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Les mythes fondateurs de la politique israélienne
Par Roger Garaudy


II - Les mythes du vingtième siècle


1. Le mythe de l'antifascisme sioniste


En 1941, Itzhac Shamir commit << un crime impardonnable du point de vue moral : prôner une alliance avec Hitler, avec l'Allemagne nazie contre la Grande-Bretagne. >>

Source : Bar Zohar, "Le prophète armé : Ben Gourion". (Fayard. Paris . 1966, p. 99)

Lorsque commença la guerre contre Hitler la quasi-totalité des organisations juives s'engagea aux côtes des alliés et même quelques-uns des plus éminents dirigeants, comme Weizmann, prirent position en faveur des alliés, mais, le groupe sioniste allemand, qui pourtant, à l'époque, était très minoritaire, prit une attitude inverse et, de 1933 à 1941 s'engagea dans une politique de compromis et même de collaboration avec Hitler. Les autorités nazies, en même temps qu'elles persécutaient les juifs, par exemple, en un premier temps, en les chassant des fonctions publiques, dialoguaient avec les dirigeants sionistes allemands et leur accordaient un traitement de faveur en les distinguant des juifs "intégrationistes" auxquels ils faisaient la chasse.

L'accusation de collusion avec les autorités hitlériennes ne s'adresse pas à l'immense majorité des juifs qui n'avaient même pas attendu la guerre pour lutter - les armes à la main - en Espagne, de 1936 à 1939, dans les Brigades internationales, contre le fascisme, et qui, jusque dans le ghetto de Varsovie créèrent un "Comité juif de lutte" et surent mourir en combattant, mais à la minorité fortement organisée des dirigeants sionistes qui, pendant huit ans (1933-1941) pactisèrent avec les nazis.

Leur préoccupation unique de créer un État juif puissant et même leur vision raciste du monde, les rendaient beaucoup plus anti-anglais qu'anti-nazi.

Après la guerre ils devinrent, comme Menahem Beghin ou Itzhac Shamir, des dirigeants de premier plan dans l'État d'Israël.

*

En date du 5 septembre 1939 - deux jours après la déclaration de guerre de l'Angleterre et de la France à l'Allemagne - M. Chaïm Weizmann, Président de l'Agence Juive, écrivit à M. Chamberlain, Premier Ministre de Sa Majesté le Roi d'Angleterre, une lettre par laquelle il l'informait que <<nous Juifs, sommes au côté de la Grande Bretagne et combattrons pour la Démocratie >> en précisant que << les mandataires des Juifs étaient prêts à passer immédiatement un accord pour permettre l'utilisation de toutes leurs forces en hommes, de leurs techniques, de leur aide matérielle et de toutes leurs capacités >>. Reproduite dans le Jewish Chronicle du 8 - 9 - 1939, cette lettre constituait une authentique déclaration de guerre du monde juif à l'Allemagne et posait le problème de l'internement de tous les Juifs allemands dans les camps de concentration comme << ressortissants d'un peuple en état de guerre avec l'Allemagne >>.

*

Les dirigeants sionistes ont fait preuve, à l'époque du fascisme hitlérien et mussolinien, d'un comportement équivoque allant du sabotage de la lutte antifasciste à la tentative de collaboration.

L'objectif essentiel des sionistes n'était pas de sauver des vies juives mais de créer un État juif en Palestine. Le premier dirigeant de l'État d'Israël, Ben Gourion, proclame sans ambages, le 7 décembre 1938, devant les dirigeants sionistes du "Labour ": << Si je savais qu'il est possible de sauver tous les enfants d'Allemagne en les amenant en Angleterre, et seulement la moitié d'entre eux en les transportant en Eretz Israël, je choisirai la deuxième solution. Car nous devons tenir compte non seulement de la vie de ces enfants, mais aussi de l'histoire du peuple d'Israël. >>

Source : Yvon Gelbner, "Zionist policy and the fate of European jewry", dans Yad Vashem studies. Jerusalem.

vol. XII, p. 199
.

<< Le sauvetage des juifs en Europe ne figurait pas en tête de liste des priorités de la classe dirigeante. C'est la fondation de l'État qui était primordiale à leur yeux. >>

Source : Tom Segev. Le septième million. Ed. Liana Levi, Paris, 1993, p. 539.

<< [...] Devons-nous aider tous ceux qui en ont besoin sans tenir compte des caractéristiques de chacun ? Ne devons-nous pas donner à cette action un caractère national sioniste et tenter de sauver en priorité ceux qui peuvent être utiles à la Terre d'Israël et au judaïsme ? Je sais qu'il peut sembler cruel de poser la question de cette façon, mais nous devons malheureusement établir clairement que si nous sommes capables de sauver 10 000 personnes parmi les 50 000 personnes qui peuvent contribuer à la construction du pays et à la renaissance nationale ou bien un million de juifs qui deviendront pour nous un fardeau ou au mieux un poids mort, nous devons nous restreindre et sauver les 10 000 qui peuvent être sauvées -- malgré les accusations et les appels du million de laissés-pour-compte. >>

Source : Memorandum du Comité de sauvetage de l'agence juive. 1943. Cité par Tom Segev. (op. cit)

Ce fanatisme inspire, par exemple, l'attitude de la délégation sioniste à la conférence d'Évian, en juillet 1938, où 31 nations s'étaient réunies pour discuter de l'absorption des réfugiés d'Allemagne nazie : la délégation sioniste exigea, comme seule solution possible, d'admettre deux cent mille juifs en Palestine.

L'État juif est plus important pour eux que la vie des juifs.

L'ennemi principal, pour les dirigeants sionistes c'est l'"assimilation". Ils rejoignent en ceci la préoccupation fondamentale de tout racisme, y compris hitlérien : la pureté du sang. C'est pourquoi, en fonction même de l'antisémitisme systématique qui les animait jusqu'à poursuivre le dessein monstrueux de chasser tous les juifs d'Allemagne puis d'Europe lorsqu'ils en furent les maîtres, les nazis considéraient les sionistes comme des interlocuteurs valables puisqu'ils servaient ce dessein.

De cette collusion existent les preuves. La "Fédération sioniste d'Allemagne" adresse au parti nazi le 21 juin 1933, un mémorandum déclarant notamment :

<< Dans la fondation du nouvel État, qui a proclamé le principe de la race, nous souhaitons adapter notre communauté à ces nouvelles structures... notre reconnaissance de la nationalité juive nous permet d'établir des relations claires et sincères avec le peuple allemand et ses réalités nationales et raciales. Précisément parce que nous ne voulons pas sous-estimer ces principes fondamentaux, parce que nous aussi nous sommes contre les mariages mixtes, et pour le maintien de la pureté du groupe juif... Les Juifs conscients de leur identité, au nom desquels nous parlons, peuvent trouver place dans la structure de l'État allemand, car ils sont libérés du ressentiment que les Juifs assimilés doivent éprouver ; ... nous croyons en la possibilité de relations loyales entre les Juifs conscients de leur communauté et l'État allemand.

Pour atteindre ses objectifs pratiques, le sionisme espère être capable de collaborer même avec un gouvernement fondamentalement hostile aux Juifs... La réalisation du sionisme n'est gênée que par le ressentiment des Juifs à l'extérieur, contre l'orientation allemande actuelle. La propagande pour le boycott - actuellement dirigée contre l'Allemagne - est, par essence, non sioniste... >>

Source : Lucy Dawidowicz "A Holocaust reader" p. 155.

Le Mémorandum ajoutait << qu'au cas où les Allemands accepteraient cette coopération les sionistes s'efforceraient de détourner les Juifs, à l'étranger, d'appeler au boycott anti-allemand. >>

Source : Lucy Dawidowicz : "The war against jews (1933 - 1945)" Ed. Penguin books.1977 p.231- 232.

Les dirigeants hitlériens accueillent favorablement l'orientation des chefs sionistes qui, par leur souci exclusif de constituer leur État en Palestine, rejoignent leur désir de se débarrasser des juifs. Le principal théoricien nazi, Alfred Rosenberg, écrit : << le sionisme doit être vigoureusement soutenu afin qu'un contingent annuel de Juifs allemands soient transportés en Palestine. >>

Source : A. Rosenberg : "Die Spur des Juden im Wandel der Zeiten" Munich 1937. p. 153.

Reinhardt Heydrich, qui fut plus tard le "Protecteur" en Tchécoslovaquie, écrivait en 1935, alors qu'il était chef des Services de Sécurité S.S. dans Das Schwarze Korps, organe officiel du S.S. un article sur "l'Ennemi visible", où il opérait des distinctions entre les Juifs : << Nous devons séparer les Juifs en deux catégories : les sionistes et les partisans de l'assimilation. Les sionistes professent une conception strictement raciale, et, par l'émigration en Palestine, ils aident à bâtir leur propre État juif ... nos bons voeux et notre bonne volonté officielle sont avec eux. >>

Source : Hohne. "Order of the Death` s Head" p. 333.

<< Le Betar allemand reçut un nouveau nom : Herzlia. Les activités du mouvement en Allemagne devaient obtenir bien sûr l'approbation de la Gestapo ; en réalité, Herzlia agissait sous la protection de cette dernière. Un jour, un groupe de SS attaqua un camp d'été du Betar. Le chef du mouvement se plaignit alors auprès de la Gestapo et, quelques jours plus tard, la police secrète annonça que les SS en question avaient été punis. La Gestapo demanda au Betar quelle compensation lui semblait la plus adéquate. Le mouvement demanda que la récente interdiction qui leur avait été faite de porter des chemises brunes soit levée ; la requête fut satisfaite. >>

Source : Ben-Yeruham, "Le livre de Betar" T. II, p. 350.

Une circulaire de la Wilhelmstrasse indique : << les objectifs que s'est donnés cette catégorie (de Juifs qui s'opposent à l'assimilation et qui sont favorables à un regroupement de leurs coreligionnaires au sein d'un foyer national), au premier rang de laquelle se trouvent les sionistes, sont ceux qui s'écartent le moins des buts que poursuit en réalité la politique allemande à l'égard des Juifs >>.

Source : Lettre circulaire de Bülow-Schwante à toutes les missions diplomatiques du Reich. ndeg. 83. 28 février 1934.

<< Il n'y a aucune raison, écrivait Bulow-Schwante au Ministère de l'Intérieur, d'entraver, par des mesures administratives, l'activité sioniste en Allemagne, car le sionisme n'est pas en contradiction avec le programme du national-socialisme dont l'objectif est de faire partir progressivement les Juifs d'Allemagne. >>

Source : Lettre ndeg. Z U 83-21. 28/8 du 13 avril 1935.

Cette directive confirmant des mesures antérieures était appliquée à la lettre. En vertu de ce statut privilégié du sionisme dans l'Allemagne nazie, la Gestapo de Bavière, le 28 janvier 1935, adressait à la police cette circulaire << les membres de l'organisation sioniste, en raison de leur activité orientée vers l'émigration en Palestine, ne doivent pas être traités avec la même rigueur qui est nécessaire pour les membres des organisations juives allemandes (assimilationistes) >>.

Source : Kurt Grossmann : "Sionistes et non-sionistes sous la loi nazie dans les années 30" Yearbook. Vol. VI, p. 310.

<< L'organisation sioniste des juifs allemands avait une existence légale jusqu'en 1938, cinq ans après l'avènement d'Hitler...

La "
Jüdische Rundschau" (journal des sionistes allemands) parut jusqu'en 1938. >>

Source : Leibowitz, "Israël et Judaïsme". Ed. Desclée de Brouwer, 1993. p.116

En échange de leur reconnaissance officielle comme seuls représentants de la communauté juive, les dirigeants sionistes offraient de briser le boycott que tentaient de réaliser tous les antifascistes du monde.

Dès 1933 commença la collaboration économique : deux compagnies furent créées : la "Haavara Company", à Tel-Aviv, et la "Paltreu", à Berlin.

Le mécanisme de l'opération était le suivant : un juif désirant émigrer déposait à la Wasserman Bank de Berlin, où à la Warburg Bank de Hambourg, une somme d'un minimum de 1 000 livres sterling. Avec cette somme, les exportateurs juifs pouvaient acheter des marchandises allemandes à destination de la Palestine, et payaient la valeur correspondant en livres Palestiniennes, au compte de la Haavara, à la Banque Anglo-palestinienne, à Tel-Aviv. Quand l'émigrant arrivait en Palestine, il recevait l'équivalent de la somme qu'il avait déposée en Allemagne.

Plusieurs futurs premiers ministres d'Israël participèrent à l'entreprise de la "Haavara", notamment Ben Gourion, Moshé Sharret (qui s'appelait alors Moshé Shertok), Madame Golda Meir qui l'appuya depuis New York, et Levi Eshkol, qui en était le représentant à Berlin.

Source : "Ben Gourion et Shertok," dans "Black": L'accord de la "haavara". p. 294. Cité par Tom Segev, op.cit. p. 30 et 595)

L'opération était avantageuse pour les deux parties : les nazis réussissaient ainsi à briser le blocus (les sionistes parvinrent à vendre des marchandises allemandes même en Angleterre) ; et les sionistes réalisaient une immigration "sélective", telle qu'ils la désiraient : seuls pouvaient immigrer des millionnaires (dont les capitaux permettaient le développement de la colonisation sioniste en Palestine). Conformément aux buts du sionisme il était plus important de sauver de l'Allemagne nazie des capitaux juifs, permettant le développement de leur entreprise, que des vies de juifs miséreux, ou inaptes au travail ou à la guerre, qui eussent été une charge.

Cette politique de collaboration dura jusqu'en 1941 (c'est-à-dire pendant 8 ans après l'arrivée d'Hitler au pouvoir). Eichmann faisait la liaison avec Kastner. Le procès Eichmann découvrit, pour une part au moins, les mécanismes de ces connivences, de ces "échanges" entre juifs sionistes "utiles" à la création de l'État juif (personnalités riches, techniciens, jeunes gens aptes à renforcer une armée, etc...) et une masse de juifs moins avantagés abandonnée aux mains d'Hitler.

Le Président de ce Comité, Ytzhak Gruenbaum déclarait le 18 janvier 1943 : "Le sionisme passe avant tout...

<< Ils vont dire que je suis antisémite, répondit Gruenbaum, que je ne veux pas sauver l'Exil, que je n'ai pas "a warm yiddish heart" [...] Laissons-les dire ce qu'ils veulent. Je n'exigerai pas de l'Agence juive qu'elle alloue la somme de 300 000 ni de 100 000 livres sterling pour aider le judaïsme européen. Et je pense que quiconque exige de telles choses accomplit un acte antisioniste >>.

Source : Gruenbaum : "Jours de destruction", p. 68.

C'était aussi le point de vue de Ben Gourion :

<< La tâche du sioniste n'est pas de sauver le "reste" d'Israël qui se trouve en Europe, mais de sauver la terre d'Israël pour le peuple juif. >>

(Cité par Tom Segev. op. cit. p. 158.)

<< Les dirigeants de l'Agence juive s'entendaient sur le fait que la minorité qui pourrait être sauvée devait être choisie en fonction des besoins du projet sioniste en Palestine. >>

Source: Idem p. 125.

Hannah Arendt, l'un des plus éminents défenseurs de la cause juive par ses études et ses livres, assistant aux débats, leur a consacré un livre : "Eichmann à Jérusalem". Elle y a montré (p. 134 - 141) la passivité et même la complicité des "conseils juifs" (Judenrat), dont les deux tiers étaient dirigés par des sionistes.

D'après le livre d'Isaiah Trunk : "Judenrat" (Ed. Mac Millan New York 1972) : << Selon les calculs de Freudiger, cinquante pour cent des juifs auraient pu se sauver s'ils n'avaient pas suivi les instructions des Conseils juifs. >> (p. 141).

Il est significatif que lors de la célébration du 50ème anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie le chef d'État israélien demanda à Lech Walesa de ne pas donner la parole à Marek Edelman, chef adjoint de l'insurrection et l'un des survivants.

Marek Edelman avait en effet donné au journal israélien "Haaretz", en 1993, à Edward Alter, une interview dans laquelle il rappelait quels avaient été les véritables instigateurs et héros du "Comité juif de lutte" du ghetto de Varsovie : des socialistes du Bund, antisionistes, des communistes, des trotskistes, les Mihal Rosenfeld et les Mala Zimetbaum, avec Edelman, et une minorité de sionistes de gauche du Poalei Zion et du Hashomer Hatzaïr.

Ceux-là luttèrent contre le nazisme les armes à la main comme le firent les juifs volontaires des Brigades internationales d'Espagne : plus de 30% des Américains de la Brigade Abraham Lincoln étaient des juifs que dénonçait alors la presse sioniste parce qu'ils se battaient en Espagne au lieu de venir en Palestine.

Source : "Jewish Life" d'avril 1938, p. 11.

Dans la brigade polonaise Dombrowski, sur 5.000 Polonais, 2.250 étaient juifs.

Ces juifs héroïques luttèrent, sur tous les fronts du monde avec toutes les forces antifascistes. Mais les dirigeants sionistes, dans un article de leur représentant à Londres, intitulé : "Les Juifs doivent-ils participer aux mouvements antifascistes ?" répondaient : "NON !..." et fixaient l'objectif unique: "La construction de la terre d'Israël."

Nahum Goldmann, Président de "l'Organisation sioniste mondiale" puis du "Congrès juif mondial" raconte, dans son Autobiographie, sa rencontre dramatique avec le Ministre des Affaires étrangères tchèques, Édouard Bénès, en 1935, reprochant aux sionistes d'avoir brisé le boycott d'Hitler par la "Haavara" (les accords de transfert) et le refus de l'Organisation sioniste mondiale d'organiser la résistance contre le nazisme.

<< Dans ma vie, j'ai dû prendre part à de nombreux entretiens pénibles, mais je ne me suis jamais senti aussi malheureux et honteux que pendant ces deux heures. Je sentais, de toutes les fibres de mon être, que Bénès avait raison >>.

Source : Nahum Goldmann. Autobiographie, op, cit. p. 157-158. Ibidem p. 260.

Misant sur son opposition à l'Angleterre, les dirigeants sionistes avaient pris contact avec Mussolini dès 1922. Il les avait reçus après sa marche sur Rome d'octobre 1922, le 20 décembre 1922.

Source : Ruth Bondy, "The Emissary : a life of Enzo Sereni" (p. 45).

Weizmann fut reçu par Mussolini le 3 janvier 1923, et une autre fois le 17 septembre 1926 ; Nahum Goldmann, Président de l'Organisation sioniste mondiale, s'entretint, le 26 octobre 1927, avec Mussolini qui lui dit : << Je vous aiderai à créer cet état juif. >> (Nahum Goldmann : Autobiographie op. cit. p. 170).

Cette collaboration constituait déjà un sabotage de la lutte antifasciste internationale. Elle subordonnait toute la politique sioniste au seul dessein de construire un État Juif en Palestine. Elle se poursuivit pendant la guerre, même au moment où la persécution hitlérienne des juifs européens était la plus atroce.

Au moment de la déportation des juifs de Hongrie, le Vice-Président de l'organisation sioniste, Rudolf Kastner, négocia avec Eichmann sur cette base : si Eichmann permettait le départ en Palestine de 1684 juifs "utiles" pour la construction du futur État d'Israël (capitalistes, techniciens, militaires, etc...) Kastner promettait à Eichmann de faire croire aux 460.000 juifs hongrois qu'il ne s'agissait pas d'une déportation à Auschwitz, mais d'un simple transfert.

Le juge Halevi rappelle lors du procès d'Eichmann que Kastner est intervenu pour sauver l'un de ses interlocuteurs nazis : l'un des exécuteurs de Himmler, le Standartenführer Kurt Becher. Le témoignage de Kastner, au Procès de Nuremberg, le fit échapper au châtiment.

Le Juge est formel : << Il n'y eut ni vérité, ni bonne foi dans le témoignage de Kastner... Kastner s'est parjuré sciemment, dans son témoignage devant cette Cour, lorsqu'il a nié qu'il était intervenu en faveur de Becher. En outre, il a caché ce fait important : sa démarche en faveur de Becher était faite au nom de l'Agence juive et du Congrès juif mondial... Il est clair que la recommandation de Kastner ne fut pas faite en son nom personnel, mais aussi au nom de l'Agence juive et du Congrès juif mondial... et c'est pourquoi Becher fut relâché par les Alliés. >>

Après le jugement, l'opinion israélienne fut ébranlée. Dans le journal "Haaretz" le Dr Moshé Keren écrivait, le 14 juillet 1955 : << Kastner doit être inculpé de collaboration avec les nazis... >> Mais le journal du soir "Yediot Aharonoth" (23 juin 1955) expliquait pourquoi il ne pouvait en être ainsi... << Si Kastner est mis en jugement, c'est le gouvernement tout entier qui risque un effondrement total devant la nation, par suite de ce que ce procès va découvrir. >>

Ce qui risquait d'être découvert c'est que Kastner n'avait pas agi seul mais avec l'accord des autres dirigeants sionistes qui siégeaient, au moment du procès, dans le gouvernement. La seule façon d'éviter que Kastner parle et que le scandale éclate, c'est que Kastner disparaisse. Il mourut en effet opportunément, et le gouvernement israélien introduisit un recours devant la Cour Suprême pour le réhabiliter. Ce qu'il obtint.

Cette politique de collaboration atteignit son point culminant en 1941, lorsque le groupe le plus extrémiste des sionistes, le "LEHI" ("Combattants pour la libération d'Israël") dirigé par Abraham Stern et, après sa mort, par un triumvirat dont faisait partie Itzak Shamir, commit << un crime impardonnable du point de vue moral : prôner une alliance avec Hitler, avec l'Allemagne nazie, contre la Grande-Bretagne. >>

Source : Bar Zohar. "Ben Gourion, le Prophète armé" (Fayard. Paris 1966. p. 99)

M. Eliezer Halevi, syndicaliste travailliste connu, membre du Kibboutz Gueva, révèle dans l'hebdomadaire "Hotam" de Tel-Aviv (daté du 19 août 1983) l'existence d'un document signé par M. Itzak Shamir, (qui s'appelait alors Yezernitsky) et Abraham Stern, remis à l'Ambassade d'Allemagne, à Ankara, alors que la guerre en Europe fait rage, et que les troupes du Maréchal Rommel sont déjà sur le sol égyptien. Il y est dit notamment : << En matière de conception, nous nous identifions à vous. Pourquoi donc ne pas collaborer l'un avec l'autre ?>>. "Haaretz" dans son édition du 31 janvier 1983, cite une lettre marquée du mot "secret", envoyée en janvier 1941 par l'ambassadeur de Hitler à Ankara, Franz Von Papen, à ses supérieurs, racontant les contacts avec les membres du groupe Stern. Y est ajouté un mémorandum de l'agent des services secrets nazis à Damas, Werner Otto Von Hentig, sur les pourparlers avec les émissaires de Stern et de Shamir, où il est dit notamment que << la coopération entre le mouvement de libération d'Israël et le nouvel ordre en Europe sera conforme à l'un des discours du chancelier du IIIe Reich dans lequel Hitler soulignait la nécessité d'utiliser toute combinaison de coalition pour isoler et vaincre l'Angleterre >>, il y est dit encore que le groupe Stern est << étroitement lié aux mouvements totalitaires en Europe, à leur idéologie et à leur structures. >> Ces documents se trouvent au Mémorial de l'holocauste (Yad Vachem) à Jérusalem, classés sous le numéro E234151-8.

L'un des chefs historiques du groupe Stern, M. Israël Eldad, confirme, dans un article publié dans le quotidien de Tel-Aviv, le Yediot Aharonoth, du 4 février 1983, l'authenticité de ces pourparlers entre son mouvement et les représentants officiels de l'Allemagne nazie. Il affirme sans ambages que ses collègues avaient expliqué aux nazis qu'une identité d'intérêts entre un nouvel ordre en Europe selon la conception allemande et les aspirations du peuple juif en Palestine représentée par les combattants pour la liberté d'Israël (le groupe Stern) est probable.

Voici les principaux passages de ce texte intitulé :

Principes de base de l'Organisation militaire nationale (NMO) en Palestine (Irgun Zevaï Leumi) concernant la solution de la question juive en Europe et la participation active du NMO à la guerre aux côtés de l'Allemagne.

<< Il ressort des discours des dirigeants de l'État national-socialiste allemand qu'une solution radicale de la question juive implique une évacuation des masses juives de l'Europe. (Judenreines Europa).

Cette évacuation des masses juives de l'Europe est la condition première de la solution du problème juif, mais cela n'est possible que par l'installation de ces masses en Palestine, dans un État juif, avec ses frontières historiques.

Résoudre le problème juif de façon définitive, et libérer le peuple juif, c'est l'objectif de l'activité politique et des longues années de lutte du "mouvement pour la liberté d'Israël" (Lehi) et de son Organisation militaire nationale en Palestine (Irgun Zevaï Leumi).

Le NMO, connaissant la position bienveillante du gouvernement du Reich envers l'activité sioniste à l'intérieur de l'Allemagne, et les plans sionistes d'émigration estime que :

1) Il pourrait exister des intérêts communs entre l'instauration, en Europe, d'un ordre nouveau, selon la conception allemande, et les véritables aspirations du peuple juif telles qu'elles sont incarnées par Lehi.

2) La coopération entre l'Allemagne nouvelle et une nation hébraïque rénovée (Völkisch Nationalen Hebraertum) serait possible.

3) L'établissement de l'État historique juif sur une base nationale et totalitaire, et lié par un traité au Reich allemand pourrait contribuer à maintenir et à renforcer, dans l'avenir, la position de l'Allemagne au Proche-Orient.

A condition que soient reconnues, par le gouvernement allemand, les aspirations nationales du "Mouvement pour la liberté d'Israël" (Lehi), I'Organisation militaire nationale (NMO) offre de participer à la guerre aux côtés de l'Allemagne.

La coopération du mouvement de libération d'Israël irait dans le sens des récents discours du Chancelier du Reich allemand, dans lesquels Monsieur Hitler soulignait que toute négociation et toute alliance devait contribuer à isoler l'Angleterre et à la battre.

D'après sa structure et sa conception du monde, le NMO est étroitement lié
avec les mouvements totalitaires européens. >>

Source : Le texte original, en allemand, se trouve, en Appendice ndeg. 11, dans le livre de David Yisraeli : "Le problème palestinien dans la politique allemande, de 1889 à 1945", Bar Ilan university, Ramat Gan. Israël, 1974, p. 315-317.

Selon la presse israélienne, qui a publié une dizaine d'articles sur ce sujet, à aucun moment les nazis n'ont pris au sérieux les propositions de Stern, de M. Shamir et de leurs amis.

Les pourparlers ont subi un coup d'arrêt lorsque les troupes alliées ont arrêté en juin 1941, l'émissaire d'Abraham Stern et Itzak Shamir, M. Naftali Loubentchik, au bureau même des services secrets nazis à Damas. D'autres membres du groupe ont poursuivi des contacts jusqu'à l'arrestation, par les autorités britanniques, de M. Itzhak Shamir, en décembre 1941, pour "terrorisme et collaboration avec l'ennemi nazi."

Un tel passé n'empêche pas Itzhak Shamir de devenir Premier Ministre et d'être, aujourd'hui encore, le chef d'une puissante "opposition", la plus acharnée à maintenir l'occupation de la Cisjordanie. C'est qu'en réalité, les dirigeants sionistes, en dépit de leurs rivalités internes, poursuivent le même objectif raciste : chasser par la terreur, l'expropriation ou l'expulsion, tous les autochtones arabes de Palestine, pour en rester les seuls conquérants et les seuls maîtres.

Ben Gourion déclarait :

<< Beghin appartient incontestablement au type hitlérien. C'est un raciste disposé à détruire tous les Arabes dans son rêve d'unification d'Israël, prêt, pour réaliser ce but sacré, à user de tous les moyens. >>

Source : E. Haber, "Menahem Beghin, the man and the legend" Ed. Delle Book. New York, 1979, p. 385.

Le même Ben Gourion n'a jamais cru à la possibilité d'une coexistence avec les Arabes. Moins il y aura d'Arabes dans les limites du futur État (d'Israël), mieux cela vaudra. Il ne le dit pas explicitement, mais l'impression qui se dégage de ses interventions et de ses remarques est nette : une grande offensive contre les Arabes ne briserait pas seulement leurs attaques mais aussi réduirait au maximum le pourcentage de la population arabe dans l'État << (...) On peut l'accuser de racisme, mais alors on devra faire le procès de tout le mouvement sioniste, qui est fondé sur le principe d'une entité purement juive en Palestine. >>

Source : Bar Zohar (op. cit) p. 146.

Au Procès d'Eichmann à Jérusalem, le Procureur Général Haïm Cohen rappelait aux juges : << Si cela ne coïncide pas avec votre philosophie, vous pouvez critiquer Kastner... Mais qu'est-ce que cela a à voir avec la collaboration ?... Il a toujours été dans notre tradition sioniste de sélectionner une élite pour organiser l'immigration en Palestine... Kastner n'a rien fait d'autre. >>

Source : "Court record" 124/53. Jérusalem district court.

Ce haut magistrat invoquait en effet une doctrine constante du mouvement sioniste : il n'avait pas pour objectif de sauver des juifs mais de construire un État juif fort.

Le 2 mai 1948, le Rabbin Klaussner, chargé des Personnes déplacées, présentait un Rapport devant la Conférence juive américaine :

<< Je suis convaincu qu'il faut forcer les gens à se rendre en Palestine... Pour eux un dollar américain leur apparaît comme le plus grand des objectifs. Par le mot "force", c'est un programme que je suggère... Il a déjà servi, et très récemment encore. Il a servi pour l'évacuation des juifs de Pologne, et dans l'histoire de "l'Exodus"...

Pour appliquer ce programme, il faut, au lieu de fournir du confort aux "personnes déplacées", leur créer le plus d'inconfort possible... Dans un second temps, une procédure faisant appel à la Haganah pour harceler les juifs. >>

Source : Alfred H. Lilienthal dans "What price Israël". Chicago 1953, p. 194 - 195.

Les variantes de cette méthode d'incitation et même de coercition furent multiples.

En 1940, pour soulever l'indignation contre les Anglais qui avaient décidé de sauver les Juifs menacés par Hitler, en les accueillant dans l'Ile Maurice, le navire qui les transportait, ayant fait escale dans le port de Haïffa, le 25 décembre 1940, les dirigeants sionistes de la "Hagannah" (dont le chef était Ben Gourion), n'hésitèrent pas à faire exploser le navire, entraînant la mort de 252 Juifs et de membres anglais de l'équipage.

Source : Dr. Herzl Rosenblum, directeur de "Yediot Aharonoth ", en fait révélation en 1958, et la justification en est donnée dans "Jewish Newsletter" N.Y. Novembre 1958.

Autre exemple : L'Irak :

la communauté juive (110.000 personnes en 1948) était bien enracinée dans le pays. Le grand Rabbin d'Iraq, Khedouri Sassoon, avait déclaré : << Les Juifs et les Arabes ont joui des mêmes droits et privilèges depuis mille ans et ne se considèrent pas comme des éléments séparés dans cette nation. >>

Alors, commencèrent les actions terroristes israéliennes, en 1950, à Bagdad. Devant les réticences des Juifs irakiens à s'inscrire sur les listes d'immigration vers Israël, les services secrets israéliens n'hésitèrent pas, pour convaincre les Juifs qu'ils étaient en danger, à jeter contre eux des bombes... L'attaque contre la synagogue Shem-Tov tua trois personnes et en blessa des dizaines >>. Ainsi commença l'exode baptisé: "Opération Ali Baba".

Source : "Ha'olam hazeh". 20 avril et 1er juin 1966. et "Yediot Aharonoth " du 8 novembre 1977.

Il y a là une doctrine constante depuis que Théodore Herzl avait remplacé la définition du juif non plus par sa religion, mais par sa race.

L'article 4b de la loi fondamentale de l'État d'Israël (qui n'a pas de Constitution), et qui définit la "Loi du retour" (5710 de 1950) stipule : << est considéré comme juive une personne née d'une mère juive, ou convertie. >> (Critère racial ou critère confessionnel).

Source : Klein : "L'État juif ", éd. Dunod. Paris. p. 156.

Ceci était dans la droite ligne de la doctrine fondatrice de Théodore Hertzl. Il ne cesse d'y insister dans ses "Mémoires" (Diaries) Dès 1895, il précise à un interlocuteur allemand (Speidel), << Je comprends l'antisémitisme. Nous, les Juifs, nous sommes restés, même si ce n'est pas de notre faute, des corps étrangers dans les diverses nations. >>.

Source : "Diaries" p. 9.

A quelques pages de là il est plus explicite encore : << Les antisémites deviendront nos amis les plus sûrs, les pays antisémites nos alliés. >>

Source : "Diaries" p. 19.

Le but était en effet commun : rassembler les Juifs dans un ghetto mondial.

Les faits ont donné raison à Théodore Hertzl.

Les Juifs pieux, comme d'ailleurs beaucoup de chrétiens, répétaient chaque jour : << L'an prochain à Jérusalem >>., Ils faisaient de Jérusalem non pas un territoire déterminé, mais le symbole de l'Alliance de Dieu avec les hommes, et de l'effort personnel pour la mériter. Mais le "Retour" ne se produisit que sous l'impulsion des menaces antisémites en provenance des pays étrangers.

Le 31 août 1949, s'adressant à un groupe d'Américains en visite en Israël, Ben Gourion déclarait : << Bien que nous ayons réalisé notre rêve de créer un État juif, nous en sommes encore au début. Il n'y a aujourd'hui que 900 000 Juifs en Israël, tandis que la majorité du peuple juif se trouve encore à l'étranger. Notre tâche future est d'amener tous les Juifs en Israël. >>

L'objectif de Ben Gourion était d'amener en Israël quatre millions de Juifs entre 1951 et 1961. Il en vint 800 000. En 1960 il n'y avait, pour l'année, que trente mille immigrés. En 1975-76 l'émigration hors d'Israël dépassait l'immigra-tion.

Seules les grandes persécutions, comme celles de Roumanie, avaient donné une certaine impulsion au "Retour".

Même les atrocités hitlériennes ne réussirent pas à exaucer le rêve de Ben Gourion.

Parmi les victimes juives du nazisme qui se sont réfugiées à l'étranger entre 1935 et 1943, à peine 8,5% sont allées s'installer en Palestine. Les États-Unis limitèrent leur accueil à 182 000 (moins de 7%), l'Angleterre à 67 000 (moins de 2%). L'immense majorité, c'est-à-dire 75%, trouva refuge en Union Soviétique.

Source : "Institute for Jewish affairs" de New York, repris par Christophe Sykes dans "Crossroads to Israël", Londres, 1965, et par Nathan Weinstock, Le sionisme contre Israël, p. 146.

2. Le mythe de la justice de Nuremberg



<< Ce tribunal représente une continuation des efforts de guerre des nations alliées. >>

Source : Robert H. Jackson, Procureur général des États-Unis (séance du 26 juillet 1946)

Le 8 août 1945, les dirigeants américains, anglais, français et russes, se réunirent à Londres pour mettre au point << la poursuite et le châtiment des grands criminels de guerre des puissances européennes de l'Axe, >> en créant un << Tribunal militaire international >> (article I, a).

Les crimes étaient définis au Titre II, article 6.

1 - "Crimes contre la paix" concernant ceux qui étaient responsables du déclenchement de la guerre.

2 - "Crimes de guerre" pour la violation des lois et coutumes de la guerre.

3 - "Crimes contre l'humanité" c'est-à-dire essentiellement contre les populations civiles.

La constitution d'une telle juridiction appelle déjà quelques remarques :

1 - Ce n'est pas un tribunal international puisqu'il n'est constitué que par les vainqueurs et que, par conséquent, ne seront retenus que les crimes commis par les vaincus... Comme le reconnaîtra, avec juste raison, le Procureur général des États-Unis, Robert H. Jackson, qui présidait l'audience du 26 juillet 1946 : << Les Alliés se trouvent encore techniquement en état de guerre avec l'Allemagne... En tant que tribunal militaire, ce tribunal représente une continuation des efforts de guerre des nations alliées. >>

2 - Il s'agissait donc d'un tribunal d'exception constituant le dernier acte de la guerre, et excluant, par son principe même, toute responsabilité des vainqueurs -- d'abord, dans le déclenchement de la guerre. L'on excluait d'avance tout rappel de ce qui en fut la source première : à Nuremberg l'on ne posa pas la question de savoir si le Traité de Versailles, avec toutes ses conséquences, en particulier la multiplication des faillites, et surtout le chômage, n'avait pas permis l'ascension d'un Hitler par l'assentiment d'une majorité du peuple allemand. Par exemple, en imposant à l'Allemagne vaincue de 1918, (la seule loi du plus fort faisant déjà figure de "droit") de payer, à titre de réparation, 132 milliards de marks-or (l'équivalent de 165 milliards de francs or) alors qu'à cette époque la fortune nationale de l'Allemagne était évaluée à 260 milliards de marks or.

L'économie allemande s'en trouva ruinée et le peuple allemand réduit au désespoir par la faillite, l'effondrement de la monnaie, et surtout le chômage, qui permirent l'ascension de Hitler en lui donnant les plus faciles arguments pour soutenir son mot d'ordre majeur : annuler le Traité de Versailles avec son cortège de misère et d'humiliation.

La meilleure preuve est la montée parallèle du chômage et des succès du "Parti national-socialiste" aux différentes élections :

I. De 1924 à 1930

Dates

Voix obtenues

%

Sieges

Nb de chomeurs

14/5/24

1 918 000

6,6

32

320 711

7/12/24

908 000

3

14

282 645

20/5/28

810 000

2,6

12

269 443

 

II. De 1930 à 1933

Dates

Voix obtenues

%

Sieges

Nb de chomeurs

14/4/30

6 407 000

18,3

107

1 061 570

31/7/32

13 779 000

37,3

230

5 392 248

6/11/32

11 737 000

33,1

196

5 355 428

5/3/33

17 265 800

43,7

288

5 598 855



Puis lorsque Hitler obtint, avec ses alliés politiques, la majorité absolue au Reichstag, l'aide apportée à son réarmement par les hommes du dollar, de la livre et du franc. Non seulement la "Caisse centrale de propagande" du parti d'Hitler était alimentée par la banque allemande Schreider, mais, le réarmement fut largement financé par les grands trusts américains, anglais et français.

Ce fut le cas du Consortium chimique américain Dupont de Nemours et du trust anglais Imperial Chemicals Industry, qui subventionnaient l'I.G. Farben avec laquelle ils s'étaient partagés le marché mondial de la poudre, et de la Banque Dillon de New-York qui subventionnait le Vereinigte Stahlwerke, trust allemand de l'acier. D'autres étaient subventionnés par Morgan ou Rockfeller, etc...

Ainsi la Livre et le Dollar participèrent-ils au complot qui porta Hitler au pouvoir.

Pour la France, sur une demande adressée au Ministre de l'Économie nationale, par le Sénateur Paul Laffont, sur les quantités de minerai de fer exportées en Allemagne depuis 1934, la réponse fut la suivante :

<< Les quantités de minerai de fer (Ndeg. 204 du tarif des douanes) exportées à destination de l'Allemagne au cours des années 1934, 1935, 1936 et 1937, sont consignées dans le tableau ci-après :

Année

Quantités (en quintaux métriques)

1934

17.060.916

1935

58.616.111

1936

77.931.756

1937

71.329.234


Source : Journal officiel de la République française du 26 mars 1938.


Mais ni les dirigeants des groupes Dupont de Nemours, Dillon, Morgan, Rockfeller, ni François de Wendel, ne furent interpellés à Nuremberg sur le chapitre consacré au "complot contre la paix".

Note : Les États-Unis produisirent près de 135.000 tonnes d'agents chimiques toxiques durant la guerre, l'Allemagne 70.000 tonnes, le Royaume-Uni 40.000 tonnes et le Japon 7.500 tonnes.


*


L'on invoque souvent les imprécations de Hitler et des principaux dirigeants nazis contre les communistes et les juifs.

En particulier le chapitre XV du second volume de "Mein Kampf" où Hitler évoque le passé : celui de la guerre des gaz initiée par les Anglais lors de la Première guerre mondiale, chapitre qui s'intitule : "Le droit de légitime défense":

<< Si l'on avait, au début et au cours de la guerre, soumis une seule fois douze ou quinze mille de ces Hébreux corrupteurs du peuple aux gaz toxiques que des centaines de milliers de nos meilleurs travailleurs allemands de toute origine et de toute profession ont dû endurer sur le front, le sacrifice de millions d'hommes n'eût pas été vain. Au contraire, si l'on s'était débarrassé à temps de ces quelques douze mille coquins, on aurait peut-être sauvé l'existence d'un million de bons et braves Allemands pleins d'avenir. >>

Dans un discours devant le Reichstag, le 30 janvier 1939, il dit aussi :

<< Si les milieux juifs internationaux de la finance à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe devaient réussir à précipiter une nouvelle fois les peuples dans une guerre mondiale, le résultat ne serait pas la bolchevisation de la terre avec pour corollaire la victoire du judaïsme, mais l'anéantissement (Vernichtung) de la race juive en Europe..... Car l'époque où les peuples non juifs étaient livrés sans défense à la propagande est révolue. L'Allemagne national- socialiste et l'Italie fasciste possèdent désormais les institutions qui permettent, chaque fois qu'il est nécessaire, d'éclairer le monde sur les tenants et les aboutissants d'une question que de nombreux peuples pressentent instinctivement, sans pouvoir se l'expliquer scientifiquement.

Les juifs peuvent bien poursuivre leur campagne de harcèlement dans certains États, protégés qu'ils sont par le monopole qu'ils exercent sur la presse, le cinéma, la propagande radiophonique, les théâtres, la littérature, et j'en passe. Pourtant, si ce peuple devait réussir une nouvelle fois à précipiter des millions de personnes dans un conflit totalement absurde pour elles, bien qu'il puisse
être profitable aux intérêts juifs, alors se manifesterait l'efficacité d'un travail d'explication qui a permis en quelques années, dans la seule Allemagne, d'abattre complètement (restlos erlegen) le judaïsme. >>

Source : I.M.T. Vol. XXXI, p. 65.

Le 30 janvier 1941, Hitler dit à l'ensemble des juifs d'Europe qu'ils <<auraient fini de jouer leur rôle, en cas de guerre généralisée >>. Puis dans un discours du 30 janvier 1942, il aurait déclaré que la guerre verrait <<l'annihilation du judaïsme en Europe >>.

Le testament politique d'Hitler publié par le Tribunal Militaire International de Nuremberg abonde dans ce sens. On y lit notamment :

<< Mais je n'ai laissé subsister aucun doute là-dessus si ces comploteurs internationaux du monde de l'argent et de la finance se remettent à traiter les peuples d'Europe en paquets d'actions, ce peuple qui est le vrai responsable de ce conflit meurtrier aura à rendre des comptes : les juifs ! (Das Judentum!)

Je n'ai laissé personne dans l'incertitude du sort qui attend celui par qui des millions d'enfants des peuples aryens d'Europe devraient mourir de faim, des millions d'hommes adultes devraient périr et des centaines de milliers de femmes et d'enfants seraient brûlés et succomberaient aux bombardements dans leur ville. Même si ce doit être avec des moyens plus humains, le coupable devra expier sa faute.
 >>

Hitler parle de détruire une "influence"; Himmler parle plus directement de détruire des personnes.

Voici, par exemple, ce que disait Himmler dans un discours adressé à des commandants des forces navales à Weimar, le 16 décembre 1943 :

<< Quand n'importe où, j'ai été forcé de donner dans un village l'ordre de marcher contre des partisans et contre des commissaires juifs, alors, j'ai systématiquement donné l'ordre de faire également tuer les femmes et les enfants de ces partisans et commissaires. >>

Plus tard, parlant devant des généraux, le 5 mai 1944, à Sonthofen, il ajoutait :

<< Dans ce conflit avec l'Asie, nous devons prendre l'habitude d'oublier les règles du jeu et les moeurs en usage au cours des guerres européennes passées, bien qu'elles nous soient devenues chères et conviennent mieux à notre mentalité. >>

Cette sauvagerie n'était malheureusement pas l'apanage d'un seul camp.

Le 4 septembre 1940, Hitler déclare au "Sportpalast":

<< Si l'aviation anglaise jette trois ou quatre mille kilogs de bombes, nous en jetterons cent, cent cinquante, deux cents, trois cents, quatre cents mille kilogs et plus encore en une seule nuit. >>

Ceci constitue une folle exagération des possibilités de bombardement stratégique de la Luftwaffe, mais montre quel degré de haine contre les peuples l'on soulevait dans les deux camps.

En réponse, Clifton Fadiman, éditeur du magazine hebdomadaire "New Yorker", et figure de proue des "Writers War Board", agence littéraire semi-officielle du gouvernement, demandait en 1942, aux écrivains << de susciter une haine ardente contre tous les Allemands et pas seulement contre les dirigeants nazis. >>

Ces propos soulevant une controverse, Fadiman poursuivit : << la seule façon de se faire comprendre des Allemands est de les tuer. Et encore je pense qu'ils ne comprendront pas. >>

En avril 1942, faisant l'éloge d'un livre de De Sales "The making of tomorrow" ("Préparer demain") il développe sa conception raciste et il écrit: << l'actuelle agression nazie n'est pas l'oeuvre d'un groupe de gangsters mais plutôt l'expression finale des plus profonds instincts du peuple allemand. Hitler est l'incarnation de forces plus grandes que lui. L'hérésie qu'il prêche est vieille de 2.000 ans. Quelles est cette hérésie ? Ni plus ni moins que la rébellion contre la civilisation occidentale qui commence avec Arminius... les dimensions de cette guerre apparaissent alors avec une grande clarté... >>

Il approuvait la suggestion d'Hemingway : << la seule solution finale (the only ultimate settlement) serait de stériliser les nazis, au sens chirurgical du mot >>.

Il ridiculisait Dorothy Thomson qui faisait une distinction entre les nazis et les autres Allemands.

Ce n'était pas une opinion isolée. Après le discours d'Hitler au "Sportpalast" le "Daily Herald" de Londres publiait un article du Révérend C.W.Wipp déclarant :

<< le mot d'ordre doit être : "les balayer" et, pour cela, concentrer notre science dans la découverte de nouveaux et plus terrifiants explosifs... Un Ministre de l'Évangile ne doit peut-être pas se laisser aller à de tels sentiments, mais je dis franchement que, si je le pouvais, je rayerais l'Allemagne de la carte. C'est une race diabolique qui a été la malédiction de l'Europe pendant des siècles. >>

Heureusement des protestations s'élevèrent, contre de telles aberrations en Angleterre où le peuple, pas plus que le peuple allemand et sa haute culture, ne pouvaient être confondus avec des dirigeants sanguinaires et des aboyeurs de la haine et de la mort.

Dès le mois de janvier 1934, le dirigeant sioniste Wladimir Jabotinsky déclarait au journal juif "Natscha Retsch" :

<< Nos intérêts juifs exigent l'anéantissement définitif de l'Allemagne, le peuple allemand dans sa totalité représente pour nous un danger. >>

Churchill, pour sa part, confia à Paul Reynaud, le 16 mai 1940 :

<< Nous affamerons l'Allemagne. Nous démolirons ses villes. Nous brûlerons ses récoltes et ses forêts. >>

Source : Paul Baudouin, "Neuf mois au gouvernement". La Table Ronde, 1948, p. 57.

En 1942, le Ministre Britannique Lord Vansittart, véritable apôtre de la haine, pour justifier la terreur des bombardements britanniques :

<< Les seuls bons Allemands sont les Allemands morts ; donc, que les bombes pleuvent ! >>

En juillet 1944, Winston Churchill adressait à son chef d'État-major, le général Hastings Imay, un mémorandum de quatre pages où il proposait le projet suivant :

<< Je veux que vous réfléchissiez très sérieusement à cette question des gaz asphyxiants ...

Il est absurde de prendre en compte la moralité dans cette affaire alors que tout le monde les a mis en oeuvre (les gaz asphyxiants) durant la dernière guerre sans qu'il y ait protestation de la part des moralistes ou de l'Église. D'un autre côté, à cette époque-là, le bombardement de villes ouvertes était considéré comme interdit ; aujourd'hui tout le monde le pratique comme une chose qui va de soi. Il s'agit tout simplement d'une mode, comparable à l'évolution de la longueur des jupes des femmes....

Je veux qu'on examine froidement combien ça paierait d'utiliser des gaz asphyxiants... On ne doit pas se laisser lier les mains par des principes niais,...

Nous pourrions inonder les villes de la Ruhr et bien d'autres villes en Allemagne de telle sorte que la majorité de la population requerrait des soins médicaux constants... Il faudra attendre peut-être quelques semaines ou même quelques mois avant que je vous demande d'inonder l'Allemagne de gaz asphyxiants et, si nous le faisons, allons-y carrément. En attendant je voudrais que cette question soit examinée froidement par des gens sensés et pas par une équipe en uniforme de chanteurs de psaumes rabat-joie comme on en croise ici et là.
 >>

Source : "American heritage" ndeg. d'août - septembre 1985.

Ni Churchill, ni Staline, ni Truman ne furent assis au banc des criminels de guerre.

Pas plus d'ailleurs que ne furent mis en cause les auteurs des plus ignobles appels au crime. Pour n'en citer que deux exemples parmi les plus délirants: l'appel à un "génocide", cette fois au vrai sens du mot, lancé en 1942, par le livre du Juif américain Theodor Kaufman : "Germany must perish" ("l'Allemagne doit périr") dont la thèse maîtresse est la suivante : <<les Allemands (quel qu'ils soient : antinazis, communistes, ou même philosémites) ne méritent pas de vivre. En conséquence, dit-il, après la guerre on mobilisera 20.000 médecins pour stériliser chacun 25 allemands ou allemandes par jour, de sorte qu'en trois mois il n'y ait plus en seul allemand capable de reproduire, et qu'en 60 ans la race allemande soit totalement éliminée. >>

Ce fut une aubaine pour nourrir l'antisémitisme : Hitler fit lire des extraits de ce livre par tous les postes de radio. Ou encore "l'Appel à l'Armée Rouge", publié par l'écrivain soviétique Ilya Ehrenbourg, en octobre 1944 :

<< Tuez, tuez ! Chez les Allemands, il n'y a pas d'innocents, ni parmi les vivants, ni parmi ceux à naître ! Exécutez les Instructions du camarade Staline en écrasant pour toujours la bête fasciste dans son antre. Brisez par la violence l'orgueil des femmes germaniques. Prenez-les en butin légitime. Tuez, tuez, vaillants soldats de l'Armée Rouge, dans votre assaut irrésistible. >> (Cité par l'Amiral Doenitz, "Dix ans et 20 jours", p. 343-44).

Ceux-là non plus ne figuraient pas parmi les accusés de Nuremberg, pas plus que les chefs d'État qui les avaient couverts.

Ni les responsables anglo-américains du bombardement de Dresde, qui fit 200.000 victimes civiles, et sans aucun intérêt militaire, puisque l'Armée soviétique avait dépassé ses objectifs.

Ni le coupable, Truman, de l'Apocalypse atomique d'Hiroshima et de Nagasaki qui fit 300.000 victimes civiles, là aussi sans nécessité militaire puisque la reddition du Japon était déjà décidée par l'Empereur.

Ni Beria et Staline, par exemple, qui rejetaient sur les Allemands le massacre de milliers d'officiers polonais à Katyn.

*

Les méthodes de la procédure relevaient des mêmes principes (ou plutôt de la même absence de principes) que le choix des accusés parmi les seuls vaincus.

Le statut de ce tribunal est ainsi défini

* Article l9 : le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves. Il adoptera et appliquera autant que possible une procédure rapide (la version anglaise dit : "expéditive") et non formaliste, et admettra tout moyen qu'il estimera avoir une valeur probante.

* Article 21 : le Tribunal n'exigera pas que soit apportée la preuve des faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. Il considère également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des gouvernements des Alliés.

Tel est le monstre juridique, dont les décisions doivent être canonisées et tenues pour critères d'une intouchable vérité historique, selon la loi Gayssot-Fabius du 13 juillet l990.

Ce texte insère en effet dans la loi sur la liberté de la presse de 1981, un article 24 bis, disant : Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l'article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l'article 23, l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité tels qu'ils sont définis par l'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de l'article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale.

Le tribunal pourra en outre ordonner :

1. L'affichage de sa décision dans les conditions prévues par l'article 51 du Code pénal;

2. La publication de celle-ci ou l'insertion d'un communiqué dans les conditions prévues par l'article 51-1 du Code pénal, sans que les frais de publication ou d'insertion puissent excéder le maximum de l'amende encourue.
*

Une telle procédure du Tribunal de Nuremberg souleva des objections même chez les juristes américains du plus haut niveau : ceux de la Cour Suprême

A commencer par le Juge Jackson qui en fut le Président. L'historien anglais David Irving, qui reconnaît l'avoir d'abord mal jugé, apporte ce témoignage :

<< Des juristes de renom, dans le monde entier, eurent honte de la procédure de Nuremberg. Certainement, le Juge Robert H. Jackson, Président américain des accusateurs avait honte de ces procédés ; cela est évident dans son "journal personnel" que j'ai lu.

<< J'ai eu le privilège d'avoir accès aux "Mémoires" (du juge Jackson) à la Bibliothèque du Congrès... Peu de temps après que Robert H. Jackson ait reçu du Président Truman la tâche de diriger les juges américains, au procès de Nuremberg (mai 1945), il eut connaissance des plans américains sur le bombardement par bombes atomiques, il se trouva mal à l'aise dans la tâche qui lui était confiée : poursuivre, au nom d'une nation, des actes qu'elle a elle-même commis, car il était conscient que les États-Unis allaient commettre un crime plus grand encore. >> (33.9392 et 9394).

Se référant au livre d'Alpheus Thomas Mason sur Harlan Fiske Stone : "Pilier de la loi" (Harlan Fiske Stone était Chief Justice of the Supreme Court of United States), l'avocat Christie cite la page 715 de ce livre, ou Stone écrit au Directeur du magazine "Fortune" que, non seulement il désavoue une telle procédure, mais considère qu'il s'agit d'un "lynchage à grande échelle" (high-grade lynching party in Nuremberg). (5. 995-996) p. 716.

Le juge Wennerstrum, de la Cour Suprême des États-Unis, Président de l'un des tribunaux (23.5915 - 5916) fut si dégoûté par la procédure qu'il refusa sa nomination et retourna en Amérique où il exposa au "Chicago Tribune" ses objections : 60% des membres de la direction du procès étaient juifs, les interprètes également.

<< Quant aux principaux accusés : Höss, Streicher, Pohl, ils ont été torturés. >> (23.5919)

En vertu des statuts de Nuremberg, acceptant comme preuves toutes les déclarations des alliés, le rapport soviétique sur Katyn, accusant les Allemands du massacre de 11.000 officiers polonais a été accepté comme "preuve authentique", indiscutable, le 8 août 1945, par les vainqueurs.

Source : Document URSS 54, dans le volume 39 du T.M.I. (p. 290 . 32)

Le Procureur général soviétique, le Général Rudenko put dire que, d'après l'article 21 du Statut du Tribunal de Nuremberg << il ne saurait faire l'objet de contestation. >> (XV, p. 300).

Le 13 avril 1990 la presse internationale annonçait que le crime de Katyn avait pour auteur Beria et les autorités soviétiques. Le Professeur Naville, de l'Université de Genève, examinant les cadavres, avait trouvé dans leurs poches des documents de 1940 prouvant que l'exécution avait eu lieu à cette date. En 1940 la région de Smolensk était occupée par les soviétiques.

*

Pour nous en tenir à notre thème : "Les mythes fondateurs de l'État d'Israël", nous nous attacherons à examiner l'une des contrevérités qui exercent encore, après plus d'un demi-siècle, le plus de ravages dans le monde actuel et pas seulement au Proche-Orient : "le mythe des 6 millions de Juifs exterminés" devenu un dogme justifiant, sacralisant (comme l'implique le mot même d'"Holocauste") toutes les exactions de l'État d'Israël en Palestine, dans tout le Proche-Orient, aux États-Unis et, à travers les États-Unis, dans toute la politique mondiale, en les plaçant au-dessus de toute loi internationale.

Le Tribunal de Nuremberg a officialisé ce chiffre, qui n'a cessé, depuis lors, de servir à manipuler les opinions publiques, dans la presse, écrite ou parlée, dans la littérature et le cinéma, et jusque dans les manuels scolaires.

Or, ce chiffre ne s'appuie que sur deux témoignages : celui de Hoettl et un autre de Wisliceny.

Voici ce que déclara le premier :

<< En avril 1944, dit aux juges de Nuremberg, I'Obersturmbannführer Dr Wilhelm Hoettl, chef du bureau adjoint de la section IV de l'Office central de sécurité du Reich, le S.S. Obersturmbannführer Adolf Eichmann que je connaissais depuis 1938 eut un entretien avec moi dans mon appartement à Budapest... Il savait qu'il était considéré comme criminel de guerre par les Nations Alliées puisqu'il avait des milliers de vies juives sur la conscience. Je lui demandais combien il y en avait et il me répondit que, bien que le nombre fût un grand secret, il me le dirait parce que des renseignements qu'il possédait, il était arrivé à la conclusion suivante : dans les différents camps d'extermination environ 4 millions de juifs avaient été tués alors et que deux millions avaient trouvé la mort d'une autre manière.>>

Source : Procès de Nuremberg, tome IV, p. 657.

Et le second :

<< Il (Eichmann) disait qu'il sauterait en riant dans la tombe, car l'impression d'avoir cinq millions de personnes sur la conscience serait pour lui la source d'une extraordinaire satisfaction. >> (Op. cit.).

De ces deux témoignages, M. Poliakov lui-même dit :

<< Il serait possible d'objecter qu'un chiffre si imparfaitement étayé doit être considéré comme suspect. >>

Source : Revue d'Histoire de la seconde guerre mondiale, oct. 1956.

Le journal hébraïque de New York "Der Aufbau" du 30 juin 1965 signale qu'à cette date 3 millions et 375.000 personnes avaient effectué des demandes de "réparation" au titre des dommages subis au temps de la domination d'Hitler.

Ajoutons que le principal "témoignage", le plus complet et le plus précis, est celui de Hoettl, agent de l'Intelligence Service.

Source : la revue anglaise "Week end" du 25 janvier 1961, portant sur sa couverture le portrait de Hoettl, avec cette légende :

<<"Histoire d'un espion" plus étrange que la fiction : cet ami de dirigeants nazis avait pour patron un homme des services secrets britanniques.>>.

Confirmant les objections des grands juristes de la Cour Suprême des États-Unis et de bien d'autres, sur les anomalies juridiques du "Tribunal de Nuremberg" nous donnerons seulement, à titre d'exemples, les violations des règles constantes de la procédure de tout procès véritable :

1 - L'établissement et la vérification de l'authenticité des textes produits;

2 - L'analyse de la valeur des témoignages et des conditions dans lesquelles ils furent obtenus;

3 - L'examen scientifique de l'arme du crime pour établir son fonctionnement et ses effets.

a) Les textes



Les textes fondamentaux, décisifs pour établir ce que pouvait être "la solution finale" sont d'abord les ordres d'extermination attribués aux plus hauts responsables : Hitler, Goering, Heydrich, Himmler, et les directives données pour leur exécution.

D'abord la directive de Hitler sur l'"extermination".

Malgré les efforts des théoriciens du "génocide" et de "l'Holocauste", il n'en fut jamais trouvé aucune trace : Madame Olga Wormser-Migot écrit dès 1968 :

<< Pas plus qu'il n'existe d'ordre écrit en clair d'extermination par les gaz à Auschwitz, n'existe d'ordre de les cesser en novembre 1944. >>Elle précise : << ni au procès de Nuremberg, ni au cours des procès de zone, ni au procès de Höss à Cracovie, d'Eichmann en Israël, ni au procès des commandants de camps, ni de novembre 1966 à août 1975, au procès de Francfort (accusés d'Auschwitz de seconde zone) n'a été produit le fameux ordre signé de Himmler, du 22 novembre 1944, sur la fin de l'extermination des juifs par les gaz, l'ordre de mettre fin à la "Solution finale". >>

Source : Olga Wurmser-Migot. "Le système concentrationnaire nazi". P U F 1968. 544 et p. 13.

Le Docteur Kubovy, du "Centre de Documentation" de Tel-Aviv, reconnaît, en 1960 : << il n'existe aucun document signé par Hitler, Himmler ou Heydrich parlant d'exterminer les juifs... le mot "extermination" n'apparaît pas dans la lettre de Goering à Heydrich concernant la solution finale de la question juive. >>

Source : Lucy Dawidowicz, "The war against the jews" (1975) p. 121.

Après un colloque tenu à la Sorbonne, à Paris, en février 1982, pour combattre les travaux critiques des "révisionnistes", Raymond Aron et François Furet avaient dû déclarer, au cours de la conférence de presse qui suivit la rencontre : << malgré les recherches les plus érudites, on n'a jamais pu trouver un ordre d'Hitler d'exterminer les Juifs. >>

En 1981, c'est l'aveu de Laqueur : << Jusqu'à aujourd'hui on n'a pas trouvé d'ordre écrit de Hitler en vue de détruire la communauté juive européenne et, selon toute probabilité, cet ordre n'a jamais été donné >>.

Source : Walter Laqueur : "The terrible secret", Francfort-sur-le-Main., Berlin., Vienne. 1981, p. 190.

Malgré tout cela il s'est trouvé, à l'instigation de Vidal-Naquet et de Léon Poliakov, d'autres historiens pour signer la déclaration suivante :

<< (...) Il ne faut pas se demander comment techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz. >>

- Il ne faut pas se demander...
- le point de départ obligé ...
- Il ne peut pas y avoir de débat...

Trois interdits, trois tabous, trois limites définitives à la recherche.

Un tel texte marque une date effectivement "historique" dans l'histoire de l'histoire : le "fait" qu'il s'agit d'établir est posé, avant toute recherche et toute critique, comme vérité absolue et intangible interdisant, par trois impératifs rédhibitoires, toute recherche et toute critique de ce qui a été une fois, au lendemain d'une victoire, jugé par les vainqueurs.

L'histoire doit pourtant, si elle entend respecter un statut scientifique, être une perpétuelle recherche, remettant en cause même ce que l'on croyait aussi définitivement établi que le postulat d'Euclide ou les lois de Newton.

En voici un exemple notoire :

<< Le Comité International d'Auschwitz prévoyait, en novembre 1990, de remplacer la plaque commémorative à Auschwitz, qui indiquait "4 millions de morts" par une autre portant la mention "plus d'un million de morts". Le docteur Maurice Goldstein, Président de ce comité, s'y opposa. >>

Source : "Le Soir", Bruxelles, du 19-20 octobre 1991, page 16.

En fait, le docteur Goldstein ne contestait nullement la nécessité de changer les anciennes plaques, mais il souhaitait que la nouvelle plaque ne comporte pas de chiffre, tant il savait qu'il serait probablement nécessaire à bref délai de réviser une nouvelle fois à la baisse le chiffre actuellement envisagé.

La plaque, à l'entrée du camp de Birkenau porta donc cette inscription jusqu'en 1994.

<< Ici, de 1940 à 1945, quatre millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont été torturés et assassinés par les génocides hitlériens. >>

Grâce à l'action du Comité international du Musée d'État que préside l'historien Wladislaw Bartoszewski, et comprenant vingt-six membres de toutes nationalités, le texte a été modifié dans un sens moins éloigné de la vérité :

<< Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d'hommes, de femmes, d'enfants, en majorité des juifs de divers pays d'Europe, soit à jamais pour l'humanité un cri de désespoir et un avertissement. >>

Source : Article de Luc Rosenzweig, dans "Le Monde" du 27 janvier 1995.

Cet exemple montre que l'histoire, pour échapper au terrorisme intellectuel des prédicateurs de la haine, exige une perpétuelle "révision". Elle est "révisionniste" ou bien elle est une propagande déguisée.

Revenons donc à l'histoire proprement dite, critique, "révisionniste", c'est-à-dire fondée sur l'analyse des textes, la vérification des témoignages, les expertises sur l'arme du crime.

Voici d'abord, ce qui, dans le programme du Parti national-socialiste, concerne les juifs.

Le problème des juifs est abordé au point 4 du Programme du Parti national-socialiste (N.S.D.A.P.)

<< Seuls peuvent posséder la nationalité allemande ceux qui sont des citoyens à part entière. Et, sont citoyens à part entière ceux qui ont du sang allemand, sans discrimination confessionnelle. Donc, aucun juif ne peut être citoyen à part entière. >>

Staatsbürger désignait le citoyen et Volksgenosse le citoyen à part entière en tant que membre d'une communauté homogène.

Plus loin nous voyons au point 5 :

<< Celui qui ne possède pas la nationalité allemande ne pourra vivre en Allemagne qu'en qualité d'hôte (Gast) et devra se soumettre à la législation en vigueur concernant le séjour des étrangers. >>

Puis, au point 7, il est question de l'interdiction de séjour dans le Reich, dans certaines conditions, de ceux qui ne possèdent pas la nationalité allemande ; au point 8, on exige l'arrêt de toute nouvelle immigration de non-Allemands ainsi que l'expulsion immédiate des non-Allemands entrés en Allemagne depuis le 2 août 1914. Ce dernier point est visiblement dirigé contre les juifs de l'Est, qui étaient arrivés en grand nombre dans le Reich pendant et après le Première Guerre mondiale.

Le point 23 aborde également ce problème : il stipule que les juifs n'auront pas le droit de travailler dans la presse, et le point 24 affirme que le Parti lutte contre l'"esprit matérialiste juif".

a - Les ordres d'Hitler sur l'extermination des juifs

Dans son livre "La destruction des juifs d'Europe" Raul Hilberg, en 1961 dans la première édition, écrit qu'il y eut deux ordres d'extermination donnés par Hitler : l'un au printemps de 1941 (entrée en Russie) et l'autre quelques mois plus tard.

Mais en 1985 << dans la deuxième édition, révisée, toutes les référence aux ordres ou aux décisions d'Hitler concourant à la "solution finale" ont été systématiquement supprimées >>

Source : "The Revised Hilberg". Simon Wiesenthal Annal (Vol, 3.1986. p. 294)

L'édition de 1961, indiquait, à la page 171 : << Comment apparut la phase décrétant la mort ? Essentiellement par deux décisions d'Hitler. Un ordre a été donné au printemps de 1941. >>

Dans quels termes ces ordres ont-ils été donnés ? Hilberg : << Selon le Général Jodl, qui écrivit le document que je cite, les termes étaient les suivants : Adolf Hitler a dit qu'il voulait que les commissaires bolcheviks juifs soient liquidés. C'est le premier point... Tel était le contenu de l'ordre décrit par le Général Jodl. >> (4-82)

Hilberg : << L'ordre était oral. >>

Ainsi : Hilberg a dit que le Général Jodl avait dit qu'Hitler avait dit...!

Dès ses premières diatribes antisémites et dans "Mein Kampf", Hitler proclame sa volonté d'expulser les juifs d'Allemagne. Nous ne retiendrons désormais des textes allemands que ceux employant l'expression "solution finale" afin d'en obtenir une définition précise.

Le 24 juin 1940, après la victoire sur la France, Heydrich évoque dans une lettre à Ribbentrop, Ministre des finances, "une solution finale territoriale" ("Eine territoriale Endlösung").

Source : Gerald Flemming. "Hitler und die Endlösung." Wiesbaden - Munich. 1982. p. 56.

Créer, hors de l'Europe, une "réserve" juive, et Ribbentrop suggère alors le "projet Madagascar".

En juillet 1940, le responsable aux affaires juives, Franz Rademacher, résume ainsi cette directive : << Tous les juifs hors d'Europe ! >>

Source : Joseph Billig. "La solution finale de la question juive." Paris, 1977. p. 58.

Cette "solution finale territoriale" répondait en effet à la situation nouvelle de l'Allemagne dominant désormais l'Europe : il ne suffisait plus d'expulser les juifs d'Allemagne.

Le responsable de ce projet de "solution finale" par la déportation de tous les juifs de l'Europe à Madagascar, Rademacher, fait observer que la réalisation exigera quatre ans et, au chapitre "Financement", il indique << La réalisation de la solution finale (Endlösung) proposée exige des moyens considérables.>>

Source : N.G. 2586.

b - Lettre de Goering à Heydrich du 31 juillet 1941

Heydrich demande à Goering : << en 1939, vous m'avez donné l'ordre de prendre des mesures concernant la question juive. Dois-je maintenant étendre la tâche que vous m'avez confiée alors aux nouveaux territoires dont nous nous sommes emparés en Russie... >>

Là encore, rien sur l'assassinat des juifs. Il s'agit seulement de leur transfert géographique, tenant simplement compte des conditions nouvelles (33.93739374).[1]

La seule "solution finale" consistait donc à vider l'Europe de ses juifs en les éloignant toujours plus jusqu'à ce que la guerre (à supposer qu'on la gagne), permette de les mettre tous dans un ghetto extérieur à l'Europe (comme le projet de Madagascar en avait été la première suggestion).

L'hypothèse du langage codé et secret est insoutenable car, pour d'autres crimes, les documents existent en clair : l'euthanasie, l'ordre de tuer les commandos britanniques, de lyncher les aviateurs américains, d'exterminer la population mâle de Stalingrad si on l'occupait. << Pour tous ces crimes les documents sont là. Alors que dans ce seul cas il n'y a rien, ni les originaux, ni les copies >>, ni, ajoutons-le, les directives ou les commandes nécessaires à l'exécution de si vastes directives. (33.9375- 9376).

<< En janvier 1942 Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, avait informé les dirigeants de Berlin que le Führer avait décidé l'évacuation de tous les juifs vers les territoires de l'Est, remplaçant ainsi la déportation au-delà des mers antérieurement projetée. >> (34-9544)

Dans une note qui circula en mars 1942, dans le bureau de Heydrich les ministres étaient informés que les juifs d'Europe devaient être concentrés à l'Est << en attendant qu'après la guerre ils puissent être envoyés dans un territoire éloigné, tel que Madagascar, qui serait leur foyer national.. >> (34- 9545 - 9546).

Poliakov note : << jusqu'à son abandon le "Plan Madagascar" fut parfois désigné par les dirigeants allemands sous le nom de "solution finale" de la "question juive">>.

Source : Poliakov. "Le Procès de Jérusalem" Paris. 1963, p. 152.

Pour maintenir à tout prix la thèse de l'extermination physique, il fallut donc trouver un subterfuge : << Solution finale du problème juif fut une des phrases conventionnelles pour désigner le plan hitlérien d'extermination des juifs européens. >>

Source : Gerald Reitlinger. "La solution finale" p. 19.

Il n'est d'ailleurs donné aucune justification à cette hypothèse d'un langage codé, qui permettait de faire dire ce que l'on veut à n'importe quel document. En voici 2 exemples : Le premier, la lettre de Goering du 31 juillet 1941 (un mois après la lettre d'Heydrich citée plus haut, la signification des mots aurait brusquement changé!).

Par cette lettre Goering complète ses directives à Heydrich : << En complément de la tâche qui vous a été assignée par décret du 24-1-1939, à savoir, d'obtenir pour la question juive par la voie de l'émigration et de l'évacuation la solution la plus avantageuse possible eu égard aux circonstances, je vous charge par la présente de procéder à tous les préparatifs nécessaires... pour aboutir à une solution d'ensemble (Gesamtlösung ) de la question juive dans la zone d'influence allemande en Europe.... Je vous charge de soumettre rapidement un projet d'ensemble (Gesamt-
entwurf) portant sur les mesures d'organisation et les dispositions concrètes et matérielles pour réaliser la solution finale à laquelle nous aspirons de la question juive. (Endlösung der Judenfrage.)
 >>

Source : Hilberg (op. cit.) 2ème édition p. 401 (N.G. 2586 - E. P. S. 710)

Il est significatif que, citant ce document (à la page 108 de son livre), Reitlinger coupe le début concernant l'émigration et l'évacuation, alors que cette lettre prescrit une nouvelle extension des mesures d'évacuation prises "eu égard aux circonstances" au temps où Hitler ne dominait que la Pologne en janvier 1939 et même pas encore la France, alors qu'en juillet 1941 il domine toute l'Europe.

La signification du texte de Goering est pourtant parfaitement claire dès le premier paragraphe : la politique d'émigration ou d'évacuation des juifs, pratiquée jusque là en Allemagne, doit s'étendre désormais, en raison des conquêtes nouvelles, à toutes les zones sous domination allemande en Europe. La "solution d'ensemble" tient compte de la situation nouvelle. Elle ne pourra être une "solution finale" qu'après la fin de la guerre, où, en cas de victoire totale en Europe, y compris en Russie, une évacuation finale, en Afrique ou ailleurs, permettra, selon l'objectif constant d'Hitler << de vider l'Europe de ses juifs >>.

En résumé, la directive de Goering à Heydrich, à moins de vouloir arbitrairement l'interpréter en fonction d'un schéma préconçu, ne fait qu'appliquer à l'Europe ce qui, jusque là, ne pouvait être appliqué qu'en Allemagne. Objectif sans aucun doute inhumain et criminel, mais qui ne comporte à aucun moment l'idée "d'extermination" que lui prête le Procureur de Nuremberg, Robert M.W. Kempner en déclarant : << Par ces lignes, Heydrich et ses collaborateurs étaient officiellement chargés du meurtre légal (des juifs) >>.

Goering, ayant protesté contre la traduction anglaise du mot allemand ("Gesamtlösung : solution d'ensemble) par "solution finale" (Endlösung), amena le Procureur Jackson à reconnaître la falsification et à rétablir l'expression véritable.

Source : I.M.T., IX, 575.

Dès le 24 juin 1940 Heydrich avait informé Ribbentrop de son désir de réaliser au plus tôt la "solution finale". Il écrivait :

<< Le problème global posé par la présence actuelle de quelques 3 millions 1/4 de juifs sur les territoires placés aujourd'hui sous la souveraineté allemande ne peut plus être résolu par l'émigration : une solution finale territoriale devient dès lors nécessaire. >>

Source : Pièce justificative ndeg. 464 du procès d'Eichmann à Jérusalem.

A la même époque Himmler avait adressé à Hitler un mémoire dont la conclusion était : << J'espère voir le question juive définitivment réglée grâce à l'émigration de tous les juifs vers l'Afrique ou dans une colonie. >>

Source : Vierteljahreshefte, 1957, 197.

Hitler se rallia à cette suggestion puisque le 10 février 1942, le responsable de la "Deutschland III", au Ministère des Affaires étrangères, Rademacher écrivait, dans une lettre officielle :

<< Entre-temps, la guerre contre l'Union Soviétique nous a permis de disposer de nouveaux territoires pour la solution finale. En conséquence, le Führer a décidé de déplacer les juifs non pas vers Madagascar, mais vers l'Est. Ainsi, il n'est plus besoin d'envisager Madagascar pour la solution finale. >>

Source : Document N.G. 3933, du procès de la Wilhelmstrasse, cité par Reitlinger. "The final solution" p. 79, où il "interprète" encore au sens de "fiction" ou "camouflage" sans en donner la moindre justification.

L'expression originale est en réalité die Gesamtlösung der Judenfrage ou la solution d'ensemble totale sur laquelle il n'y aurait plus à revenir. Mais Goering, qui l'employa pour la première fois dans le 1er paragraphe d'une lettre en date du 31-7-1941 par laquelle il donnait à Heydrich l'ordre de la préparer (P.S. 710 T. XXVI, p. 266) employa dans le dernier paragraphe l'expression die Endlösung der Judenfrage et, dans l'usage, ce fut celle-ci qui prévalut, mais dans le même sens et non pas dans celui de liquidation du problème par la liquidation de ceux qui en faisaient l'objet. Pris en flagrant délit de traduction tendancieuse par Goering lui-même, à Nuremberg le 20 mars 1946, le juge Jackson fut bien obligé d'en convenir (T. IX, p. 552). Mais, de cet incident, qui détruisait toute une théorie, la presse ne souffla mot.

Le deuxième exemple de ce changement arbitraire du sens des mots pour justifier une thèse est celui de la conférence du "Grand Wannsee", tenue à Berlin le 20 janvier 1942.

Dès le début de la conférence Heydrich rappelle qu'il vient d'être nommé << au poste de responsable chargé de la préparation de la solution finale de la question juive en Europe >> (Endlösung der europäischen Judenfrage)... il sera désormais responsable de l'ensemble des mesures nécessaires à la solution finale de la question juive sans considération de limites géographiques >> (souligné par moi R. G.).

Heydrich résume ensuite la politique anti-juive menée jusque là :

- a - Le refoulement des juifs hors des sphères vitales au peuple allemand.

- b - Le refoulement des juifs hors de l'espace vital du peuple allemand.

Du fait de l'avancée foudroyante de l'armée allemande sur le front de l'Est (Union Soviétique), Heydrich poursuit donc, en fonction de cette situation nouvelle : << Avec l'autorisation préalable du Führer, l'émigration a laissé place à une autre possibilité de solution : l'évacuation des juifs vers l'Est >> (souligné par moi : R. G.).

<<On ne saurait cependant considérer ces actions que comme des palliatifs, mais les expériences pratiques déjà recueillies en ce domaine sont d'une importance significative pour la future solution finale de la question juive.>>

Source : N.G. 2586 G.

Cette solution définitive ne pouvait en effet être réalisée qu'après la guerre et cette solution est toujours cherchée dans la même voie : l'expulsion de tous les juifs d'Europe. C'est ce que dit expressément Hitler à l'ambassadeur à Paris, Abetz : le Führer lui dit qu'il avait l'intention d'évacuer tous les juifs d'Europe après la guerre.

Source : "Documents on German Foreign Policy", 1918-1945. Series D. Vol. X. p. 484.

Le texte de Wannsee (20 janvier 1942)

<< Au cours de la solution finale les juifs seraient acheminés sous direction appropriée vers l'Est pour utiliser leur travail. Ils seront séparés selon les sexes. Les juifs capables de travailler seront conduits en grosses colonnes dans les régions de grands travaux pour construire des routes, et par conséquent sans aucun doute, un grand nombre succombera par sélection naturelle.

Ceux qui finalement resteront, qui, sans aucun doute, constituent l'élément le plus robuste, devront être traités en conséquence car ils représentent une sélection naturelle dont la libération doit être considérée comme la cellule germinale d'un nouveau développement juif. (comme le montre l'expérience de l'histoire...) 
>> (13-3133).

Irving : << J'ai lu les comptes-rendus du procès de la Wilhelm Strasse, le second, après celui de Nuremberg. Il y en eut ensuite douze. Aucun d'entre eux n'apporte le témoignage selon lequel on avait, à la conférence de Wannsee, discuté de la liquidation des juifs. >> (33-9372 - 9373)

Le Protocole de Wannsee est le compte rendu d'une conférence qui eut lieu le 20 janvier 1942 et à laquelle participèrent les Secrétaires d'État administrativement intéressés à la solution de la Question juive et les chefs des services chargés de l'exécution. Il s'agit là d'un texte où il n'est pas question de chambre à gaz ni d'extermination, mais seulement de transfert de juifs dans l'Est européen.

Ce compte rendu présente d'ailleurs toutes les caractéristiques d'un document apocryphe, si on s'en rapporte à la photocopie qui en a été publiée dans le livre de M. Robert N. W. Kempner, Eichmann und Komplizen, p. 132 et suivantes (Europa Verlag 1961) : pas de cachet, pas de date, pas de signature, caractères de machine à écrire normaux sur un papier de format réduit, etc...

De toutes façons, il n'y est pas question de chambres à gaz.

Dans les versions françaises qui en ont été données, on a par exemple traduit << die Zurückdrängung der Juden aus dem Lebensraum des deutschen Volkes >> par << l'élimination des Juifs de l'espace vital du peuple allemand >> en donnant dans le commentaire, au mot "élimination" le sens de "extermination" alors qu'il s'agit du << refoulement des Juifs hors de l'espace vital du peuple allemand >>. On a procédé de même en anglais et en russe.

Cependant, pour exprimer leur décision de refouler les Juifs hors de ce qu'ils appelaient leur espace vital, les Allemands employèrent plus volontiers d'autres expressions de même sens, comme Ausschaltung (exclusion, éviction, élimination) ou surtout Ausrottung (extirpation, déracinement). C'est ce dernier mot qui a été traduit par extermination qui, en allemand se dit Vernichtung. Exemple : dans son discours de Posen devant les Obergruppenführer (généraux de division des Waffen SS) le 4 octobre 1943, Himmler a dit : << Ich meine jetzt die Judenevakuierung, die Ausrottung des jüdischen Volkes... Das jüdische Volk wird ausgerotten. etc...>>. Précisant sa pensée dans la phrase suivante, il emploie le mot Ausschaltung... (P.S. 1919, T. XXIX p. 145). Autrement dit : << Je pense maintenant à l'évacuation des Juifs, a l'extirpation du peuple juif, etc... >> Mais dans le "Dossier Eichmann" M. Billig traduit : << J'entends par là l'évacuation des Juifs, l'extermination du peuple juif >> (p. 55) et << évacuation des Juifs, C'EST-A-DIRE extermination >> (p. 47).

Autre exemple : Dans une note du 16 décembre 1941, sur un de ses entretiens avec Hitler (P. S. 1517, T. XXVII, p. 270) Rosenberg emploie l'expression << Ausrottung des Judentums >>. A l'audience du 17 avril 1946, l'Avocat général américain Dodd traduit << Extermination des Juifs >> (Tome XI, p. 562). Rosenberg protesta en vain. Mais, dans les discours des nazis, l'expression << Ausrottung des Christentums >> qui revient souvent, est chaque fois traduite par << extirpation du Christianisme de la culture allemande >> (Cf. Revue d'Histoire de la Seconde guerre mondiale, 1er octobre 1958, p. 62). C'est seulement quand il s'agit du judaïsme (Judentum) ou du peuple juif (das jüdische Volk) que le mot "Ausrottung" signifierait extermination.

La conférence de Wannsee, du 20 janvier 1942, où l'on a prétendu, pendant plus d'un tiers de siècle, qu'y avait été prise la décision "d'exterminer" les Juifs européens, disparaît, à partir de 1984, de la littérature même des plus farouches ennemis des "révisionnistes". Sur ce point ils avaient dû, eux aussi, "réviser" leur histoire : c'était au Congrès de Stuttgart de mai 1984, où cette "interprétation" fut abandonnée.

Source : Eberhard Jackerl et Jurgen Rohwer. "Der Mord an den Juden im Zweiten Weltkrieg" ("Le meurtre des juifs pendant la deuxième guerre mondiale")

Source : D.V.A.. 1985 p. 67
.

En 1992, Yehuda Bauer écrit dans "The Canadian Jewish News" du 30 janvier que cette interprétation de Wannsee est "stupide" (silly).

Enfin le plus récent porte-parole des historiens orthodoxes antirévisionnistes, le pharmacien Jean-Claude Pressac, confirme cette nouvelle révision de l'orthodoxie. Il écrit, à la page 35 de son livre : "Les crématoires d'Auschwitz" (CNRS éditions, 1993) :

<< Le 20 janvier, se tenait à Berlin la conférence dite de Wannsee. Si une action de "refoulement" des Juifs vers l'Est fut bien prévue avec l'évocation d'une élimination "naturelle" par le travail, personne ne parla alors de liquidation industrielle. Dans les jours et les semaines qui suivirent, la Bauleitung d'Auschwitz ne reçut ni appel, ni télégramme, ni lettre réclamant l'étude d'une installation adaptée à cette fin. >>

Et même, dans sa "Chronologie récapitulative" il indique, à la date du 20 janvier 1942 : << Conférence de Wannsee sur le refoulement des Juifs vers l'Est. >>p. 114)

"L'extermination" a été révisée : il s'agit de "refou-lement".

Il est également remarquable que, dans tout ce livre qui se donne pour objectif de "prouver" la thèse de l'extermination il n'est pas question non plus du document qui, après celui de Wannsee, était, disait-on, le plus décisif : la lettre de Goering à Heydrich du 31 juillet 1941 dans laquelle on affirmait que "solution finale" signifiait "extermination", et non pas transfert hors d'Europe.

Lors du procès de Toronto, en 1988, il y eut aussi controverse sur le rôle des "Einsatzgruppen", sorte de corps francs désignés par le Haut commandement hitlérien pour anéantir les groupes de partisans qui se formèrent dès la foudroyante avance allemande sur Moscou, en 1941, et qui, derrière l'armée allemande, se donnèrent pour tâche de détruire les dépôts d'essence, les centres de ravitaillement, et les moyens de communication pour couper l'armée allemande de ses bases arrières.

Cette résistance se révéla si efficace qu'Hitler donna des ordres impitoyables aux "Einsatzgruppen" pour en abattre les dirigeants, les commissaires politiques.

Parmi ces commissaires politiques de nombreux Juifs jouèrent un rôle dirigeant dans lequel ils affrontaient la mort.

Au procès de Toronto, la participation de ces Juifs héroïques à la résistance contre l'hitlérisme, fut longuement évoquée.

L'avocat de Zündel, Christie, tint à faire préciser le sens des ordres nazis à ce sujet, par l'historien Hilberg.

Christie : l'ordre donné aux Einsatzgruppen  dit : Anéantir les commissaires bolcheviks juifs ? et vous vous interprétez que cela signifierait : " Anéantir le peuple juif et les commissaires juifs " ? Est-ce exact ?

Hilberg : Exact.

Christie : Il était donc dit, d'après vous-même, qu'il ne s'agissait pas de tuer les juifs, mais les commissaires politiques judéo-bolcheviks.

Hilberg : L'ordre est donné à Himmler de "résoudre le problème". (4-839)

Christie : Il s'agit du problème des commissaires politiques judéo-bolcheviks. Ce qui ne signifie pas : le problème juif... N'y avait-il pas une guerre entre le communisme et le nazisme ?

Hilberg : Oui, et les commissaires politiques, âme du système, devaient être fusillés.

Christie : Cela ne signifie pas tuer les juifs qui se trouvaient là. Hitler pensait-il que le bolchevisme était d'origine juive et que tous les commissaires étaient juifs ?

Hilberg : C'était de la propagande.

Mais c'était l'intention depuis le début, depuis le 22 juin 1941.

Christie : Il s'agit donc d'un article de foi pour vous ?

Hilberg : Non. Ce n'est pas un article de foi, c'est une certitude.

Christie : Pouvez- vous me montrer le second ordre de Hitler ?

Hilberg. : Je dis qu'il y a une directive décisive d'Hitler exposée par Goering à Heydrich le 31 juillet 1941... C'est le texte qui prépare la conférence de Wannsee.

Christie : C'était un ordre ou une lettre d'Hitler ?

Hilberg. : Non.

Christie : Vous avez écrit dans votre livre : << Hitler a donné ce deuxième ordre ? >> Est-ce exact ?

Hilberg : C'est exact

Christie revient sur la signification du mot "resettlement" (transfert) à l'Est. << Est-ce que cela signifie un ordre de tuer tous les juifs ? (4-855)

Hilberg : "Transfert" était le synonyme de "déporter les juifs dans les camps de la mort"?

Christie : N'y eut -il pas un plan de déportation des juifs à Madagascar?

*

L'historien anglais David Irving, au procès de Toronto, apporte sur la "solution finale" ces informations puisées à la source.

<<... La solution finale du problème juif consistait à les déporter en différents territoires. L'une des hypothèses fut Madagascar, surtout après la défaite de la France, mais la puissance des flottes britannique puis américaine rendit ce projet impossible à réaliser.

Le seul document que je possède est une conversation téléphonique du Premier ministre, Lammers, avec le Führer, au printemps 1942, et le Führer lui répondit que la solution finale ne serait décidée qu'après la fin de la guerre. >>

<< Heinrich Himmler écrit aux gauleiters que le Führer, Adolf Hitler, lui avait donné l'ordre de nettoyer l'Europe de ses juifs d'Ouest en Est, par étapes. C'était évidemment un ordre de déportation. >> (33-9351 et 9352).

Mais ceci ne comportait aucun ordre d'extermination des juifs.

Aucun ordre de ce genre n'a été donné, ni dans les archives dans le monde, y compris dans les archives juives qui ont coopéré avec moi. Je dois aussi souligner que, dans les archives britanniques, où nous avions déchiffré les codes allemands des unités S.S. opérant sur le front de l'Est, même avec ces machines anglaises à déchiffrer les codes nous n'avons déchiffré aucun code où Hitler donne l'ordre de tuer les juifs.
 >> Seuls ont pu le faire des historiens prétendant lire entre les lignes et donnant libre cours à leur indignation pour traduire (33-93.76).

*

L'avocat Christie cite la page 651 du livre d'Hilberg où il est écrit : << En novembre 1944 Himmler a décidé que pour toutes sortes de raisons pratiques, la question juive était résolue. Le 25 du même mois il ordonna le démantèlement de toutes les installations de mort. >>

Source : Témoignage de Kurt Becher. 8 mars 1946. P.S. 3762.

Hilberg reconnaît que ce n'était pas un ordre de Himmler (4-861 à 864) : << Becher l'a présenté probablement de mémoire dans son témoignage. Il n'avait donc pas besoin d'user du langage exact employé par Himmler. >>

Une fois de plus Hilberg dit que Becher a dit, qu'Himmler avait dit... (4.867)

Or voici qu'au terme de longues recherches historiques faites par des savants de toutes origines sous la pression des critiques révisionnistes, le Directeur de "L'Institut d'histoire du temps présent" au Centre National de la Recherche scientifique, Monsieur François Bedarida, résume ces travaux sur "L'évaluation des victimes d'Auschwitz". << La mémoire collective s'est emparée du chiffre de quatre millions - celui-là même qui, sur la foi d'un rapport soviétique, figurait jusqu'ici à Auschwitz sur le monument élevé à la mémoire des victimes du nazisme, - cependant qu'à Jérusalem le musée de Yad Vashem indiquait quant à lui un total très au-dessus de la réalité.

Pourtant, dès la fin de la guerre, la mémoire savante s'était mise au travail. De ses investigations patientes et minutieuses, il résultait que le chiffre de quatre millions, ne reposant sur aucune base sérieuse, ne pouvait être retenu.

Le tribunal, au demeurant, s'appuyait sur une affirmation d'Eichmann, soutenant que la politique d'extermination avait causé la mort de six millions de juifs, dont quatre millions dans les camps. Si maintenant l'on s'en rapporte aux travaux les plus récents et aux statistiques les plus fiables - c'est le cas de l'ouvrage de Raul Hilberg, la "Destruction des juifs d'Europe" (Fayard, 1988), on aboutit à environ un million de morts à Auschwitz. Un total corroboré par l'ensemble des spécialistes, puisque aujourd'hui ceux-ci s'accordent sur un nombre de victimes oscillant entre 950.000 au minimum et 1,2 million au maximum. >>

Source : "Le Monde", 23 juillet l990.

En fait, dans l'édition allemande de son livre, J.-C. Pressac descendra une nouvelle fois ce chiffre à 600.000, et la série des révisions n'est probablement pas terminée.

L'on n'en continue pas moins, après avoir officiellement réduit le nombre des victimes, à Auschwitz - Birkenau, de 4 à 1 million, à répéter le chiffre global: 6 millions de juifs exterminés, selon cette étrange arithmétique : 6 - 3 = 6.

Que la "solution finale" du problème juif ne trouvera sa solution qu'après la guerre c'est ce dont témoigne aussi le "Dossier brun" (Braun Mappe) de l'été 1941. Le paragraphe intitulé "Directives pour la solution de la question juive" précise : << Toutes les mesures concernant la question juive dans les territoires occupés de l'Est ne devant être prises qu'après la guerre, la question juive trouvera en Europe une solution générale. >>

Source : P.S. 702. Henri Monneray. "La persécution des juifs dans les pays de l'Est présentée à Nuremberg" C.D.J.C. 1949.

Cette mise au point ne comporte aucune atténuation des crimes d'Hitler, mais simplement le rappel d'une évidence qui n'a pas échappé même aux plus acharnés partisans de la thèse de l'"extermination": Hitler, dans les deux dernières années de la guerre, après Stalingrad, est aux abois : les alliés détruisent, par leurs bombardements, ses centres de production de guerre, désorganisent ses transports.

Il est acculé à mobiliser des effectifs nouveaux en dégarnissant ses usines, et il n'aurait eu que cette obsession fatale pour son effort de guerre, d'exterminer ses prisonniers et ses juifs, au lieu des les employer, fût-ce dans des conditions inhumaines, à travailler dans ses chantiers. Poliakov lui-même, dans son "Bréviaire de la haine" (p.3) souligne cette contradiction absurde : << Il est tellement plus économique de les affecter aux travaux les plus durs, les parquant, par exemple, dans une réserve. >> Mme Hannah Arendt montre aussi ce qu'avait de démentiel une telle opération : << Les nazis poussèrent carrément l'inutile juqu'au nuisible quand, en pleine guerre, et malgré la pénurie de matériaux de construction et de matériel roulant, ils dressèrent d'énormes et coûteuses entreprises d'extermination et organisèrent le transport de millions de gens... la contradiction manifeste entre cette façon d'agir et les impératifs militaires donne à toute l'entreprise un air fou et chimérique. >>

Source : Hannah Arendt. "Le système totalitaire" Paris, 1972, p. 182.

Ce qui est encore plus étrange, c'est que des esprits aussi subtils que ceux de Poliakov ou de Hannah Arendt, aient été à ce point obnubilés par leurs a priori, qu'ils n'aient pas mis en cause leurs hypothèses surréalistes et recouru aux documents et aux faits.

A Auschwitz-Birkenau, se trouvaient des implantations puissantes de Farben-industrie (chimiques), de Siemens (transports), de Portland (construction). A Monovitz (l'un des camps annexes d'Auschwitz) travaillaient 10.000 détenus, 100.000 ouvriers civils, et 1.000 prisonniers de guerre anglais.

Source : "German crimes in Poland" Varsovie, 1946, I. p. 37.

De 1942 à 1944, sur les 39 camps satellites d'Auschwitz, 31 utilisaient les détenus comme main d'oeuvre et 19 d'entre eux employaient une majorité de juifs.

Le 25 janvier 1942, Himmler adressait la directive suivante à l'inspecteur général des camps de concentration : << Préparez-vous à accueillir 100.000 juifs... D'importantes tâches économiques seront confiées aux camps de concentration dans les prochaines semaines. >>

Source : N.O. 020 - a..

En mai 44 Hitler ordonna d'utiliser 200.000 juifs comme ouvriers dans le programme de construction Jager et de l'organisation Todt.

Un ordre du S.S.W.V.H.A. du 18 novembre 1943 attribuait une prime aux détenus - même juifs - qui se seraient distingués au travail.

Source : Centre du Musée d'Auschwitz, 6 - 1962, p.78.

Il ne s'agit donc là de rien de "fou ou de chimérique", mais au contraire d'un réalisme implacable. Mais surtout cela constitue une réfutation supplémentaire des thèses "exterminationnistes".

b) Les témoignages



Au procès d'Auschwitz, qui eut lieu à Francfort, du 20 décembre 1963 au 20 août 1965, dans un vaste théâtre, comme il convient à une opération politique à grand spec- tacle, la formidable mise en scène judiciaire ne put éviter que dans l'exposé des motifs de son verdict, la Cour d'Assises fut amenée à reconnaître qu'elle disposait d'éléments dérisoires pour étayer son jugement.

<< Il manqua à la Cour presque tous les moyens d'information dont on dispose dans un procès criminel ordinaire pour se composer une image fidèle des faits, tels qu'ils se sont réellement produits au moment du meurtre. Il manquait les cadavres des victimes, les rapports d'autopsie, les conclusions des experts sur la cause du décès ; il manquait les traces laissées par les coupables, les armes du crime, etc... La vérification des témoignages ne fut possible que dans de rares cas. >>

Source : Page 109 de l'exposé des motifs du verdict.

L'arme du crime, c'était pourtant, selon les accusateurs, les "chambres à gaz". Et voici que les juges n'en trouvaient pas de "trace"!

Il suffisait sans doute d'un fait de "notoriété publique". Comme au temps du procès des sorcières, nul n'aurait osé mettre en doute leur "commerce charnel" avec le diable sans risquer d'aller soi-même au bûcher.

L'un des juristes envoyés par les États-Unis à Dachau devenu un camp américain et un centre de "procès contre les crimes de guerre", Stephen S. Pinter écrit :

<< J'ai vécu à Dachau pendant 17 mois après la guerre comme juge militaire des États-Unis, et je puis témoigner qu'il n'y eut pas de chambre à gaz à Dachau. Ce que l'on montre aux visiteurs est présenté de manière erronée comme une chambre à gaz, étant un four crématoire. Il n'y eut également aucune chambre à gaz dans les camps de concentration en Allemagne. On nous a dit qu'il y avait une chambre à gaz à Auschwitz, mais comme Auschwitz était dans la zone russe, nous n'avions pas, de la part des Russes, la permission de visiter... L'on faisait ainsi usage du vieux mythe de propagande selon lequel des millions de juifs ont été tués. Je peux affirmer, après 6 ans d'après-guerre passés en Allemagne et en Autriche, qu'il y eut beaucoup de juifs tués, mais que le nombre de 1 million ne fut certainement jamais atteint, et je me crois plus qualifié que quiconque à ce sujet. >>

Source : Lettre de Pinter à l'hebdomadaire catholique "Our Sunday visitor", 14 juin 1959 p. 15.

A défaut de preuves écrites, de documents irrécusables, le Tribunal de Nuremberg dut, comme toute la littérature romancée et les films ultérieurs, se fonder sur des "témoignages".

Les rescapés, appelés comme témoins, et qui ont authentifié l'existence de "chambres à gaz", l'ont fait non d'après ce qu'ils avaient vu, mais d'après ce qu'ils avaient "entendu dire".

Un exemple typique et illustre est celui du Docteur Benedict Kautzsky, qui succéda à son père à la direction du Parti social - démocrate autrichien.

Après avoir déclaré qu'à Auschwitz le maximum de survie était de trois mois (alors qu'il y fut détenu lui-même pendant 3 années), il écrit son livre : "Teufel und Verdammt" ("Le diable et le damné"), publié en Suisse en 1946, à propos des "chambres à gaz": << Je ne les ai pas vues moi-même, mais leur existence m'a été affirmée par tant de gens dignes de foi. >>

<< Ich will hier noch eine kurze Schilderung der Gaskammern einflechten, die ich zwar selbst nicht gesehen habe, die mir aber von so vielen glaubwürdig dargestellt worden sind...>>

Quelques uns furent tenus pour fondamentaux, notamment celui de Rudolf Höss, de Sauckel, de Nyiszli ("Médecin à Auschwitz").

Le témoin-clé, qui se révéla le témoin parfait pour "prouver" la thèse des vainqueurs déguisés en toges de juges, fut Rudolf Höss, ancien commandant du camp d'Auschwitz.

Le résumé qu'il donne, dès son arrestation, et qui devient le synopsis de ses dépositions à Nuremberg, répondait à tout ce que le Tribunal attendait de lui.

Voici sa déclaration, faite sous serment et signée par Rudolf Höss le 5 avril 1946.

<< J'ai commandé Auschwitz jusqu'au 1er décembre 1943 et j'estime, qu'au moins 2.500.000 victimes y ont été exécutées et exterminées par gazage et crémation, et qu'au moins un autre demi-million y ont succombé à la faim et à la maladie, ce qui fait un total de morts d'environ 3.000.000, La "solution finale" de la question juive signifiait l'extermination de tous les juifs d'Europe. J'ai reçu l'ordre de préparer l'extermination à Auschwitz en juin 1941. A cette époque il y avait déjà trois autres camps d'extermination dans le gouvernement général : Belzec, Treblinka, Wolzek. >>

L'on ne saurait imaginer plus parfaite confirmation des thèses que l'on allait vulgariser dans les médiats pendant un demi-siècle.

Et pourtant, dans ce texte même se trouvaient déjà 3 contre-vérités manifestes :

1 - Le nombre de 3 millions de morts à Auschwitz, nécessaire pour justifier le nombre total des victimes juives (6 millions), chiffre officiel proclamé d'entrée de jeu à Nuremberg et qui n'a cessé d'être le leitmotiv de l'histoire officielle et des médiats depuis lors, doit être réduit au moins des 2/3 comme le prouve la nouvelle plaque commémorative d'Auschwitz-Birkenau qui a remplacé le chiffre de 4 millions par : un peu plus d'un million.

2 - Les camps de Belzec et de Treblinka n'existaient pas en 1941. Ils ne furent ouverts qu'en 1942.

3 - Quant au camp de Wolzek, il n'a jamais existé sur aucune carte.

Comment a-t-on pu enregistrer, sans vérification préalable, ce "témoignage capital"?

Höss lui-même l'explique : les premières déclarations furent écrites sous le contrôle des autorités polonaises qui l'avaient arrêté.

Le livre intitulé : "Commandant à Auschwitz : l'autobiographie de Rudolf Höss" indique p. 174 :

<< Lors de mon premier interrogatoire, les aveux ont été obtenus en me battant. Je ne sais pas ce qu'il y a dans ce rapport bien que je l'ai signé.>> (5.956).

(Une note en bas de page : un document dactylographié de 8 pages a été signé par Höss à 2 heures 30 du matin le 14 mars 1946. Il ne diffère pas essentiellement de ce qu'il a depuis lors dit et écrit à Nuremberg ou à Cracovie.)

Höss décrit lui-même, dans ses notes manuscrites de Cracovie, les circonstances du premier interrogatoire que lui fit subir la police militaire britannique.

<< J'ai été arrêté le 11 mars 1946 à 23 heures... La Field Security Police m'a fait subir de pénibles traitements. On m'a traîné jusqu'à Heide, justement dans la caserne d'où, huit mois auparavant, j'avais été relâché par les Anglais. C'est là que se place mon premier interrogatoire, pour lequel on employa des arguments frappants. Je ne sais pas le contenu du procès-verbal, bien que je l'ai signé. Tant d'alcool et de coups de cravache, c'était trop, même pour moi... Quelques jours après, je fus amené à Minden--sur--Weser, principal centre d'interrogatoire de la zone britannique. Là, on me traita plus mal encore, aux mains d'un procureur public, un commandant. >>

Source : Document NO - 1210.

C'est seulement en 1983 que l'on eut la confirmation des tortures infligées à Rudolf Höss pour en obtenir les "preuves" des "2 millions et demi" de juifs exterminés par lui, donc dès 1943, à Auschwitz.

Le livre est écrit par Ruppert Butler sous le titre : "Legions of Death" ("Les légions de la mort") (Ed. Hamlyn Paperbacks). Il y apporte le témoignage de Bernard Clarke (celui qui a arrêté Rudolf Höss après avoir obtenu de son épouse, sous menace de mort d'elle-même et de ses enfants, l'adresse de la ferme où il se cachait, et où il l'arrêta le 11 mars 1946). Butler raconte qu'il fallut trois jours de tortures pour obtenir une "déclaration cohérente" (celle que nous venons de citer, signée le 14 mars 1946 à 2 heures du matin).

Dès son arrestation il fut battu au point que << en fin de compte l'officier de santé intervint avec insistance auprès du capitaine : dites-lui d'arrêter ou c'est un cadavre que vous ramènerez. >>

Il est à noter que Butler, comme son interlocuteur Clarke, paraissaient très satisfaits de ces actes de torture.

La commission d'enquête américaine composée des juges Van Roden et Simpson, qui fut envoyée en Allemagne en 1948 pour enquêter sur les irrégularités commises par le Tribunal militaire américain de Dachau - qui avait jugé 1.500 prisonniers Allemands, et condamné 420 à mort - établit que les accusés avaient été soumis à des tortures physiques et psychiques de toute sorte afin de les forcer à faire les "confessions" désirées.

Ainsi, dans 137 cas sur les 139 examinés, les prisonniers allemands avaient reçu, au cours des interrogatoires, des coups de pied dans les testicules qui leur avaient laissé des blessures inguérissables.

Source : Interview du Juge Edward L. Van Roden à la revue "The Progressive" de février 1949.

Procès d'Auschwitz

Le sort du principal accusé, le dernier commandant d'Aushwitz Richard Baer, qui devait mourir avant le début du procès, est particulièrement digne d'intérêt. Il fut arrêté en décembre 1960 aux environs de Hambourg où il vivait comme ouvrier forestier. En juin 1963, il mourut en prison dans des circonstances mystérieuses.

Selon plusieurs sources, qui ont elles-mêmes pour origine des comptes rendus de presse français, Baer, au cours de sa détention préventive, avait obstinément refusé de confirmer l'existence de chambres à gaz dans le secteur placé autrefois sous sa responsabilité.

Source : Hermann Langbein "Der Auschwitz-Prozeß" Europäische Verlagsanstalt, Francfort. 1965.

Le rapport d'autopsie de l'Institut médico-légal de l'Université de Francfort dit que << l'ingestion d'un poison inodore et non corrosif... n'a pu être exclue >>

L'avocat de Nuremberg, Eberhard Engelhardt, cite ce passage du rapport d'autopsie dans une lettre adressée au Parquet de Francfort le 12 novembre 1973 et affirme que Baer a été empoisonné pendant l'enquête.

Deuxième exemple : le rapport Gerstein, officier de la Waffen SS, si visiblement aberrant qu'il fut refusé comme preuve par le Tribunal militaire de Nuremberg le 30 janvier 1946, mais utilisé au procès d'Eichmam à Jérusalem en 1961.

Selon ce "témoin" le nombre des victimes (60.000 par jour en 3 camps : Belzec, Treblinka et Sobibor) s'élevait à 25 millions de victimes !

Source : Côte P.S. 1553.

Il a en outre vu 700 à 800 personnes entassées, debout dans une pièce de 25 mètres carrés (plus de 28 par mètres carrés !).

Roques soutint une thèse démontrant l'inconsistance du "rapport Gerstein", qui obtint la mention "très bien". Alain Decaux, dans "Le Matin de Paris", du 13 décembre 1986, écrivait que << tous les chercheurs devraient désormais tenir compte de ces travaux >> ajoutant que le Professeur Roques était << l'homme le mieux informé actuellement sur l'affaire Gerstein. >>

On rechercha donc des motifs administratifs. Ayant préparé sa thèse à Paris sous la direction du Professeur Rougeot et la soutenance de thèse ayant été transférée à Nantes, sous la direction du professeur Rivière, de façon parfaitement régulière, il n'aurait pas payé son inscription à la faculté des lettres de Nantes ! C'est ainsi que Henri Roques se vit retirer le titre de docteur.

Troisième exemple pour nous en tenir aux "témoins" les plus célèbres: Le Docteur Miklos Nyiszli, qui écrivit "Médecin à Auschwitz", (publié dès 1953 par Jean-Paul Sartre dans "Les Temps Modernes"), médecin hongrois déporté (traduit par Tibere Kremer, Julliard, 1961).

Exemple : les chambres à gaz, nous dit Miklos Nyiszli ont 200 m. de long et le document produit à Nuremberg nous dit qu'elles ont, soit 210 m2, soit 400 m2, soit 580 m2 de superficie ; cela fait des largeurs respectives de 1m. 05, 2 m. ou 2 m. 90. Cela tient d'autant moins que 3.000 personnes y entrent et y circulent aisément, qu'il y a des colonnes au milieu et des bancs de chaque côté.

Il est significatif que l'"Encyclopædia judaica" (1971) et l'"Encyclopædia of the Holocauste" (1990) ne mentionnent même pas cette oeuvre dont elles mesurent sans doute le discrédit qui y est attaché depuis la critique qu'en fit Paul Rassinier.

Sa première affirmation est que, lorsqu'il est arrivé au camp (fin mai 1944) les exterminations par le gaz duraient depuis 4 ans. Or, le document de Nuremberg (N.O. 4.401) indique que les commandes des crématoires n'ont été faites qu'en août 1942 et le document 4.463, qu'elles n'ont été prêtes que le 20 février 1943.

En août 1960, l'Institut d'Histoire Contemporaine (Institut für Zeitgeschichte) de Munich communiquait à la presse :

<< Les chambres à gaz de Dachau n'ont jamais été terminées ni mises en action... Les exterminations massives de Juifs par les gaz ont commencé en 1941-42 et seulement en peu d'endroits de la Pologne occupée, au moyen d'installations techniques prévues à cette fin, mais en aucun cas sur le territoire allemand >>

Source : "Die Zeit", 19 août 1960.

Autres exemples :

Sauckel (l'un des principaux accusés). Séance du 30 mai 1946 au Tribunal de Nuremberg :

<< Je confirme que ma signature figure dans ce document. Je demande au tribunal la permission d'expliquer comment cette signature fut obtenue.

Ce document m'a été présenté dans sa forme achevée. J'ai demandé la permission de le lire et de l'étudier afin de décider si je devais le signer. Ceci me fut refusé... Puis un policier polonais ou russe entra et demanda : "Où est la feuille de Sauckel ? Nous prendrons Sauckel avec nous mais sa famille sera livrée en territoire soviétique". Je suis père de 10 enfants et, pensant à ma famille, j'ai signé ce document.
 >>

*

Parmi les témoignages des criminels, celui du Général Ohlendorf est particulièrement révélateur. Il dirigea, de l'été 1941 à l'été 1942, les "Einsatzgruppen" chargés d'exécuter les commissaires politiques dirigeant l'activité des partisans dans le Sud de la Russie. Au procès du I.M.T.[1] il déclara qu'il avait reçu des ordres oraux pour ajouter à ses fonctions celle d'exterminer les juifs en utilisant les camions aménagés pour donner la mort y compris aux femmes et aux enfants.

Source : I.M.T. Vol IV, p. 311-355 et I.M.T. Vol XXII, p. 478-480 ; 491-494 ; p. 509-510 ; 538.

Le témoignage du Général Ohlendorf lors de son second procès (N.M.T. case 9) est tout à fait différent : d'abord, il rétracte ses déclarations au I.M.T. en ce qui concerne l'ordre oral d'extermination des juifs : il reconnut avoir tué des juifs et des gitans mais dans le cadre de la lutte contre les partisans, mais non pas selon un plan spécifique d'extermination des juifs et des gitans. Il avoua aussi avoir tué 40.000 personnes et non 90.000 comme il l'avait dit au I.M.T. .

Source : N.M.T. Vol IV. p. 223-312.

Aux historiens critiques ne fut opposée aucune réfutation critique, aucune discussion scientifique contradictoire : seuls leur furent opposés au mieux le silence, au pire la répression.

Silence par exemple sur l'oeuvre de Paul Rassinier? historien et ancien déporté de Buchenwald et de Dora, lorsque ce père de l'histoire critique des crimes hitlériens publia : "Le mensonge d'Ulysse", "Le drame des juifs européens", "Le véritable procès Eichmann".

Puis silence et persécutions multiples, en Amérique, de l'ingénieur Leuchter, spécialiste des gazages dans certains pénitenciers américains, et qui a donné une expertise purement technique concernant les "chambres à gaz" d'Auschwitz, au cours du procès déjà évoqué de Ersnt Zündel à Toronto.

Répression contre le Professeur Faurisson, chassé de sa chaire de professeur à l'Université de Lyon, poursuivi en justice, et finalement victime d'une tentative d'assassinat d'où il sortit grièvement blessé, pour avoir mis en question l'existence des "chambres à gaz".

En mars 1978 assassinat de l'historien français François Duprat, par un commando, pour avoir publié la brochure d'un australien mettant en doute le chiffre de 6 millions de morts.

Répression contre Henri Roques, à qui fut même refusé le titre de Docteur alors même qu'il avait passé sa thèse avec mention "très bien", parce qu'il se livrait à un examen critique du "Rapport Gerstein"

Répression contre l'éditeur Pierre Guillaume pour la publication des "Annales d'histoire révisionniste", l'obligeant à renoncer à sa revue en l'écrasant financièrement par des amendes et en brisant les vitrines de sa librairie.

En Allemagne, répression contre le magistrat Wilhelm Stäglich, pour avoir fait un examen critique des textes, des témoignages, et de l'arme du crime dans le camp et avoir relevé un certain nombre de contrevérités, dans son livre : "Le mythe d'Auschwitz" (1978). Son titre-même de Docteur en droit lui fut retiré en se fondant sur la loi hitlérienne du 7 juin 1939. (Code du Reich. I, p. 1326).

En Amérique contre l'historien Arthur Butz essayant de distinguer ce qui était réalité et ce qui était mythologique : "The Hoax of the Twentieth Century" (1976). La vente du livre est interdite en plusieurs pays, dont l'Allemagne et le Canada.

Au Canada, le procès de Toronto contre Zündel pour avoir publié l'ouvrage de Richard Harwood "Did six millions really died ?" ("Six millions sont-ils morts réellement ?") alors que la réponse, même officielle, à cette question, est devenue négative comme la sienne).

Ces silences, ces persécutions, ces répressions contre une histoire critique des crimes hitlériens reposaient sur des prétextes parfaitement diffamatoires et mensongers : montrer que les crimes immenses de Hitler, à l'égard des juifs comme de tous ses ennemis, communistes allemands ou slaves qui allaient lui infliger la défaite, n'avaient besoin d'aucun mensonge pour révéler leur atrocité, c'était, selon les adversaires de l'histoire critique (qu'ils appelaient "révisionnistes"), "innocenter Hitler ou au moins atténuer ses crimes"!.

Montrer que les crimes nazis ne se réduisaient pas à un vaste pogrom contre les seuls juifs, mais avaient fait des dizaines de millions de morts dans la lutte contre le fascisme, c'était du "racisme" encourageant à la discrimination et à la haine raciale !

C'est contre une telle orchestration de la haine contre les chercheurs critiques que nous tenons aujourd'hui à apporter, avec leurs sources, des éléments à ce dossier avec l'espoir qu'il servira à engager une discussion véritable sur les réalités objectives de ce passé, sans prêter à tel ou tel chercheur d'arrière pensées politiques, sans le condamner d'avance à la répression et au silence. On ne prépare pas l'avenir en perpétuant des haines et en les nourrissant par le mensonge.

La critique de témoignages historiquement vérifiés et d'études scientifiques permettant de donner à l'opinion publique la possibilité de réfléchir sur les crimes d'hier pour prévenir ceux de demain, est une obligation morale autant que scientifique.

*

Jusqu'ici, l'on a donné, même à des artistes d'un grand talent et d'une parfaite bonne foi, que des chiffres arbitraires et des faux.

Il n'en sortit pas moins de véritables chefs-d'oeuvre, comme par exemple, le roman de Robert Merle : "La mort est mon métier", reconstituant, en première personne, l'itinéraire de Höss, commandant d'Auschwitz. Même en citant les chiffres arbitraires du faux témoin, Robert Merle atteignit parfois un style digne de Stendhal :

<< ... le Procureur s'écria : Vous avez tué trois millions et demi de personnes !

-- Je reclamai la parole et je dis : Je vous demande pardon, je n'en ai tué que deux millions et demi !

Il y eut alors des murmures dans la salle.... Je n'avais rien fait d'autre, pourtant, que rectifier un chiffre inexact.
 >>

Source : Robert Merle : "La mort est mon métier" Ed. Gallimard. 1952. Folio. p. 365 - 366.

Dans le domaine cinématographique, un film artistique admirable et nuancé d'Alain Resnais, "Nuit et brouillard", donne une image poignante, inoubliable, de la barbarie et du martyre, mais il se trouve défiguré et dénaturé par l'évocation du chiffre arbitraire de 8 millions de victimes juives, à Auschwitz seulement !

Mais bientôt toute une littérature, et surtout un raz de marée cinématographique et télévisuel sont consacrés à cette inversion du sens du crime hitlérien. Combien de fois fut projeté, après la libération, lorsque toute une génération pouvait témoigner et juger, les exploits de ceux qui ont le plus efficacement lutté contre les nazis : le film : "La bataille de l'eau lourde", évoquant l'exploit décisif de Joliot-Curie et de son équipe pour soustraire, en Norvège, les stocks d'eau lourde qui auraient permis à Hitler de construire et d'utiliser le premier, la bombe atomique ?

"La bataille du rail" montrant comment les cheminots ont saboté les transports allemands pour paralyser leurs concentrations de troupes ? Combien de films, comme "Paris brûle-t-il ?" montrent, malgré la majoration du rôle des états-majors extérieurs, le soulèvement du peuple de Paris libérant lui-même sa ville et capturant le gouverneur allemand Von Choltitz, pour le contraindre à la capitulation

A l'inverse, combien de fois nous a-t-on repassé "L'Exodus", "L'Holocauste", la "Shoah", et tant d'autres bandes romancées dont chaque semaine les visions larmoyantes inondent nos écrans, comme si la souffrance "sacrificielle" de quelques-uns était sans commune mesure avec la souffrance de tous les autres et avec leurs luttes héroïques.

"Shoah" de Lanzman, pendant 9 heures, nous inflige, avec des imageries de pierre et d'interminables convois ferroviaires aux bruitages obsessionnels, des témoignages comme celui du coiffeur de Treblinka qui plaçait, dans une pièce de 16 mètres carrés, 60 femmes et 16 coiffeurs !

Pour ce "Shoah-business" les commanditaires sont généreux. Et d'abord l'État d'Israël. Menahem Beghin avait fait débloquer pour le film "Shoah" 850.000 dollars pour, disait-il, ce << projet d'intérêt national >>.

Source : "Agence télégraphique juive" 20 juin 1986 "The jewish journal". N.Y. 27 juin 1986 p. 3.

L'une des pellicules qui ont le plus contribué à manipuler l'opinion mondiale, << le téléfilm "Holocauste" est un crime contre la vérité historique. Le thème général était qu'un événement aussi massif : l'extermination de 6 millions de juifs, n'avait pu rester inaperçu du peuple allemand dans son ensemble. Si donc les Allemands n'avaient pas su, c'est qu'ils n'avaient pas voulu savoir, ils étaient donc coupables. >>

Source : "Libération", 7 mars 1979.

Et voici les fruits vénéneux que portent ces "bréviaires de la haine".

<< Tous ces agents de l'ennemi doivent être renvoyés du territoire métropolitain. Voici deux ans que nous demandons la possibilité de le faire. Ce qu'il nous faut, c'est très simple et c'est très clair : l'autorisation, et suffisamment de bateaux. Le problème qui consisterait à faire couler ces bateaux ne relève pas, hélas ! du conseil municipal de Paris. >>

Source : Bulletin municipal officiel de Paris. Débat des assemblées, conseil municipal de Paris, séance du 27 octobre 1962, page 637.

Il s'agissait d'un propos réfléchi. M. Moscovitch devait le confirmer le 15 janvier 1963, à l'occasion d'un procès en diffamation intenté par lui-même : << J'ai effectivement regretté que les ennemis de la France ne soient pas exterminés... et je le regrette encore ! >> (Le Monde, 17 janvier 1963).

Le roman a participé à cette mystification.

Après un premier ouvrage digne et sobre, écrit juste à sa sortie du camp de Buchenwald : "L'Univers concentrationnaire" Ed. de Minuit 1946, David Rousset a fourni sous forme littéraire et subtile, dans "Les jours de notre mort" la plupart des poncifs qui formèrent le moule de la littérature concentrationnaire.

Jusqu'à Martin Gray utilisant, dans << Au nom de tous les miens >>, les services d'un grand écrivain français pour décrire un camp où il n'avait jamais mis les pieds. Depuis les fausses archives du Ministère des Anciens combattants "découvertes" par Serge Klarsfeld, jusqu'aux faux apocalyptiques d'Élie Wiesel (Prix Nobel) qui a même vu, "de ses yeux vu", des "flammes gigantesques" monter d'une fosse de plein air "où l'on jetait de petits enfants", (des flammes que n'ont "repérées" aucun des avions américains qui ne cessèrent de survoler le camp). Dans un crescendo de l'atroce et du délirant, il ajoute : << Plus tard j'ai appris par un témoin que, pendant des mois et des mois, le sol n'avait cessé de trembler ; et que de temps en temps, des geysers de sang en avaient giclé. >> (Il s'agit cette fois, d'un "témoignage" sur Babiyar.)

Source : Elie Wiesel : "Paroles d'étranger", Ed. du Seuil. 1982, p. 192, p. 86.

L'apothéose de cette littérature romanesque est le best-seller mondial du "Journal d'Anne Franck". Le roman, merveilleusement émouvant, se substitue au réel, et une fois de plus le mythe se déguise en histoire.

L'historien anglais David Irving, intervenant au Procès de Toronto les 25 et 26 avril 1988 (33.9399-9.400) apporte, sur le "Journal" d'Anne Frank, ce témoignage :

<< Le père d'Anne Frank, avec qui j'ai correspondu pendant plusieurs années, a finalement accepté de donner son accord pour que l'on soumette le manuscrit du "Journal" à un examen de laboratoire, ce que j'exige toujours lorsqu'il y a contestation sur un document. >>

Le laboratoire qui se livra à cette expertise est le laboratoire de la police criminelle allemande, à Wiesbaden. La conclusion fut qu'une partie du "Journal" d'Anne Frank était écrite avec un stylo à bille (ce genre de stylos ne fut commercialisé qu'en 1951 alors qu'Anne Franck est morte en 1945).

David Irving poursuit : << Ma propre conclusion sur le "Journal" d'Anne Frank est qu'il est, en grande partie authentiquement écrit par une juive d'une dizaine d'années. Les textes ont été pris par son père, Otto Frank, après la mort tragique par le typhus de la jeune fille dans un camp de concentration : son père, et d'autres personnes que je ne connais pas, ont corrigé ce "Journal" pour lui donner une forme vendable qui enrichit à la fois le père et la Fondation Anne Frank. Mais, en tant que document historique l'oeuvre n'a aucune valeur parce que le texte en a été altéré. >>

Ce "Shoah-business" n'utilise que des "témoignages" évoquant diverses manières de "gazer" les victimes, sans qu'il nous soit jamais montré le fonctionnement d'une seule "chambre à gaz" (dont Leuchter a démontré l'impossibilité physique et chimique), ni un seul de ces innombrables camions qui auraient servi, par l'émanation du Diesel, de "chambre à gaz ambulantes". Ni les tonnes de cendres des cadavres enfouis après leur crémation.

<< Il n'existe aucune photographie des chambres à gaz et les cadavres sont partis en fumée. Il reste des témoins. >>

Source : "Le Nouvel Observateur", 26 avril 1985.

L'interminable navet de Claude Lanzman est ainsi conçu. L'auteur lui-même nous dit : << Il fallait faire ce film avec du rien, sans documents d'archives, tout inventer. >>

Source : "Libération", 25 avril 1985. p. 22.

c) L'arme du crime



Si l'on se place du point de vue de l'objectif assigné à un procès criminel, il aurait été de la première importance d'entendre des experts se prononcer sur un grand nombre de questions, ne serait-ce que pour se faire une idée de la crédibilité de nombreux témoins ainsi que de quelques "documents". Que l'on nous permette de formuler ici quelques-unes de ces questions :

[[perthousand]] Combien de temps fallait-il au gaz "Zyklon B" pour agir, et comment se manifestaient ses effets ?

[[perthousand]] Pendant combien de temps le gaz restait-il actif dans un local fermé (soit sans aération, soit avec une aération immédiatement consécutive à l'utilisation) ?

[[perthousand]] Était-il possible, comme on l'a affirmé, de pénétrer sans masque à gaz dans les locaux imprégnés de gaz "Zyklon B" une demi-heure seulement après l'utilisation de ce gaz ?

[[perthousand]] Était-il possible de brûler complètement les cadavres en 20 minutes dans un four crématoire ?

[[perthousand]] Les fours crématoires peuvent-ils fonctionner jour et nuit sans interruption ?

[[perthousand]] Est-il possible de brûler des cadavres humains dans des fosses profondes de plusieurs mètres et dans l'affirmative, en combien de temps ?

Or, jusqu'ici aucune "pièce à conviction" n'a été produite.

Nous n'en donnerons que deux exemples :

* celui des "chambres à gaz itinérantes" par camions ;

* celui du savon fait avec de la graisse humaine. (bobard utilisé déjà pendant la guerre de 1914-18).

(Tout comme d'ailleurs, le "gazage" est une version recyclée des "gazages" des Serbes par les Bulgares en 1916.)

Source : "The Daily Telegraph". Londres 22 mars 1916. p. 7.

"The Daily Telegraph". Londres 25 juin 1946. p. 5.

L'histoire des exterminations par de véritables "chambres à gaz mobiles" constituées par des camions dans lesquels auraient été exterminés des milliers de gens par une orientation de l'échappement de Diesel vers l'intérieur a été répandue pour la première fois dans l'opinion occidentale dans le "New-York Times" du 16 juillet 1943,, p. 7. (Jusque là le thème n'avait été développé que dans la presse soviétique.)

Là encore, l'arme du crime (les centaines ou les milliers de camions aménagés pour ces assassinats) a disparu. Pas un seul d'entre eux n'a pu être produit, à aucun procès, comme pièce à conviction.

L'on peut noter aussi que si le plan "d'extermination" devait rester le "secret" le plus absolu dont parle Höss, il serait étrange qu'il ait été communiqué à des milliers de chauffeurs de camions et à leurs funèbres assistants prenant livraison des victimes (sans ordre de mission) et faisant disparaître magiquement ces milliers de cadavres, en restant dépositaires du "terrible secret".

Wiesenthal a assuré la promotion de la légende du "savon humain" dans des articles publiés en 1946 dans le journal de la communauté juive autrichienne, Der Neue Weg (La nouvelle voie). Dans un article intitulé "RIF", il écrivait :

<< Les terribles mots "Transport pour savon" furent entendus pour la première fois à la fin de 1942. C'était dans le Gouvernement général (de Pologne) et l'usine se trouvait en Galicie, à Belzec. D'avril 1942 à mai 1943, 900.000 juifs furent utilisés comme matière première dans cette usine. >>

Après la transformation des cadavres en diverses matières premières, écrivait Wiesenthal, << Le reste, les déchets graisseux résiduels, était employé à la production de savon. >> Il poursuivait ainsi :

<< Après 1942, les gens dans le Gouvernement général savaient très bien ce que signifiait le savon RJF. Le monde civilisé ne peut pas imaginer la joie que ce savon procurait aux nazis du Gouvernement général et à leurs femmes. Dans chaque morceau de savon, ils voyaient un juif qui avait été magiquement mis là et qu'on avait ainsi empêché de devenir un second Freud, Ehrlich ou Einstein. >>

Le Mémorial de Yad Vashem répond très officiellement que les nazis n'avaient pas fabriqué de savon avec les cadavres des juifs. Pendant la guerre l'Allemagne avait souffert d'une pénurie de matière grasse et la production de savon passa sous la supervision du gouvernement. Les barres de savon furent marquées des initiales RIF, le sigle allemand qui désigne "Office du Reich pour l'approvisionnement en matière grasses". Certains, lurent, par erreur RJF, "pure graisse juive". La rumeur s'étendit rapidement.

*

Il existe trois documents qui permetteraient, s'ils étaient discutés sérieusement et publiquement, de mettre fin aux polémiques sur les "chambres à gaz": ce sont le "Rapport Leuchter" (5 avril 1988), la contre-expertise de Cracovie du 24 septembre 1990, et celle de Vienne.

Le Zyklon B, à base d'acide cyanhydrique, est tenu pour le produit qui aurait gazé des multitudes de détenus. Normalement il est employé pour la désinfection de linges ou d'instruments risquant de propager des épidémies, notamment le typhus, dès avant la Première guerre mondiale. Néanmoins l'acide cyanhydrique fut utilisé, pour la première fois, pour l'exécution d'un condamné, en Arizona, en 1920. D'autres États américains l'utilisèrent pour leurs condamnés, notamment la Californie, le Colorado, le Maryland, le Mississippi, le Missouri, le Nevada, le Nouveau-Mexique et la Caroline du Nord.

Source : Rapport Leuchter (ndeg. 9.004)

L'ingénieur Leuchter a été consultant pour les États du Missouri, de la Californie et de la Caroline du Nord. Aujourd'hui plusieurs de ces États ont renoncé à ce mode d'exécution en raison du coût excessif, non seulement du gaz HCN mais du matériel de fabrication et d'entretien qui, en raison des mesures de sécurité qu'exige son usage, en font le mode d'exécution le plus coûteux.

En outre, la ventilation nécessaire après la fumigation par le Zyklon B exige un minimum de 10 heures selon les dimensions du bâtiment (6.005).

L'étanchéité de la salle exige un revêtement d'époxy ou d'acier inoxydable, et les portes doivent être pourvues de joints d'amiante, de néoprène ou de téflon (7.001).

Après avoir visité et expertisé par prélèvements les "chambres à gaz" présumées d'Auschwitz-Birkenau et d'autres camps de l'Est, Leuchter aboutit aux conclusions suivantes : (12.001 à propos des crématoires 1 et 2 d'Auschwitz) : << L'inspection sur place de ces constructions indique que la conception de ces installations aurait été extrêmement mauvaise et dangereuse si elles avaient dû servir en tant que chambres d'exécution. Rien n'y est prévu...

Le Krema I est adjacent à l'hôpital S.S. d'Auschwitz et il est doté de drains de canalisations qui se jettent dans le principal égout du camp, ce qui aurait permis au gaz de s'infiltrer dans tous les bâtiments du camp. (12.002). Sur Majdanek : le bâtiment ne pouvait pas être utilisé dans le but qu'on lui attribue et ne correspond même pas aux nécessités minimales de la construction d'une chambre à gaz.
 >>

Leuchter a conclu qu'aucune des conditions n'était remplie pour des chambres à gaz homicides. Quiconque y travaillerait aurait mis en danger sa propre vie et celle de ceux des alentours. (32.9121). Il n'y avait aucun moyen de ventilation ni de distribution de l'air, aucun moyen d'ajouter le matériel exigé par le Zyklon B (33. 145).

<< Après avoir passé en revue tout le matériel de documentation et inspecté tous les emplacements à Auschwitz, Birkenau et Majdanek, l'auteur trouve que les preuves sont écrasantes : en aucun de ces lieux il n'y a eu de chambre à gaz d'exécution. >>

Source : Fait à Malden. Massachusetts, le 5 avril 1988. Fred Leuchter Jr. Ingénieur en Chef.

Au procès de Toronto l'avocat Christie a relevé combien les "témoignages" étaient en contradiction avec la réalité des possibilités chimiques et techniques. En voici trois exemples :

a) - Rudolf Höss, dans "Commandant d'Auschwitz", p. 198, écrit :

<<La porte était ouverte une demie heure après l'adduction du gaz et après que la ventilation l'ait renouvelé. Le travail pour l'enlèvement des cadavres commençait aussitôt>>.

<< On accomplissait cette tâche avec indifférence comme si elle faisait partie d'un travail quotidien. Tout en traînant les cadavres ils mangeaient ou fumaient. >>

Ils ne portaient donc même pas de masques ? demande l'avocat Christie (5-1123).

Il n'est pas possible de manipuler des cadavres qui viennent d'être en contact avec du Zyklon B dans la demi-heure qui suit et moins encore de manger, de boire ou de fumer... Il faut au moins dix heures de ventilation pour qu'il n'y ait pas de danger.

b) - L'avocat Christie produisit le document PS 1553 de Nuremberg, avec, en annexe, plusieurs factures. Hilberg dut admettre que la quantité de Zyklon B envoyée à Oranienbourg était la même qu'à Auschwitz, et le même jour.

Or Hilberg indique qu'Oranienbourg était << un camp de concentration et un centre administratif où personne, à sa connaissance, ne fut gazé >>.

Les prélèvements et l'expertise de Leuchter montrent même que les traces d'acide cyanhydrique du Zyklon B sont beaucoup plus importantes dans les salles ou l'on est sûr qu'elles étaient réservées à la désinfection, que dans celles des présumées "chambres à gaz".

<< On aurait pu s'attendre à la détection d'un taux plus élevé de cyanure dans les échantillons prélevés dans les premières chambres à gaz (en raison de la plus grande quantité de gaz utilisé, d'après les sources, dans ces endroits) que dans l'échantillon de contrôle. Comme c'est le contraire qui est vrai, force est de conclure {...} que ces installations n'étaient pas des chambres à gaz d'exécution. >>

Source : Rapport Leuchter (op. cit.) 14.006.

Cette conclusion est confirmée par la contre-expertise de Cracovie menée par l'Institut d'expertises médico-légales de Cracovie du 20 février au 18 juillet 1990, dont les résultats ont été communiqués au Musée par lettre du 24 septembre 1990, au moment même ou était enlevée la plaque commémorative des "4 millions".

Source : Référence de l'Institut. 720.90. Référence du Musée 1-8523 / 51 / 1860 . 89.

Il est vrai que l'on montre aux touristes, sinon le fonctionnement, du moins des reconstitutions plus ou moins bien bricolées de "chambres à gaz", même là où il est avéré qu'elles n'ont jamais fonctionné, comme à Dachau.

c) - Leuchter a examiné les lieux qui, selon les cartes officielles de Birkenau, avaient été utilisées comme "fosses de crémation" par les nazis pour se débarrasser des cadavres. La plupart des textes de la littérature de l'Holocauste les décrivent comme des fosses d'environ 6 pieds de profondeur... Le plus remarquable, à leur sujet, c'est que le niveau de l'eau était à un pied ou un pied et demi de la surface. Leuchter a souligné qu'il était impossible de brûler des corps sous l'eau. Et il n'y avait aucune raison de penser que les choses avaient changé depuis la guerre car la littérature de l'Holocauste décrit Auschwitz et Birkenau comme ayant été construits sur un marécage (32.9100, 9101). Il y a pourtant, dans l'exposition, des photographies de ces prétendues "fosses de crémation".

En ce qui concerne les crématoires de plein air, dans des "fosses de crémation" : <<Birkenau est construit sur un marais, tous ces emplacements avaient de l'eau à environ 60 cm de la surface. L'opinion de l'auteur de ce rapport est qu'il n'y a jamais eu de fosses de crémation à Birkenau. >> (14.008).

Un document précieux pour l'étude objective à partir de documents incontestables du complexe d'Auschwitz-Birkenau, et en particulier sur ces fameuses incinérations en plein air dont la "fumée obscurcissait tout le ciel" d'après de si nombreux témoignages, aura été la série des photographies aériennes d'Auschwitz et de Birkenau prises par l'aviation américaine et publiées par les Américains Dino A. Brugioni et Robert C. Poirier ("The Holocaust revisited : A retrospective analysis of the Auschwitz Birkenau Extermination complex." C.I.A. février 1979. Washington D.C. 19 pages).

En dépit du commentaire, qui se veut orthodoxe, des analystes de la C.I.A., on ne retrouve sur ces photos rien qui corresponde à cet enfer de feu dont les flammes dévoraient, a-t-on osé nous dire, jusqu'à 25.000 cadavres par jour, entre mai et août 1944, en raison surtout de la déportation des juifs hongrois. Les photos aériennes (le 26 juin et le 25 août 1944) ne révèlent pas la moindre trace de fumée. Ni d'ailleurs de concentration de foules, ou d'activité particulière.

"L'album d'Auschwitz", recueil de 189 photographies prises dans le camp même de Birkenau à la même époque, publié avec une introduction de Serge Klarsfeld et un commentaire de J.C. Pressac, donne à voir 189 scènes de la vie concentrationnaire lors de l'arrivée d'un convoi de déportés venu de Hongrie. Là encore, rien, rigoureusement rien, qui confirmerait une extermination massive et systématique.

Tout au contraire, de très multiples photographies, qui permettent d'avoir une vue d'ensemble du lieu, non seulement ne comportaient rien qui confirmerait cette extermination, mais excluent en outre qu'une telle extermination ait pu avoir lieu au même moment en quelque lieu "secret" du camp. Le commentaire de J.-C. Pressac, par les extrapolations manifestes auxquelles il se livre, rend au contraire visible et palpable le mécanisme de la fabrication.

Source : "l'Album d'Auschwitz". Éditions du Seuil pour l'édition et la traduction française. Paris, 1983. 221 pages.

Mais c'est le Canadien John C. Ball, spécialiste de l'interprétation des photos aériennes, qui semble avoir réuni le plus de documents photographiques originaux et mené avec compétence une analyse rigoureuse. Ses conclusions sont en totale contradiction avec l'histoire officielle.

Source : Air Photo Evidence. Ball Resource limited. Suite 160. 7231 120th street Delta, B.C. Canada. 4C6PS. 1992. 116 pages.

Mais l'ensemble des questions techniques ont été soulevées lors du procès de Ernst Zündel à Toronto, où les deux parties ont pu s'exprimer librement et complètement. Le compte rendu de ce procès est donc une source exceptionnelle pour tout historien honnête puisqu'il permet de prendre connaissance des thèses en présence et de tous les éléments de la controverse. Les déclarations des uns et des autres sont d'autant plus précieuses et significatives que chacun parlait sous le contrôle de la critique immédiate de l'autre partie.

Un détail qui semble bien d'une importance décisive : le 5 et 6 avril 1988, le directeur du Crématorium de Calgary (Canada), Yvan Lagacé, dont les crématoires sont d'un type et d'une conception proche de ceux de Birkenau, pourtant construits en 1943, put exposer l'ensemble des contraintes techniques et des nécessités d'entretien de ce type de moufles d'incinération. Il parla de la nécessité de pauses de refroidissement entre les crémations, et lors de l'introduction d'un corps, faute de quoi on endommage les revêtements ignifuges des fours.

L'on demanda à Lagacé de donner son avis sur le fait que Raul Hilberg, dans son livre, "La destruction des juifs européens" (2ème édition, p. 978) évalue le rendement de 46 fours dans les 4 crématoires de Birkenau.

Hilberg prétend :

<< Le rendement théorique journalier des 4 fours de Birkenau était de plus de 4.400, mais avec les arrêts et les ralentissements, pratiquement la limite était inférieure. >>

Lagacé déclara que cette affirmation était "absurde" et "irréaliste". Prétendre que 46 fours pouvaient brûler plus de 4.400 corps en un jour est grotesque. Se fondant sur sa propre expérience, Lagacé affirma qu'il était possible d'incinérer 184 corps par jour à Birkenau.

Source : 27 - 736 à 738.

Ce n'est certes pas un livre comme celui de Pressac "Les crématoires d'Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse" (1993) qui ne consacre qu'un chapitre de 20 pages (sur 147) aux "chambres à gaz", et qui ne cite même pas le Rapport Leuchter auquel il a consacré, en 1990, (toujours financé par la Fondation Klarsfeld) une "réfutation" à laquelle nul n'ose plus se référer, qui équilibrera les analyses de Leuchter.

Tant que n'aura pas lieu, entre spécialistes de compétence égale, un débat scientifique et public sur le rapport de l'ingénieur Fred Leuchter, et sur la contre-expertise de Cracovie effectuée 1990 à la demande des autorités du musée d'Auschwitz, et sur celle de Vienne, qui toutes deux confirmèrent les constatations du rapport Leuchter, et tant que l'ensemble des pièces du débat sur les "chambres à gaz" ne feront pas l'objet d'une discussion libre, le doute existera et même le scepticisme.

Jusqu'ici, à l'égard des contestataires de l'histoire officielle, les seuls arguments employés furent le refus de discuter, l'attentat, la censure et la répression.


3. Le mythe de L'"Holocauste"


<< Génocide : destruction méthodique d'un groupe ethnique par l'extermination de ses individus. >>

Dictionnaire Larousse

<< A l'instar de la promesse divine contenue dans la Bible, le Génocide est un élément de justification idéologique pour la création de l'État d'Israël. >>

Source : Tom Segev : "Le septième million". Ed. Liana Levi. 1993. p. 588.

Trois termes sont souvent employés pour définir le traitement qui fut infligé aux juifs, par le nazisme : Génocide, Holocauste, Shoah.

Le terme "Génocide" a un sens précis, de par son étymologie même : extermination d'une race. A supposer qu'il existât une "race" juive, comme le prétendait le racisme hitlérien et comme le soutiennent encore les dirigeants israéliens.

Y a-t-il eu, au cours de la guerre, un "génocide" des juifs ?

Le terme de "génocide", dans tous les dictionnaires, a un sens précis. Le Larousse donne, par exemple, cette définition : << Génocide : Destruction méthodique d'un groupe ethnique par l'extermination de ses individus. >>

Cette définition ne peut s'appliquer à la lettre que dans le cas de la conquête de Canaan par Josué, où il nous est dit pour chaque ville conquise : << il n'en reste aucun survivant >> (par exemple dans Nombres XXI, 35).

Le mot a donc été employé à Nuremberg de manière tout à fait erronée puisqu'il ne s'agit pas de l'anéantissement de tout un peuple comme ce fut le cas pour les "exterminations sacrées" des Amalécites, des Cananéens et d'autres peuples encore dont le livre de Josué dit par exemple qu'à Eglôn et à Hébron : << il ne laisse aucun survivant. >> (Josué X, 37) ou à Hagor: << ils passèrent tous les êtres humains au tranchant de l'épée...ils ne laissèrent aucun être animé. >> (Josué XI, 14).

Au contraire le judaïsme (sa définition comme "race" appartenant au vocabulaire hitlérien) a connu un essor considérable dans le monde depuis 1945).

Sans aucun doute les juifs ont été l'une des cibles préférées d'Hitler en raison de sa théorie raciste de la supériorité de la "race aryenne", et aussi de l'assimilation systématique qu'il fit entre les juifs et le communisme qui était son ennemi principal (ce dont témoignent les exécutions de milliers de communistes allemands, puis, au cours de la guerre, son acharnement contre les prisonniers "slaves"). Il avait, pour cet amalgame, créé le terme de "judéo-bolchevisme".

Dès la création de son parti "national-socialiste", il avait envisagé non seulement d'extirper le communisme, mais de chasser tous les juifs, d'Allemagne d'abord, puis de toute l'Europe lorsqu'il en fut le maître. Et ceci de la façon la plus inhumaine : d'abord par l'émigration, puis par l'expulsion, et, pendant la guerre, par l'incarcération dans des camps de concentration en Allemagne d'abord, puis par la déportation, envisagée d'abord à Madagascar, qui eût constitué un vaste ghetto pour les juifs européens, puis à l'Est dans les territoires occupés, surtout en Pologne, ou slaves, juifs, tziganes, furent décimés, d'abord par un travail forcé au service de la production de guerre, puis par de terribles épidémies de typhus dont la multiplication des fours crématoires témoigne de l'ampleur.

Quel fut le bilan atroce de cet acharnement hitlérien contre ses victimes politiques ou racistes ?

Cette deuxième guerre mondiale fit 50 millions de morts dont 17 millions de soviétiques et 9 millions d'Allemands. La Pologne, les autres pays occupés d'Europe, et aussi les millions de soldats d'Afrique ou d'Asie mobilisés pour cette guerre qui, comme la première, était née de rivalités occidentales, payèrent un lourd tribut de morts.

La domination hitlérienne fut donc autre chose qu'un vaste "pogrom" dont les juifs auraient été, sinon les seules, du moins les principales victimes, comme une certaine propagande tend à l'accréditer. Elle fut une catastrophe humaine qui, malheureusement, n'est pas sans précédent, car Hitler appliqua à des blancs ce que les colonialistes européens, depuis cinq siècles, appliquaient aux "hommes de couleur", depuis les Indiens d'Amérique, dont 60 millions sur 80 furent détruits (eux aussi par le travail forcé et les épidémies plus encore que par les armes) jusqu'aux Africains dont dix à vingt millions furent déportés aux Amériques, et, comme les négriers obtenaient un esclave pour 10 tués dans la lutte pour la capture, la "traite" coûta à l'Afrique de l00 à 200 millions de morts.

Le mythe faisait l'affaire de tout le monde : parler du << plus grand génocide de l'histoire >>, c'était, pour les colonialistes occidentaux, faire oublier leurs propres crimes : (la décimation des Indiens d'Amérique et la traite des esclaves africains), pour Staline, gommer ses répressions sauvages.

Pour les dirigeants anglo-américains, après le massacre de Dresde du 13 février 1945, qui fit périr dans les flammes, par les bombes au phosphore, en quelques heures, 200.000 civils, sans raison militaire puisque l'armée allemande battait en retraite sur tout le front de l'Est devant l'offensive foudroyante des soviétiques qui en janvier étaient déjà sur l'Oder.

Pour les États-Unis, plus encore, qui venaient de lâcher sur Hiroshima et Nagasaki, les bombes atomiques, faisant << plus de 200.000 tués et près de 150.000 blessés condamnés à plus ou moins longue échéance. >>

Source : Paul-Marie de la Gorce : "1939-1945. Une guerre inconnue". Ed. Flammarion. Paris, 1995. p. 535.

Les fins n'étaient pas militaires mais politiques. Churchill écrivait, dès 1948, dans son livre : "La Deuxième guerre mondiale" (Volume VI) : << Il serait faux de supposer que le sort du Japon fut décidé par la bombe atomique. >>

L'amiral américain William A. Leahy, dans son livre "I was there" ("J'étais là") confirme : << A mon avis, l'emploi de cette arme barbare à Hiroshima et Nagasaki n'a pas été d'une grande aide dans la guerre contre le Japon. >>

En effet, l'Empereur du Japon Hirohito avait déjà engagé la négociation pour la reddition de son pays, des le 21 mai 1945 auprès de l'Union Soviétique (qui n'était pas encore en guerre contre le Japon), par l'intermédiaire de son Ministre des Affaires étrangères et l'ambassadeur soviétique Malik. << Le Prince Konoye fut prié de se préparer à se rendre à Moscou pour négocier directement avec Molotov. >>

Source : Paul-Marie de la Gorce. op. cit. p. 532.

<< A Washington on connaissait parfaitement les intentions japonaises : "Magic" rendait compte de la correspondance entre le Ministre des Affaires Étrangères et son correspondant à Moscou. >>

Source : Idem. p. 533.

L'objectif poursuivi n'était donc pas militaire mais politique, comme l'avouait le ministre américain de l'Air, Finletter, expliquant que l'emploi des bombes atomiques avait pour but << de mettre le Japon "Knock-out" avant l'entrée de la Russie en guerre. >>

Source : "Saturday review of literature" du 5 juin 1944.

L'amiral américain Leahy concluait (op. cit.) : << En employant les premiers la bombe atomique, nous nous sommes abaissés au niveau moral des barbares du Moyen Age... cette arme nouvelle et terrible, qui sert à une guerre non civilisée, est une barbarie moderne, indigne des chrétiens. >>

Ainsi tous ces dirigeants, qu'un véritable "Tribunal International" composé par des pays neutres eût placés au banc des criminels de guerre à côté de Goering et de sa bande, découvrirent avec les "chambres à gaz", les "génocides" et les "holocaustes", un alibi inespéré pour "justifier" sinon pour effacer leurs propres crimes contre l'humanité.

L'historien américain W.F. Albright, qui fut Directeur de l'"American School of Oriental research" écrit dans son livre majeur de synthèse, "De l'âge de pierre à la chrétienté. Le monothéisme et son évolution." (Trad. française : Ed. Payot, 1951), après avoir justifié les "exterminations sacrées" de Josué dans son invasion de Canaan, << Nous autres, Américains, avons peut-être... moins le droit de juger les Israélites.. puisque nous avons exterminé... des milliers d'Indiens dans tous les coins de notre grand pays et avons réuni ceux qui restaient dans de grands camps de concentration. >> (p. 205).

Le terme d'Holocauste, appliqué au même drame depuis les années soixante-dix à partir du livre d'Elie Wiesel : "La nuit" (1958) et popularisé par le titre du film : "l'Holocauste", marque mieux encore la volonté de faire du crime commis contre les juifs un événement exceptionnel sans comparaison possible avec les massacres des autres victimes du nazisme ni même avec aucun autre crime de l'histoire, car leurs souffrances et leurs morts avaient ainsi un caractère sacral. Le "Larousse universel" (2 volumes, Paris, 1969, p. 772) définit ainsi l'"holocauste": << Sacrifice en usage chez les juifs, et dans lequel la victime était entièrement consumée par le feu. >>

Le martyre des juifs devenait ainsi irréductible à tout autre : par son caractère sacrificiel il était intégré au projet divin à la manière de la Crucifixion de Jésus dans la théologie chrétienne, inaugurant ainsi un temps nouveau. Ce qui permettra à un rabbin de dire : << La création de l'État d'Israël, c'est la réponse de Dieu à l'Holocauste. >>

Pour justifier le caractère sacral de l'holocause il fallait qu'il y eût

extermination totale,

crémation.

- a)
Extermination totale. Il fallait pour cela que fût envisagée une "solution finale" du problème juif qui fut l'extermination.

Or aucun texte n'a jamais pu être produit attestant que la "solution finale" du problème juif était pour les nazis l'extermination.

L'antisémitisme d'Hitler est lié, dès ses premiers discours, à la lutte contre le bolchevisme (il emploie constamment l'expression "judéo-bolchevisme") ; les premiers camps de concentration qu'il fit construire étaient destinés aux communistes allemands dont des milliers périrent, y compris leur chef Thaelman.

Quant aux juifs ils furent chargés par lui des accusations les plus contradictoires : d'abord, ils étaient - disait-il - les acteurs les plus actifs de la révolution bolchevique (Trotski, Zinoviev, Kamenev, etc..) ; en même temps, ils étaient, selon lui, les capitalistes les plus exploiteurs du peuple allemand.

Il importait donc, après avoir liquidé le mouvement communiste, et préparé l'expansion de l'Allemagne à l'Est, à la manière des chevaliers teutoniques, d'écraser l'Union Soviétique, ce qui fut, du début à la fin de sa carrière, sa préoccupation centrale, obsessionnelle, et qui se manifesta, au temps de sa puissance, par sa férocité à l'égard des prisonniers slaves (polonais et russes). Il créa même, pendant la guerre contre l'U.R.S.S., des "Einsatzgruppen", c'est-à-dire des unités chargées spécialement de lutter contre la guerre des partisans soviétiques et d'abattre leurs commissaires politiques, même prisonniers. Parmi eux beaucoup de juifs, héroïques, comme leurs compagnons slaves, furent massacrés.

Ce qui prouve les limites de la propagande sur "l'antisémitisme soviétique". L'on ne peut à la fois prétendre que les soviétiques écartaient les juifs des postes importants et affirmer que les juifs constituaient la majorité des "commissaires politiques" des partisans que les "Einsatzgruppen" étaient chargés d'abattre. Car on imagine mal qu'une telle responsabilité : diriger l'action des partisans derrière les lignes ennemies (ou la désertion et la collaboration étaient le plus aisées) eût été confiée à des juifs dont on se serait méfié...

Quant à la masse des juifs allemands puis européens lorsque Hitler devint maître du continent, l'une des idées les plus monstrueuses des nazis fut d'en vider l'Allemagne puis l'Europe (judenrein).

Hitler procéda par étapes :

* la première fut d'organiser leur émigration dans des conditions qui lui permettaient de spolier les plus riches. (Et nous avons vu que les dirigeants sionistes de la "Haavara" collaborèrent avec efficacité à cette entreprise, en promettant, en échange, d'empêcher le boycott de l'Allemagne hitlérienne et de ne pas participer au mouvement antifasciste.)

* la deuxième étape fut l'expulsion pure et simple poursuivant le dessein de les envoyer tous dans un ghetto mondial : après la capitulation de la France : l'île de Madagascar, qui devait passer sous contrôle allemand après avoir fait indemniser par la France les anciens résidents français. Le projet fut abandonné, moins du fait des réticences françaises, qu'en raison de l'importance du tonnage de navires nécessaires pour cette opération, qu'en temps de guerre l'Allemagne ne pouvait consacrer à cette tâche.

* L'occupation hitlérienne de l'Est de l'Europe, notamment de la Pologne, rendit possible d'atteindre la "solution finale" : vider l'Europe de ses juifs en les déportant massivement dans ces camps extérieurs. C'est là qu'ils subirent les pires souffrances, non seulement celles de toutes les populations civiles en temps de guerre, telles que les bombardements aériens, la famine et les privations de toutes sortes, les marches forcées, mortelles pour les plus faibles, pour évacuer les centres, mais aussi le travail forcé, dans les conditions les plus inhumaines pour servir l'effort de guerre allemand (Auschwitz-Birkenau était, par exemple, le centre le plus actif des industries chimiques de l' I. G. Farben). Enfin les épidémies, notamment le typhus, firent d'épouvantables ravages dans une population concentrationnaire sous-alimentée et réduite à l'épuisement.

Est-il donc nécessaire de recourir à d'autres méthodes pour expliquer la terrible mortalité qui frappa les victimes de tels traitements, et d'exagérer démesurément les nombres, au risque d'être obligés ensuite de les réviser en baisse :

* de changer l'inscription de Birkenau-Auschwitz pour réduire le nombre des morts de 4 millions à 1 ?

* de changer l'inscription de la "chambre à gaz" de Dachau pour préciser qu'elle n'a jamais fonctionné.

* ou celle du "Vélodrome d'Hiver" à Paris indiquant que le nombre de juifs qui y furent parqués était de 8.160 et non pas 30.000 comme l'indiquait la plaque d'origine, qui a été retirée.

Source : "Le Monde", 18 juillet l990, p. 7.

Est-il besoin, dès lors, pour maintenir à tout prix son caractère d'exceptionnalité à "l'Holocauste" (extermination sacrificielle par le feu) d'agiter le spectre des "chambres à gaz" ?

En 1980, pour la première fois le caractère unique du massacre des juifs fut remis en question par un journaliste célèbre, Boaz Evron :

<< ... Comme si cela allait de soi, chaque hôte de marque est emmené en visite obligatoire à Yad Vashem [...] pour bien lui faire comprendre les sentiments et la culpabilité que l'on attend de lui. >>

<< En estimant que le monde nous hait et nous persécute, nous nous croyons exemptés de la nécessité d'être comptables de nos actes à son égard.>> L'isolement paranoïaque par rapport au monde et à ses lois pouvait entraîner certains Juifs à traiter les non-Juifs comme des sous-hommes, rivalisant ainsi avec le racisme des nazis. Evron mit en garde contre la tendance à confondre l'hostilité des Arabes avec l'antisémitisme nazi. << On ne peut distinguer la classe dirigeante d'un pays de sa propagande politique, car celle-ci est présentée comme une part de sa réalité, écrivait-il. Ainsi, les gouvernants agissent dans un monde peuplé de mythes et de monstres qu'ils ont eux-mêmes créés. >>

Source : Boaz Evron : "Le génocide : un danger pour la nation" Iton 77 Ndeg. 21. mai - juin 1980. p. 12 et sqq.

D'abord bien qu'existe dans l'esprit de millions de gens dont la bonne foi est indiscutable, la confusion entre "four crématoire" et "chambre à gaz", l'existence, dans les camps hitlériens d'un nombre important de fours crématoires pour tenter d'enrayer la diffusion des épidémies de typhus, le four crématoire n'est pas un argument suffisant : il existe des fours crématoires dans toutes les grandes villes, à Paris, (au Père-Lachaise) à Londres, et dans toutes les capitales importantes, et ces incinérations ne signifient pas évidemment une volonté d'exterminer les populations.

Il fallut donc adjoindre aux fours crématoires des "chambres à gaz" pour établir le dogme de l'extermination par le feu.

La première exigence, élémentaire pour en démontrer l'existence, était de produire l'ordre prescrivant cette mesure. Or dans les archives si minutieusement établies par les autorités allemandes, et toutes saisies par les alliés lors de la défaite d'Hitler, ni les budgets affectés à cette entreprise, ni les directives concernant la construction et le fonctionnement de ces chambres, en un mot, rien de ce qui eût permis l'expertise de "l'arme du crime", comme dans toute enquête judiciaire normale, ne fut trouvé. Rien de tel ne fut produit.

Il est remarquable qu'après avoir officiellement reconnu qu'il n'y avait pas eu de gazage homicide dans le territoire de l'ancien Reich malgré les attestations innombrables de "témoins oculaires", le même critère de la subjectivité des témoignages n'ait plus été accepté en ce qui concerne les camps de l'Est, de Pologne notamment. Même lorsque ces "témoignages" sont entachés des plus légitimes suspicions.

Celui-là même, Mr. Martin Broszat, qui avait publié en 1958, comme si ce fut un document authentique, le journal du Commandant d'Auschwitz, Rudolf Höss, écrit, dans "Die Zeit" du 19 août 1960, p. 16, une lettre disant qu'il n'y avait pas eu de gazage homicide à Dachau ni, d'une manière générale, dans tous les camps de l'Allemagne dans ses frontières de l'ancien Reich.

Martin Broszat, de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich écrit: << Ni à Dachau, ni à Bergen-Belsen, ni à Buchenwald, des juifs ni d'autres détenus n'ont été gazés. >>

(Le Dr Martin Broszat devint, en 1972, Directeur de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich.)

La révélation était d'autant plus importante qu'une quantité de "témoignages" de "témoins oculaires" avaient affirmé l'existence de chambres à gaz dans ces camps et qu'une mise en scène "reconstituant" la "chambre à gaz" de Dachau était le document qui impressionnait le plus fortement les visiteurs, en particulier en Amérique.

Au tribunal de Nuremberg, Sir Harley Shawcross, le 26 juillet 1946, mentionne << des chambres à gaz non seulement à Auschwitz et à Treblinka, mais aussi à Dachau.. >> (T.M.I., tome 19, p. 4563)

La mise en scène du Musée de Dachau permit de tromper, non seulement des milliers d'enfants que l'on y amenait pour leur enseigner le dogme de l'Holocauste, mais aussi des adultes, tel le Père Morelli, dominicain, qui écrit dans "Terre de détresse" (Ed. Bloud et Gay, 1947, p. 15) : << j'ai posé des yeux pleins d'épouvante sur le sinistre hublot d'où les bourreaux nazis pouvaient pareillement voir se tordre les gazés misérables. >>

Il n'est pas jusqu'à des anciens déportés de Buchenwald ou de Dachau qui se laissèrent suggestionner par la légende si soigneusement entretenue. Un grand historien français, Michel de Boüard, doyen honoraire de la Faculté de Caen, membre de l'Institut et ancien déporté de Mauthausen, déclarait en 1986 :

<< Dans la monographie sur Mauthausen que j'ai donnée (...) en 54, à deux reprises je parle de chambre à gaz. Le temps de la réflexion venu, je me suis dit : où ai-je acquis la conviction qu'il y avait une chambre à gaz à Mauthausen ? Ce n'est pas pendant mon séjour au camp car ni moi ni personne ne soupçonnait qu'il pouvait y en avoir ; c'est donc un "bagage" que j'ai reçu après la guerre, c'était admis. Puis j'ai remarqué que dans mon texte - alors que j'appuie la plupart de mes affirmations par des références - il n'y en avait pas concernant la chambre à gaz... >>

Source : "Ouest-France", 2 et 3 août 1986. p. 6.

Jean Gabriel Cohn-Bendit écrivait déjà : << Battons-nous pour qu'on détruise ces chambres à gaz qu'on montre aux touristes dans les camps où l'on sait maintenant qu'il n'y en avait point, sous peine qu'on ne nous croie plus sur ce dont nous sommes sûrs. >>

Source : "Libération" du 5 mars 1979, p. 4.

Dans le film qui fut projeté à Nuremberg au tribunal et à tous les accusés, la seule chambre à gaz qui soit présentée est celle de Dachau.

Le 26 août 1960, M. Broszat, au nom de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich, d'obédience sioniste, écrivait dans "Die Zeit" (p. 14) : << La chambre à gaz de Dachau ne fut jamais achevée, et n'a jamais fonctionné. >>

Depuis l'été 1973, une pancarte, en face des douches, explique que : <<cette chambre à gaz, camouflée en salle de douches, n'a jamais été mise en service. >>ajoutant que les prisonniers condamnés au gazage étaient transférés à l'Est.

Mais la "chambre à gaz" de Dachau est la seule qui ait été présentée en photographie aux accusés de Nuremberg, comme un des lieux d'extermination massive, et les accusés y ont cru, à l'exception de Goering et de Streicher.




4. Le mythe d'une "terre sans peuple pour un peuple sans terre"



"Il n'y a pas de peuple palestinien... Ce n'est pas comme si nous étions venus les mettre à la porte et leur prendre leur pays. Ils n'existent pas."

Source : Madame Golda Meir. Déclaration au "Sunday Times", 15 juin 1969.



L'idéologie sioniste repose sur un postulat très simple : il est écrit dans la Genèse (XV, 18-21) : << Le Seigneur conclut une Alliance avec Abraham en ces termes : C'est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d'Égypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate. >>

A partir de là, sans se demander en quoi consiste l'Alliance, à qui a été faite la Promesse, ou si l'Élection était inconditionnelle, les dirigeants sionistes, même s'ils sont agnostiques ou athées, proclament : la Palestine nous a été donnée par Dieu.

Les statistiques, même du gouvernement israélien, montrent que 15% des Israéliens sont religieux. Ceci n'empêche pas 90% d'entre eux d'affirmer que cette terre leur a été donnée par Dieu... auquel ils ne croient pas.

L'immense majorité des Israéliens actuels ne partage ni la pratique, ni la foi, religieuses, et les différents "partis religieux" qui jouent pourtant un rôle décisif dans l'État d'Israël, ne rassemblent qu'une infime minorité des citoyens.

Cet apparent paradoxe est expliqué par Nathan Weinstock dans son livre : "Le sionisme contre Israël" (Ed. Maspéro, 1969, p. 315) << Si l'obscurantisme rabbinique triomphe en Israël, c'est parce que la mystique sioniste n'a de cohérence que par référence à la religion mosaïque. Supprimez les concepts de "Peuple élu" et de "Terre promise", et le fondement du sionisme s'effondre. C'est pourquoi les partis religieux puisent paradoxalement leur force dans la complicité des sionistes agnostiques. La cohérence interne de la structure sioniste d'Israël a imposé à ses dirigeants le renforcement de l'autorité du clergé. C'est le parti social-démocrate "Mapaï", sous l'impulsion de Ben Gourion, qui a inscrit les cours de religion obligatoires au programme des écoles, et non les partis confessionnels. >>

<< Ce pays existe comme accomplissement d'une promesse faite par Dieu lui-même. Il serait ridicule de lui demander des comptes sur sa légitimité. Tel est l'axiome de base formulé par Madame Golda Meir. >>

Source : "Le Monde" du 15 octobre 1971.

<< Cette terre nous a été promise et nous avons un droit sur elle. >> redit Beghin.

Source : Déclaration de Beghin à Oslo . "Davar". 12 décembre 1978.

<< Si l'on possède la Bible, si on se considère comme le peuple de la Bible, on devrait posséder également les terres bibliques, celles des Juges et des Patriarches, de Jérusalem, d'Hébron, de Jéricho, et d'autres lieux encore.>>

Source : Moshé Dayan. "Jérusalem Post". 10 août 1967.

Très significativement, Ben Gourion évoque le "précédent" américain où en effet, pendant un siècle, la frontière demeura mouvante jusqu'au Pacifique, où fut proclamée la "fermeture de la frontière" en fonction des succès de la "chasse aux Indiens" pour les refouler et s'emparer de leurs terres.

Ben Gourion dit très clairement : << Il ne s'agit pas de maintenir le statu-quo. Nous avons à créer un État dynamique, orienté vers l'expansion.>>

La pratique politique correspond à cette singulière théorie : prendre la terre, et en chasser les habitants, comme le firent Moïse et son successeur Josué.

Menahem Beghin, le plus profondément imbu de la tradition biblique, proclamait :

<< ERETZ Israël sera rendue au peuple d'Israël. Tout entière et pour toujours .>>

Source : Menahem Beghin : "The revolt : story of the Irgoun". p. 335.

Ainsi d'emblée, l'État d'Israël se place au dessus de toute loi internationale.

Imposé à l'O.N.U., le 11 mai 1949 par la volonté des États-Unis, l'État d'Israël ne fut admis qu'à trois conditions :

1 - Ne pas toucher au statut de Jérusalem ;

2 - Permettre aux Arabes palestiniens de revenir chez eux ;

3 - Respecter les frontières fixées par la décision de partition.

Parlant de cette résolution des Nations Unies sur le "partage", prise bien avant son admission, Ben Gourion déclare :

<< l'État d'Israël considère que la résolution des Nations Unies du 29 novembre 1947, est nulle et non avenue. >>

Source : " New York Times ", 6 décembre 1953.

Faisant écho aux thèses citées plus haut de l'américain Albright, sur le parallèle entre les expansions américaines et sionistes, le Général Moshé Dayan écrit :

<< Prenez la Déclaration américaine de l'Indépendance. Elle ne contient aucune mention des limites territoriales. Nous ne sommes pas obligés de fixer les limites de l'État. >>

Source : " Jerusalem Post " du 10 août 1967.

La politique correspond très exactement à cette loi de la jungle : la "partition" de la Palestine découlant de la résolution des Nations Unies ne fut jamais respectée.

Déjà, la résolution de partage de la Palestine, adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies (composée alors d'une écrasante majorité d'États Occidentaux) le 29 novembre 1947, marque les desseins de l'Occident sur leur "bastion avancé" : à cette date les Juifs constituent 32 % de la population et possèdent 5,6 % du sol : ils reçoivent 56 % du territoire, avec les terres les plus fertiles. Ces décisions avaient été obtenues sous la pression des États-Unis.

Le Président Truman exerça une pression sans précédent sur le Département d'État. Le Sous-Secrétaire d'État Summer Welles écrit : << Par ordre direct de la Maison-Blanche les fonctionnaires américains devaient user de pressions directes ou indirectes... afin d'assurer la majorité nécessaire au vote final >>.

Source : Summer Welles, "We need not fail". Boston, 1948. p. 63.

Le Ministre de la Défense d'alors, James Forrestal, confirme : << Les méthodes utilisées pour faire pression, et pour contraindre les autres nations au sein des Nations Unies, frôlaient le scandale. >>

Source : " Les Mémoires de Forrestal ". N.Y. The Viking Press. 1951, p. 363.

La puissance des monopoles privés fut mobilisée :

Dex Pearson, dans le Chicago-Daily du 9 février 1948, donne des précisions, dont celle-ci : << Harvey Firestone, propriétaire des plantations de caoutchouc au Libéria, agit auprès du gouvernement libérien... >>

Dès 1948, même ces décisions partiales furent violées.

Les Arabes protestant contre une telle injustice et la refusant, les dirigeants israéliens en profitent pour s'emparer de nouveaux territoires, notamment Jaffa et Saint Jean d'Acre, si bien qu'en 1949 les sionistes contrôlaient 80% du pays et que 770.000 Palestiniens avaient été chassés.

La méthode employée était celle de la terreur :

L'exemple le plus éclatant fut celui de Deir Yassin : le 9 avril 1948, par une méthode identique à celle des nazis à Oradour, les 254 habitants de ce village (hommes, femmes, enfants, vieillards) furent massacrés par les troupes de "L'Irgoun", dont le chef était Menahem Beghin.

Dans son livre "La Révolte : Histoire de l'Irgoun", Beghin écrit qu'il n'y aurait pas eu d'État d'Israël sans la "Victoire" de Deir Yassin (p. 162 de l'édition anglaise). Il ajoute :

<< La Hagana effectuait des attaques victorieuses sur d'autres fronts... Pris de panique, les Arabes fuyaient en criant : Deir Yassin. >> (Idem, p. 162, repris par l'édition française p. 200.)

Était considéré comme "absent" tout Palestinien ayant quitté son domicile avant le 1er août 1948.

C'est ainsi que les 2/3 des terres possédées par les Arabes (70.000 ha sur 110.000) furent confisquées. Lorsqu'en 1953 fut promulguée la loi sur la propriété foncière, l'indemnité est fixée sur la valeur de la terre en 1950, mais entre-temps la livre israélienne avait perdu 5 fois sa valeur.

En outre, depuis le début de l'immigration juive, et là encore dans le plus pur style colonialiste, les terres étaient achetées à des féodaux propriétaires (les "effendi") non résidents ; si bien que les paysans pauvres, les fellahs, furent chassés de la terre qu'ils cultivaient, par ces arrangements faits sans eux entre leurs maîtres anciens et les nouveaux occupants. Privés de leur terre ils ne leur restait plus qu'à fuir.

Les Nations Unies avaient nommé un médiateur, le Comte Folke Bernadotte. Dans son premier rapport le Comte Bernadotte écrivait : << Ce serait offenser les principes élémentaires que d'empêcher ces innocentes victimes du conflit de retourner à leur foyer, alors que les immigrants juifs affluent en Palestine et, de plus, menacent, de façon permanente, de remplacer les réfugiés arabes enracinés dans cette terre depuis des siècles. >> Il décrit << le pillage sioniste à grande échelle et la destruction de villages sans nécessité militaire apparente. >>

Ce rapport (U.N. Document A. 648, p. 14) a été déposé le 16 septembre 1948. Le 17 septembre 1948 le Comte Bernadotte et son assistant français, le Colonel Serot, étaient assassinés dans la partie de Jérusalem occupée par les sionistes.

Source : Sur l'assassinat du Comte Bernadotte, voir le rapport du Général A. Lundstrom (qui se trouvait assis dans la voiture de Bernadotte), rapport adressé, le jour même de l'attentat (17 septembre 1948) aux Nations Unies. Puis le livre publié par ce général pour le 20deg.anniversaire du crime, L'assassinat du Comte Bernadotte, imprimé à Rome (éd. East. A. Fanelli) en 1970, sous le titre : Un tributo alla memoria del Comte Folke Bernadotte. Le livre de Ralph Hewins : Count Bernadotte, his life and work (Hutchinson, 1948). Et, dans l'hebdomadaire milanais Europa, les aveux de Baruch Nadel (cités dans Le Monde du 4 et 5 juillet 1971).

Ce n'était pas le premier crime sioniste contre quiconque dénonçait leur imposture.

Lord Moyne, Secrétaire d'État anglais au Caire, déclare, le 9 juin 1942, à la Chambre des Lords, que les juifs n'étaient pas les descendants des anciens Hébreux, et qu'ils n'avaient pas de "revendication légitime" sur la Terre Sainte. Partisan de modérer l'immigration en Palestine, il est alors accusé d'être << un ennemi implacable de l'indépendance hébreue. >>

Source : Isaac Zaar : "Rescue and liberation : America's part in the birth of Israël", N.Y. Bloc Publishing Cy. 1954 p. 115.

Le 6 novembre 1944, Lord Moyne est abattu au Caire par 2 membres du groupe Stern (d'Itzac Shamir)

Des années plus tard, le 2 juillet 1975, l'Evening Star d'Auckland révèle que les corps des deux assassins exécutés ont été échangés, contre 20 prisonniers arabes, pour les enterrer au "Monument des héros" à Jérusalem. Le gouvernement anglais déplora qu'Israël honore des assassins et en fasse des héros.

Le 22 juillet 1946, l'aile de l'hôtel du Roi David, à Jérusalem, où était installé l'état-major militaire du Gouvernement anglais, explosait, entraînant la mort d'environ 100 personnes : Anglais, Arabes et juifs. C'était l'oeuvre de l'Irgoun, de Menahem Beghin, qui le revendiqua.

L'État d'Israël se substitua alors aux anciens colonialistes, et avec les mêmes procédés : par exemple l'aide agricole permettant l'irrigation fut distribuée d'une manière discriminatoire, de telle sorte que les occupants juifs furent systématiquement favorisés : entre 1948 et 1969, la surface des terres irriguées est passée, pour le secteur juif, de 20.000 à 164.000 ha, et, pour le secteur arabe de 800 à 4.100 ha. Le système colonial a été ainsi perpétué et même aggravé : Le Docteur Rosenfeld, dans son livre : "Les travailleurs arabes migrants", publié par l'Université hébraïque de Jérusalem en 1970, reconnaît que l'agriculture arabe était plus prospère au temps du mandat britannique qu'aujourd'hui.

La ségrégation s'exprime aussi dans la politique du logement. Le Président de la Ligue israélienne des Droits de l'Homme, le docteur Israël Shahak, professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem, dans son livre, "Le racisme de l'État d'Israël" (p. 57) nous apprend qu'il existe en Israël des villes entières (Carmel, Nazareth, Illith, Hatzor, Arad, Mitzphen-Ramen, et d'autres) où la loi interdit formellement aux non-juifs d'habiter.

Au niveau de la culture règne le même esprit colonialiste.

<< Le Ministre de l'Éducation Nationale, en 1970, proposa aux lycéens deux versions différentes de la prière au "Yizkar". L'une déclare que les camps de la mort avaient été bâtis par le "gouvernement nazi diabolique et la nation allemande de meurtriers". La seconde évoque plus globalement "la nation allemande de meurtriers"... Elles comportent, toutes les deux un paragraphe... appelant DIEU "à venger sous nos yeux le sang des victimes">>.

Source : "Ce sont mes frères que je cherche". Ministère de l'éducation et de la culture. Jérusalem, 1990.

Cette culture de la haine raciale a porté ses fruits :

<< A la suite de Kahana, des soldats, de plus en plus nombreux, pénétrés de l'histoire du Génocide, imaginèrent toutes sortes de scénarios pour exterminer les Arabes >>, dit se souvenir l'officier Ehud Praver, responsable du corps enseignant de l'armée. << Il est très préoccupant que le Génocide puisse ainsi légitimer un racisme juif. Nous devons désormais savoir qu'il n'est pas seulement indispensable de traiter de la question du Génocide, mais aussi de celle de la montée du fascisme, d'en expliquer la nature et les dangers pour la démocratie. >> Selon Praver, << trop de soldats se sont mis à croire que le Génocide peut justifier n'importe quelle action déshonorante. >>

Source : Tom Segev. op. cit. p. 473.

Le problème a été posé très clairement, avant même l'existence de l'État d'Israël. Le Directeur du "Fonds national juif", Yossef Weitz, écrivait dès 1940 :

<< Il doit être clair pour nous qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Si les Arabes le quittent, il nous suffira (...) Il n'existe pas d'autre moyen que de les déplacer tous ; il ne faut pas laisser un seul village, une seule tribu... Il faut expliquer à Roosevelt, et à tous les chefs d'États amis, que la terre d'Israël n'est pas trop petite si tous les Arabes s'en vont, et si les frontières sont un peu repoussées vers le nord, le long du Litani, et vers l'est, sur les hauteurs du Golan. >>

Source : Yossef Weitz, "Journal", Tel-Aviv, 1965.

Dans le grand journal israélien Yediot Aharonoth, du 14 juillet 1972, Yoram Ben Porath, rappelait avec force l'objectif à atteindre : << C'est le devoir des dirigeants israéliens d'expliquer clairement et courageusement à l'opinion un certain nombre de faits, que le temps fait oublier. Le premier de ceux-ci, c'est le fait qu'il n'y a pas de sionisme, de colonisation, d'État juif, sans l'éviction des Arabes et l'expropriation de leurs terres. >>

Nous sommes, ici encore, dans la logique la plus rigoureuse du système sioniste : comment créer une majorité juive dans un pays peuplé par une communauté arabe palestinienne autochtone ?

Le sionisme politique a apporté la seule solution découlant de son programme colonialiste : réaliser une colonie de peuplement en chassant les Palestiniens, et en poussant à l'immigration juive.

Chasser les Palestiniens et s'emparer de leur terre fut une entreprise délibérée et systématique.

Au temps de la Déclaration Balfour les sionistes ne possédaient que 2,5% de terre, et lors de la décision de "partage" de la Palestine, 6,5%. En 1982, ils en possèdent 93%.

Les procédés employés, pour déposséder l'autochtone de sa terre, sont ceux du colonialisme le plus implacable, avec une coloration raciste encore plus marquée dans le cas du sionisme.

La première étape avait les caractères d'un colonialisme classique : il s'agissait d'exploiter la main-d'oeuvre locale. C'était la méthode du Baron Édouard de Rothschild : tout comme en Algérie il exploitait, sur ses vignobles, la main d'oeuvre à bon marché des fellahs, il avait simplement étendu son champ d'action en Palestine, exploitant, sur ses vignobles, d'autres Arabes que les Algériens.

Un tournant s'opéra, aux alentours de 1905, lorsqu'arriva de Russie une vague nouvelle d'immigrants au lendemain de l'écrasement de la Révolution de 1905. Au lieu de continuer le combat sur place, aux côtés des autres révolutionnaires russes, les déserteurs de la révolution vaincue importèrent en Palestine un étrange "socialisme sioniste". Ils créèrent des coopératives artisanales et des "Kibboutz" paysans en éliminant les fellahs palestiniens pour créer une économie s'appuyant sur une classe ouvrière et agricole juive. Du colonialisme classique (du type anglais ou français), l'on passait ainsi à une colonie de peuplement, dans la logique du sionisme politique, impliquant un afflux d'immigrants "en faveur" desquels, et "contre" personne (comme dit le Professeur Klein), devaient être réservés la terre et les emplois. Il s'agit désormais de remplacer le peuple palestinien par un autre peuple, et, naturellement, de s'emparer de la terre.

Le point de départ de la grande opération c'est la création, en 1901, du "Fonds national juif" qui présente ce caractère original, même par rapport aux autres colonialismes : la terre acquise par lui ne peut être revendue, ni même louée, à des non-juifs.

Deux autres lois concernent le Kéren Kayémet ("Fonds national juif". Loi adoptée le 23 novembre 1953) et le Kéren Hayesod ("Fonds de reconstruction". Loi adoptée le 10 janvier 1956). << Ces deux lois, écrit le Professeur Klein, ont permis la transformation de ces sociétés, qui se voient attribuer un certain nombre de privilèges. >> Sans énumérer ces privilèges, il introduit, comme une simple "remarque", le fait que des terres possédées par le "Fonds national juif" sont déclarées "Terres d'Israël", et une loi fondamentale est venue proclamer l'inaliénabilité de ces terres. C'est l'une des quatre "lois fondamentales" (éléments d'une future constitution, qui n'existe toujours pas, 50 ans après la création d'Israël) adoptées en 1960. Il est fâcheux que le savant juriste, avec son habituel souci de la précision, ne fasse aucun commentaire sur cette "inaliénabilité". Il n'en donne même pas la définition : une terre "sauvée" (Rédemption de la terre) par le Fonds national juif, est une terre devenue "juive" : elle ne pourra jamais être vendue à un "non-juif", ni louée à un "non-juif", ni travaillée par un "non-juif".

Peut-on nier le caractère de discrimination raciste de cette loi fondamentale?

La politique agraire des dirigeants israéliens est celle d'une spoliation méthodique de la paysannerie arabe.

L'ordonnance foncière de 1943, sur l'expropriation d'intérêt public, est un héritage de la période du mandat anglais. Cette loi est détournée de son sens lorsqu'elle est appliquée de façon discriminatoire, par exemple lorsqu'en 1962 sont expropriés 500 ha à Deir El-arad, Nabel et Be'neh, "l'intérêt public" consistant à créer la ville de Carmel réservée aux seuls Juifs.

Autre procédure : l'utilisation des "lois d'urgence", décrétées en 1945 par les Anglais contre les Juifs et les Arabes. La loi 124 donne au Gouverneur militaire, sous prétexte, cette fois, de "sécurité", la possibilité de suspendre tous les droits des citoyens, y compris leurs déplacements : il suffit que l'armée déclare une zone interdite "pour raison de sécurité d'État", pour qu'un Arabe ne puisse se rendre sur ses terres sans autorisation du gouverneur militaire. Si cette autorisation est refusée, la terre est alors déclarée "inculte", et le ministère de l'Agriculture peut << prendre possession de terres non cultivées afin d'en assurer la culture >>.

Lorsque les Anglais promulguèrent, en 1945, cette législation férocement colonialiste, pour lutter contre le terrorisme juif, le juriste Bernard (Dov) Joseph, protestant contre ce système de "lettres de cachet" déclara : << Serons-nous tous soumis à la terreur officielle ?... Aucun citoyen n'est à l'abri d'un emprisonnement à vie sans procès... les pouvoirs de l'administration d'exiler n'importe qui sont illimités... il n'est pas besoin de commettre une quelconque infraction, une décision prise dans quelque bureau suffit... >>.

Le même Bernard (Dov) Joseph, devenu ministre de la Justice d'Israël, appliquera ces lois contre les Arabes.

J. Shapira, à propos des mêmes lois, dans le même meeting de protestation du 7 février 1946, à Tel-Aviv, (Hapraklit, février 1946, p. 58-64), déclarait plus fermement encore : << L'ordre établi par cette législation est sans précédent dans les pays civilisés. Même en Allemagne nazie il n'existait pas de pareilles lois. >> Le même J. Shapira, devenu Procureur général de l'État d'Israël, puis ministre de la Justice, appliquera ces lois contre les Arabes. Car pour justifier le maintien de ces lois de terreur, "l'état d'urgence" n'a jamais été abrogé, depuis 1948, dans l'État d'Israël.

Shimon Pérès écrivait, dans le journal Davar du 25 janvier 1972 :

<< L'utilisation de la loi 125, sur laquelle le gouvernement militaire est fondé, est en continuation directe de la lutte pour l'implantation juive et l'immigration juive. >>

L'ordonnance sur la culture des terres en friche, de 1948, amendée en 1949, va dans le même sens, mais par une voie plus directe : sans même chercher le prétexte de "l'utilité publique" ou de la "sécurité militaire", le ministre de l'Agriculture peut réquisitionner toute terre abandonnée. Or, l'exode massif des populations arabes sous la terreur, du genre de Deir Yassin en 1948, de Kafr Kassem le 29 octobre 1956, ou des "progroms" de "l'unité 101", créée par Moshé Dayan, et longtemps commandée par Ariel Sharon, a ainsi "libéré" de vastes territoires, vidés de leurs propriétaires ou travailleurs arabes, et donnés aux occupants juifs.

Le mécanisme de la dépossession des fellahs est complété par l'ordonnance du 30 juin 1948, l'arrêté d'urgence du 15 novembre 1948 sur les propriétés des "absents", la loi relative aux terres des "absents" (14 mars 1950), la loi sur l'acquisition des terres (13 mars 1953), et tout un arsenal de mesures tendant à légaliser le vol en contraignant les Arabes à quitter leur terre pour y installer des colonies juives, comme le montre Nathan Weinstock dans son livre "Le sionisme contre Israël".

Pour effacer jusqu'au souvenir de l'existence de la population agricole palestinienne, et accréditer le mythe du "pays désert", les villages arabes furent détruits, avec leurs maisons, leurs clôtures, et même leurs cimetières et leurs tombes. Le Professeur Israël Shahak a donné, en 1975, district par district, la liste de 385 villages arabes détruits, passés au bulldozer, sur 475 existant en 1948.

<< Pour convaincre qu'avant Israël, la Palestine était un "désert", des centaines de villages ont été rasés au bulldozer avec leurs maisons, leurs clôtures, leurs cimetières et leurs tombes. >>

Source : Israël Shahak. "Le racisme de l'État d'Israël", p. 152 et suivantes.

Les colonies israéliennes continuent à s'implanter, avec un regain depuis 1979, en Cisjordanie, et, toujours selon la plus classique tradition colonialiste, les colons ont été armés.

Le résultat global est le suivant : après avoir chassé un million et demi de Palestiniens, la "terre juive", comme disent les gens du "Fonds national juif", 6,5% en 1947, représente aujourd'hui plus de 93% de la Palestine (dont 75% à l'État, et 14% au Fonds national).

Le bilan de cette opération était d'avance remarquablement (et significativement) résumé dans le journal des Afrikaners de l'Afrique du sud, "Die Transvaler", expert en matière de discrimination raciale (apartheid) : << quelle est la différence entre la manière par laquelle le peuple israélien s'efforce de rester lui-même parmi les populations non-juives, et celle des Afrikaners pour essayer de rester ce qu'ils sont ? >>

Source : Henry Katzew, "South Africa : a country without friends", cité par R. Stevens (Zionism, South Africa, and Apartheid).

Le même système d'"apartheid" se manifeste dans le statut personnel comme dans l'appropriation des terres. L'"autonomie" que veulent octroyer aux Palestiniens les Israéliens, c'est l'équivalent des "bantoustans" pour les Noirs en Afrique du sud.

Analysant les conséquences de la loi du "Retour", Klein pose la question : << Si le peuple juif déborde largement la population de l'État d'Israël, inversement, l'on peut dire que toute la population de l'État d'Israël n'est pas juive, puisque le pays compte une importante minorité non-juive, essentiellement arabe et druze. La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure l'existence d'une Loi du Retour, qui favorise l'immigration d'une partie de la population (définie par son appartenance religieuse et ethnique) ne peut être considérée comme discriminatoire. >>

Source : Claude Klein, Directeur de l'Institut de droit comparé à l'Université hébraïque de Jérusalem. "Le caractère juif de l'État d'Israël". Ed. Cujas. Paris, 1977. p. 33.

L'auteur se demande en particulier si la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciales (adoptée le 21 décembre 1965 par l'Assemblée générale des Nations Unies) ne s'applique pas à la Loi du Retour. Par une dialectique dont nous laissons juge le lecteur, l'éminent juriste conclut par ce distinguo subtil : en matière de non-discrimination << une mesure ne doit pas être dirigée contre un groupe particulier. La Loi du Retour est prise en faveur des Juifs qui veulent s'établir en Israël, elle n'est dirigée contre aucun groupe ou nationalité. On ne voit pas dans quelle mesure cette loi serait discriminatoire. >>.

Source : op. cit. de Klein, p. 35.

Au lecteur qui risquerait d'être dérouté par cette logique pour le moins audacieuse, qui revient à dire, selon une boutade célèbre, que tous les citoyens sont égaux mais certains sont plus égaux que les autres - illustrons concrètement la situation créée par cette Loi du Retour. Pour ceux qui n'en bénéficient pas est prévue une Loi sur la nationalité (5712-1952); elle concerne (article 3) << tout individu qui, immédiatement avant la fondation de l'État, était sujet palestinien, et qui ne devient pas israélien en vertu de l'article 2 >> (celui qui concerne les Juifs). Ceux que désigne cette périphrase (et qui sont considérés comme << n'ayant jamais eu de nationalité auparavant >>, c'est-à-dire comme des apatrides par hérédité) doivent prouver (preuve documentaire très souvent impossible parce que les papiers ont disparu dans la guerre et la terreur qui ont accompagné l'instauration de l'État sioniste), qu'ils habitaient cette terre de telle à telle époque. Sans quoi reste, pour devenir citoyen, la voie de la "naturalisation", exigeant par exemple, << une certaine connaissance de la langue hébraïque >>. Après quoi, << s'il le juge utile >> le ministre de l'Intérieur accorde (ou refuse) la nationalité israélienne. En bref, en vertu de la loi israélienne, un Juif de Patagonie devient citoyen israélien à l'instant même où il pose le pied à l'aéroport de Tel-Aviv ; un Palestinien, né en Palestine, de parents palestiniens, peut être considéré comme apatride. Il n'y a là nulle discrimination raciale contre les Palestiniens; simplement une mesure en faveur des Juifs !

Il semble donc difficile de contester la Résolution de l'Assemblée générale de l'O.N.U., du 10 novembre 1975 (Résolution 3379-xxx) définissant le sionisme comme << forme de racisme et de discrimination raciale >>.

En fait, ceux qui s'installent en Israël sont, pour une infime minorité ceux qui viennent pour accomplir "la promesse". La "loi du retour" a très peu joué. Il est heureux qu'il en soit ainsi car, dans tous les pays du monde, des juifs ont joué un rôle éminent dans tous les domaines de la culture, de la science et des arts, et il serait navrant que le sionisme atteigne l'objectif que se sont fixés les antisémites : arracher les juifs à leurs patries respectives pour les enfermer dans un ghetto mondial. L'exemple des juifs français est significatif; après les accords d'Évian de 1962 et la libération de l'Algérie, sur 130.000 juifs quittant l'Algérie, 20.000 seulement sont allés en Israël et 110.000 en France. Ce mouvement n'était pas la conséquence d'une persécution antisémite car la proportion de colons français d'Algérie non-juifs, quittant l'Algérie était la même. Ce départ avait pour cause non l'antisémitisme mais le colonialisme français antérieur et les juifs français d'Algérie ont connu le même sort que les autres Français d'Algérie.

En résumé, la quasi totalité des immigrants juifs en Israël est venue pour échapper aux persécutions antisémites.

En 1880 il y a 25.000 juifs en Palestine pour une population de 500.000 habitants.

A partir de 1882 commencent les immigrations massives à la suite des grands pogroms de la Russie tsariste.

De 1882 à 1917 arrivent ainsi 50.000 juifs en Palestine. Puis viennent, entre les deux guerres, les émigrés polonais et ceux du Maghreb pour échapper à la persécution.

Mais la masse la plus importante vint d'Allemagne en raison de l'ignoble antisémitisme d'Hitler ; près de 400.000 juifs arrivèrent ainsi en Palestine avant 1945.

En 1947, à la veille de la création de l'État d'Israël, il y avait 600.000 juifs en Palestine sur une population totale de 1 million 250 mille habitants.

Alors commença le déracinement méthodique des Palestiniens. Avant la guerre de 1948 environ 650.000 Arabes habitaient dans les territoires qui allaient devenir l'État d'Israël. En 1949 il en restait 160.000. En raison d'une forte natalité leurs descendants étaient 450.000 à la fin de 1970. La ligue des Droits de l'Homme d'Israël révèle que du 11 juin 1967 au 15 novembre 1969, plus de 20.000 maisons arabes ont été dynamitées en Israël et en Cisjordanie.

Il y avait, au recensement anglais du 31 décembre 1922, 757.000 habitants en Palestine, dont 663.000 Arabes (590.000 Arabes musulmans et 73.000 Arabes chrétiens) et 83.000 juifs (c'est-à-dire : 88 % d'Arabes et 11 % de juifs). Il convient de rappeler que ce prétendu <<désert >>était exportateur de céréales et d'agrumes.

Dès 1891, un sioniste de la première heure, Asher Guinsberg (écrivant sous le pseudonyme Ahad Ha'am, "Un du peuple") visitant la Palestine, apporte ce témoignage :

<< A l'extérieur, nous sommes habitués à croire que Eretz-Israël est aujourd'hui quasi désertique, un désert sans cultures, et que quiconque désire acquérir des terres peut venir ici s'en procurer autant que son coeur désire. Mais en vérité il n'en est rien. Sur toute l'étendue du pays, il est difficile de trouver des champs non cultivés. Les seuls endroits non cultivés sont des champs de sable et des montagnes de pierres où ne peuvent pousser que des arbres fruitiers, et ce, après un dur labeur et un grand travail de nettoyage et de récupération >>.

Source : Ahad. &OElig;uvres complètes (en Hébreu). Tel-Aviv. Devir Publ. House, 8é édition. p. 23.

En réalité, avant les sionistes, les "bédouins" (en fait céréaliers) exportent 30.000 tonnes de blé par an; la superficie des vergers arabes triple de 1921 à 1942, celle des orangeraies et des autres agrumes est multipliée par sept entre 1922 et 1947, la production est multipliée par dix entre 1922 et 1938.

Pour ne retenir que l'exemple des agrumes, le Rapport Peel, présenté au Parlement anglais, par le Secrétaire d'État aux colonies, en juillet 1937, se fondant sur la rapide progression des orangeraies en Palestine, estime que, sur les trente millions de cageots d'oranges d'hiver dont s'accroîtra la consommation mondiale dans les dix années à venir, les pays producteurs et exportateurs seront les suivants :

Palestine : 15 millions

États-Unis : 7 millions

Espagne : 5 millions

Autres pays (Chypre, Égypte, Algérie, etc...) : 3 millions.

Source : "Rapport Peel", chapitre 8, [[section]] 19, p. 214.

Selon une étude du Département d'État américain, remise le 20 mars à une commission du Congrès << plus de deux cent mille Israéliens sont maintenant installés dans les territoires occupés (Golan et Jérusalem-Est compris) Il constituent "approximativement" 13 % de la population totale de ces territoires. >>

Quelques 90.000 d'entre eux résident dans les 150 implantations de Cisjordanie, << où les autorités israéliennes disposent à peu près de la moitié des terres. >>

A Jérusalem-Est et dans les banlieues arabes dépendant de la municipalité, poursuit le Département d'État, près de 120.000 Israéliens sont installés dans quelques douze quartiers. Dans la bande de Gaza, où l'État hébreu a confisqué trente pour cent d'un territoire déjà surpeuplé, 3.000 Israéliens résident dans une quinzaine d'implantations. Sur le plateau du Golan, ils sont 12.000 répartis dans une trentaine de localités. >>

Source : "Le Monde" du 18 avril 1993.

Le quotidien Yedioth Aharonoth, le plus fort tirage de la presse israélienne, écrivait :

<< Depuis les années soixante-dix, il n'y a jamais eu pareille accélération de la construction dans les territoires. Ariel Sharon (le ministre du logement et de la construction), poursuit Yedioth, est fébrilement occupé à établir de nouvelles implantations, à développer celles qui existent déjà, à faire des routes et préparer de nouveaux terrains à construire >>.

Source : Ces textes israéliens sont reproduits dans le "Monde" du 18 avril l991.

(Rappelons qu'Ariel Sharon fut le Général commandant l'invasion du Liban, qui arma les milices phalangistes qui exécutèrent les "pogroms" des camps palestiniens de Sabra et de Chatila. Sharon ferma les yeux sur ces exactions et en fut complice comme le révéla même la commission israélienne chargée d'enquêter sur les massacres.)

Le maintien de ces colonies juives dans les territoires occupés, et leur protection par l'armée israélienne, et l'armement des colons, (comme autrefois les aventuriers du Far West en Amérique), rend illusoire toute "autonomie" véritable des Palestiniens et rend impossible la paix tant que subsiste l'occupation de fait.

L'effort principal d'implantation coloniale porte sur Jérusalem avec le but avoué de rendre irréversible la décision d'annexion de la totalité de Jérusalem pourtant unanimement condamnée par les Nations Unies (y compris par les États-Unis !).

Les implantations coloniales dans les territoires occupés sont une violation flagrante des lois internationales et notamment de la Convention de Genève du 12 août 1949, dont l'article 49 stipule : << La puissance occupante ne pourra procéder au transfert d'une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. >>

Même Hitler n'avait pas enfreint cette loi internationale : il n'a jamais installé de "colons" civils allemands sur des terres d'où auraient été chassés des paysans français.

Le prétexte de la "sécurité", comme celui du "terrorisme" de l'"Intifada", sont dérisoires : les chiffres sont à cet égard éloquents :

<< 1116 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'Intifada (la révolte des pierres), le 9 décembre 1987, par les tirs des militaires, des policiers ou des colons. Soit 626 en 1988 et 1989, 134 en 1990, 93 en 1991, 108 en 1992, et 155 du 1er janvier au 11 septembre 1993. Parmi les victimes figurent 233 enfants âgés de moins de dix-sept ans d'après une étude réalisée par Betselem, l'association israélienne des droits de l'homme.

Des sources militaires chiffrent à près de vingt mille le nombre des Palestiniens blessés par balles, et l'Office des Nations Unies pour l'aide aux réfugiés de Palestine (U.N.R.W.A.), à quatre vingt dix mille.

Trente-trois soldats israéliens ont été tués depuis le 9 décembre 1987, soit 4 en 1988, 4 en 1989, 1 en 1990, 2 en 1991, 11 en 1992 et 11 en 1993.

Quarante civils, pour la plupart des colons, ont été tués dans les territoires occupés, selon un décompte établi par l'armée.

Selon les organisations humanitaires, quinze mille Palestiniens, en 1993, sont détenus dans les prisons de l'administration pénitentiaire et dans les centres de détention de l'armée.

Douze Palestiniens sont morts dans les prisons israéliennes depuis le début de l'Intifada, certains dans des conditions qui n'ont pas encore été éclaircies, assure Betselem. Cette organisation humanitaire indique aussi qu'au moins vingt mille détenus sont torturés, chaque année, dans les centres de détention militaire, au cours d'interrogatoires >>
.

Source : "Le Monde" du 12 septembre 1993.

Autant de violations de la loi internationale tenue pour un "chiffon de papier" et, plus encore comme l'écrit le professeur Israël Shahak : << parce que ces colonies, par leur nature même, s'inscrivent dans un système de spoliation, de discrimination et d'apartheid. >>

Source : Israël Shahak : "Le racisme de l'État d'Israël". p. 263.

Voici le témoignage du Professeur Shahak sur l'idolâtrie qui consiste à remplacer le Dieu d'Israël par l'État d'Israël.

<< Je suis un Juif qui vit en Israël. Je me considère comme un citoyen respectueux des lois. Je fais mes périodes dans l'armée tous les ans, bien que j'aie plus de quarante ans. Mais je ne suis pas "dévoué" à l'État d'Israël ou à quelque autre État, ou organisation ! Je suis attaché à mes idéaux. Je crois qu'il faut dire la vérité, et faire ce qu'il faut pour sauver la justice et l'égalité pour tous. Je suis attaché à la langue et à la poésie hébraïques, et j'aime à penser que je respecte modestement quelques-unes des valeurs de nos anciens prophètes.

Mais vouer un culte à l'État ? J'imagine bien Amos ou Isaïe si on leur avait demandé de "vouer" un culte au royaume d'Israël ou de Judée. !

Les Juifs croient et disent trois fois par jour qu'un Juif doit être voué à Dieu et à Dieu seulement : << Tu aimeras Yaveh, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de tout ton pouvoir. >> (Deutéronome, ch. VI, verset 5). Une petite minorité y croit encore. Mais il me semble que la majorité de son peuple a perdu son Dieu, et lui a substitué une idole, exactement comme quand ils adorèrent tant le veau d'or dans le désert qu'ils donnèrent tout leur or pour lui élever une statue. Le nom de leur idole moderne est l'État d'Israël >>

Source : Ibidem p. 93.



Continuer au chapitre suivant du livre de R. Garaudy "Les mythes fondateurs de la politique israélienne"






Les mythes fondateurs de la politique israélienne


Par Roger Garaudy

Introduction

I - Les mythes théologiques

II - Les mythes du XXè siècle

III - L'utilisation politique du mythe

Conclusion


"Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal; nous avons pris leur pays. [...] Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?"

- David Ben-Gourion, premier ministre israélien, cité par Nahum Goldmann dans "Le Paradoxe Juif", page 121.


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