vatican (lui, pourtant, si bien renseigné sur la Pologne), tous déclaraient piteusement, avec bien d'autres : « Les "chambres à gaz" ? Nous ne savions pas. »

Mais, demanderais-je aujourd'hui, comment peut-on savoir les choses quand elles n'ont pas existé ?

Il n'a pas existé une seule « chambre à gaz » dans un seul camp de concentration allemand : telle est la vérité.

[89] Cette inexistence des « chambres à gaz » est à accueillir comme une bonne nouvelle qu'on aurait tort de tenir plus longtemps cachée. De même que dénoncer « Fatima » comme une imposture, ce n'est pas attaquer une religion, de même dénoncer les « chambres à gaz » comme un mensonge historique, ce n'est pas s'en prendre aux déportés. C'est répondre au devoir d'être vrai.

Robert Faurisson a fait suivre cet article d'un « complément » polycopié qu'il a envoyé, avec le texte, à différentes personnalités :
A.-Conclusions (de trente ans de recherches) des auteurs révisionnistes : - 1 Les « chambres à gaz » hitlériennes n'ont jamais existé.- 2 Le « génocide » (ou : la « tentative de génocide ») des Juifs n'a jamais eu lieu, en clair, jamais Hitler n'a donné l'ordre (ni admis) que quiconque fût tué en raison de sa race ou de sa religion.- 3 Les prétendues « chambres à gaz » et le prétendu « génocide » sont un seul et même mensonge.- 4 Ce mensonge, qui est d'origine essentiellement sioniste, a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont l'État d'Israël est le principal bénéficiaire.- 5 Les principales victimes de ce mensonge et de cette escroquerie sont le peuple allemand et le peuple palestinien.- 6 La force colossale des moyens d'information officiels a, jusqu'ici, assuré le succès du mensonge et censuré la liberté d'expression de ceux qui dénonçaient ce mensonge.- 7 Les partisans du mensonge savent maintenant que leur mensonge vit ses dernières années ; ils déforment le sens et la nature des recherches révisionnistes ; ils nomment « résurgence du nazisme » ou « falsification de l'histoire » ce qui n'est qu'un juste retour au souci de la vérité historique.

B.- Mes publications et une intervention officielle :
1 Une lettre à Historama (nov. 1975, p. 10) sur l'expression « N.N. » (laquelle n'a jamais signifié « Nacht und Nebel » = « Nuit et Brouillard », mais « Nomen Nescio » = « Anonyme » ; dans la pratique, interdiction faite à certains déportés de recevoir ou d'envoyer du courrier).- 2 Fragments d'une lettre à Historia (août 1977, p. 132) : « L'imposture du génocide ».-- 3 Le 29 janvier 1978, au « Colloque national de Lyon sur : Églises et chrétiens de France dans la Deuxième Guerre mondiale », intervention sur l'imposture des « chambres à gaz » (voy. Rivarol, 16 février 1978, p. 5).

C.- Quelques-unes de mes fiches techniques :
1 Bibliographie du « problème des chambres à gaz ».- 2 Mes enquêtes au Struthof (1974), à Majdanek (1975), à Auschwitz (1975 et 1976) : 120 photographies.- 3 Des années de recherche au Centre de documentation juive contemporaine de Paris.- 4 Consultations des historiens spécialisés.- 5 Procès de « criminels de guerre ». Les sténogrammes du « procès Eichmann ».- 6 L'insecticide « Zyklon B ».- 7 Le « Protocole de Wannsee ».- 8 « Solution finale » signifiait « refoulement à l'Est ».- 9 Une visite, en sept. 1944, du représentant de la Croix-Rouge internationale au camp d'Auschwitz : dénaturations en tous genres du rapport original.- 10 Le « rapport Gerstein » et Léon Poliakov ou Georges Wellers. -11 Les Mémoires de R. Höss : « uvre » de J. Sehn, revue et corrigée par Martin Bros- [90] zat.- 12 Les « chambres a gaz » visitables à Majdanek : une « arme du crime » jamais expertisée (idem pour toutes les « chambres à gaz » visitables).- 13 Les « aveux ».- 14 « Six millions d'assassinés » ou « cinq cent mille morts par tous faits de guerre » ? Le Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale (Henri Michel et Claude Lévy) refuse de publier les résultats globaux de sa propre enquête sur les déportés de France, « par crainte des associations de déportés ».- 15 Le Mémorial de la déportation des Juifs de France par Serge Klarsfeld : une uvre tardive, hâtive, dépourvue de garantie scientifique ; un quart des Juifs de France a été « déporté » ou « refoulé » vers l'Est ; l'auteur n'a pas cherché à déterminer sérieusement le nombre des morts ; il ose déclarer « morts » ou « gazés » tous les déportés de France (la plupart provenaient de l'Est) qui ne sont pas revenus dès 1945 (!) se déclarer vivants soit à nos services (le chiffre du ministère des Anciens combattants est « officieux »), soit aux services officiels belges !!! Les journaux présentent ce « mémorial » comme un « annuaire de la mort », un « monument aux morts ». L'auteur a fait ce qu'il fallait pour entretenir l'équivoque -1 6 Les retombées politico-financières du « génocide ».-1 7 La presse française devant le droit au doute et à la recherche.- 18 Comment travaille le journaliste Pierre Viansson-Ponté du Monde.- 19 Le « génocide » à la télévision française.- 20 L'université française et la tradition des procès de sorcellerie.
[Avertissement]
A la lecture de ces pages, certains pourront interpréter mes idées comme une tentative d'apologie du national-socialisme.

En réalité - pour des raisons que je n'ai pas à exprimer ici - la personne les idées ou la politique d'Hitler me séduisent aussi peu que celles d'un Napoléon Bonaparte. Je refuse simplement de croire la propagande des vamqueurs, pour qui Napoléon était « l'Ogre » tandis qu'Hitler aurait été « Satan » ou « Amalec ».

Il doit être entendu pour tout le monde que le seul souci qui m'anime dans mes recherches est celui de la vérité ; j'appelle « vérité » ce qui est le contraire de l'erreur et du mensonge.

Je tiendrai pour diffamation toute imputation ou insinuation de nazisme.

En conséquence, j'invite à la réflexion toute personne physique ainsi que toute personne morale, de droit public ou de droit privé, qui, par ses propos, discours, écrits ou actions, me contraindrait d'avoir recours à la loi.

Des copies de ces pages seront envoyées à des instances juridiques et administratives, ainsi qu'à des journaux, groupements et associations.

16 juin 1978.

La fameuse phrase : « Hitler n'a jamais ordonné », écrite en plusieurs occasions par Faurisson, a créé un indéniable malaise chez la plupart de ses lecteurs. Elle a été montée en [91] épingle et a servi à rejeter la totalité des arguments de Faurisson. Elle a bien évidemment suscité des discussions passionnées, y compris chez ceux qui étaient prêts à prendre les arguments de Faurisson en considération, mais elle restait pour beaucoup d'entre eux inacceptable. En 1979, Faurisson a rédigé, pour quelques-uns d'entre eux, cette explicitation :
« Jamais Hitler n'a ordonné ni admis que quiconque fût tué en raison de sa race ou de sa religion #a . »
Explication de cette phrase :
Hitler a toujours considéré les juifs comme ses ennemis, et il les a traités en conséquence.

Hitler et les nazis disaient : « Les Alliés et les Juifs veulent notre anéantissement, mais ce sont eux qui seront anéantis. »

De la même façon, les Alliés et les Juifs ont dit : « Hitler et les nazis veulent notre anéantissement, mais ce sont eux qui seront anéantis. »

Pour un camp comme pour l'autre, il s'agissait avant tout de gagner la guerre, à la fois contre les militaires et contre les civils (hommes, femmes, vieillards, enfants confondus).

Le camp des vainqueurs de la dernière guerre a eu beau accumuler les mesures coercitives contre les minorités allemandes ou japonaises (jugées dangereuses en pleine guerre ou indésirables après la guerre), ces vainqueurs ont eu beau procéder à des internements en grand nombre, à des exécutions légales (selon la loi du vainqueur) ou arbitraires, à des poursuites administratives, policières et judiciaires contre les vaincus, et cela encore 34 ans après l'armistice de 1945, ils ont eu beau procéder à d'énormes déportations ou « déplacements » de populations civiles dans des conditions horribles, jamais cependant les autorités des Alliés n'ont ordonné ni admis que quiconque fût tué en raison de son appartenance à ces minorités ennemies, jugées dangereuses ou haïssables.

Il en va de même pour Hitler avec les minorités qui étaient du camp de ses ennemis, et qu'il jugeait dangereuses ou haissables #b .

Cela dit, les personnes qui croient qu'en matière historique on peut formuler des jugements sur les responsabilités de tel ou tel sont fondées à dire ceci : et Hitler et les Alliés portent, aux yeux de la morale et de l'histoire, l'entière responsabilité de tous les maux, de toutes les persécutions, de toutes les morts subies par les minorités civiles de tous les pays qui ont été en guerre ouverte de 1939 à 1945.

[92] Cette phrase me paraît au moins maladroite puisqu'elle est ambiguë. Même si l'on peut démontrer qu'elle recouvre une certaine vérité formelle, il n'en reste pas moins plus que probable qu'Hitler, comme d'ailleurs d'autres responsables politiques et militaires, devait fort aisément admettre que les Juifs, et les autres minorités non hostiles, non belligérantes, comme les Tziganes ou les homosexuels, meurent en grand nombre du fait des persécutions qu'ils subissaient. Ce genre de cynisme n'est évidemment l'apanage d'aucun genre de régime. Des gens continuent à mourir tous les jours à cause de persécutions raciales, religieuses, sexuelles, politiques. A mon avis, il serait possible de faire davantage pour les empêcher.

Mais revenons à l'affaire Faurisson.

Le clou est-il rivé ? Certainement pas. Le médium n'est pas bon. L'extrême droite n'offre guère de crédibilité quant à la recherche, au doute, au souci de la vérité. A la rentrée, Pierre Viansson-Ponté, dans sa chronique « Au fil de la semaine », reprend ses attaques contre l'école qui se dit « révisionniste » : « On peut s'étonner que les responsables de ces infamies ne soient pas identifiés et poursuivis : ils tombent sous le coup de la loi qui punit l'encouragement à la haine raciale #. » On peut certes se demander sur quelle curieuse confusion juridique se fonde ce rapprochement, et même se demander si c'est bien le devoir d'un journaliste que d'appeler à la délation de qui a des vues opposées aux siennes ; mais on doit reconnaître qu'il n'ose pas dénoncer nommément Faurisson dont les écrits ne lui sont que trop connus #.




Voir suite





TABLE DES MATIÈRES


Première partie : Le comment du pourquoi
   I. - L'aspect historique
   II. - L'air du temps, le temps se couvre

Deuxième partie : Le dossier de l'affaire Faurisson
Chapitre premier : A-t-on lu Faurisson ?
Chapitre II : Ce qu'est l'affaire Faurisson
Chapitre III : L'éclatement de l'affaire
Chapitre IV : De la misère en milieu enseignant
   I. - La droite, la gauche
   II. - Plus loin, à gauche
   III. - La L. I. C. A., c'est quoi ?
Chapitre V Le révisionnisme à l'étranger
Chapitre VI : De la nécessité de l'affaire Faurisson

Documents
Document I : Interview de Robert Faurisson parue dans la revue Storia illustrata
Document II : Le Journal d'Anne Frank est-il authentique ? par Robert Faurisson
Annexes
Document III : Chambre à gaz du pénitencier de Baltimore
Document IV : Iconographie
Document V : Vérité historique, vérité humaine

Un texte capital
Conclusion provisoire des éditeurs
Orientation bibliographique
Index (des noms)


"Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal; nous avons pris leur pays. [...] Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?"

- David Ben-Gourion, premier ministre israélien, cité par Nahum Goldmann dans "Le Paradoxe Juif", page 121.


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