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La Chronique de Maxime Pale
6


Au nom de la liberté d´expression, Radio Islam ouvre ses pages, aux intellectuels français, sur les sujets tabous en France. Toute contribution est bienvenue, sous la responsabilité intellectuelle de l´auteur. "Du choc des idées jaillit la lumière"!
"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit." (Article19, Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948)

LA RAFLE DE LA MEMOIRE

La France sans la République

***

Les symboles de l'histoire



Il arrive que les oligarchies républicaines s'étouffent sous leurs propres contradictions. Il arrive qu'elles se mélangent les pinceaux et se prennent les pieds dans les mythes qu'elles ont créés, pour asseoir leur pouvoir. Il arrive qu'elles se perdent dans les méandres de l'histoire qu'elles ont falsifiée. Et tout le monde en profite pour se retourner dans sa tombe, dans l'allégresse générale, ou dans les larmes, tant le ridicule peut être triste, parfois.
Parce que, voyez-vous, une oligarchie est quelque chose qui se reproduit dans le temps. Qui fait face aux événements en les réinterprétant à son gré, et puis en s'asseyant dessus dès qu'elle le peut pour les retourner à son avantage.
Mais dans sa quête de l'immortalité, des fois, elle rate une marche.
Une oligarchie, c'est une sorte d'entité pour qui l'histoire est figée. Le passé, pour elle, est un bloc homogène dont la signification ne saurait évoluer au-delà des limites qu'elle a fixé dans les manuels scolaires. Il y a des choses qu'il faut louer, fêter, célébrer, et d'autres qu'il convient de pleurer, en hochant la tête de douleur et de remords. Toute une mise en scène, un petit théâtre politique où chacun possède un rôle déterminé, invariable dans le temps, répété à l'infini. Elle est comme ça, notre République.
Et c'est ainsi qu'on l'aime, non?
Moi, quand j'étais plus jeune, j'allais scier l'arbre de la République du 14 juillet, avec les potes. Vous savez, la petite pousse attendrissante entourée d'un ruban bleu, et blanc et rouge aussi. Les trois couleurs de la honte exaltées par les républicains. Je me souviens bien, c'était pour nous un rituel alternatif. Juste pour équilibrer les frasques populaires d'une fête odieuse de manipulation idéologique. Bon, depuis, j'ai cessé ce genre de plaisanterie. Mais la vue d'un maire républicain engoncé dans son écharpe tricolore suffit à me rappeler cette douce époque. Tout ça est odieusement symbolique.
Et c'est avec ce genre de symbole qu'on asservit les peuples. Pardon, les citoyens.
C'est plus grave qu'on ne le croit, ce truc. Parce que le drapeau républicain est devenu l'emblème de la France jusque dans les mouvements politiques qui se veulent subversifs. Encore et toujours le Front National. L'autre jour, j'ai entendu un vague débat à la télé d'Etat. Un type quelconque contestait le droit à Monsieur Bruno Megret, célèbre maire de la ville de Vitrolles par épouse interposée, à afficher des prérogatives symboliques et ornementales de maire. Or, le gars, il portait justement l'écharpe aux trois couleurs, fièrement, avec gaillardise aux côtés de sa tendre moitié.
Là, j'ai secoué la tête, un peu. Je n'ai pas bien compris. Pourquoi le numéro deux du parti de Lepen s'obstinait-il à attacher ce nauséeux article vestimentaire à son torse? Pourquoi semblait-il attacher de la valeur à ce tissu baigné du sang des français par les jacobins hystériques? Au risque de provoquer encore des tracasseries administratives et médiatiques à l'encontre de sa personne, il souillait la subversion partisane qui est censée être sienne en participant d'un rituel qu'il aurait du renier.
Là, j'ai eu peur, un peu.
Parce je me suis dit que ce n'était peut-être pas de l'ironie. Je me suis dit que le Megret ne se moquait peut-être pas ainsi des règles de la République démocratique, sa mise en scène ou son fonctionnement électoral. Il aurait pu. Revêtir ainsi l'écharpe si laide du pouvoir oligarchique en tant que dirigeant d'un parti opposé au système, par ironie.
Jean-Marie Lepen l'avait bien dit un jour, que lui et ses collègues droitistes se considéraient comme les héritiers des perdants de la Seconde Guerre Mondiale. C'est à dire plus explicitement les ennemis de la République française, les Maurras, les Rebatet, les Saint-Loup et les autres. J'en avais conclu avec délice que le Front National était un parti antirépublicain de la plus belle espèce, un grand cru.
Comme au bon vieux temps, quoi.
Mais à la vue de son ami, l'élu local, je me suis demandé si Charles Maurras avait un jour porté l'écharpe républicaine et les couleurs de l'oligarchie, à une quelconque occasion. Je sais pas, j'ai pas de photo, mais j'en doute un peu. Disons que c'était pas vraiment le genre de la maison, ni chez lui ni chez Brasillach. Mais même, malgré cette certitude que j'affiche au sujet des ancêtres idéologiques du Front National, j'ai un doute terrible. Un doute, car ces mecs, aujourd'hui comme hier, sont surtout des nationalistes. Ce n'est pas sans raison que la fête annuelle du parti de Lepen se nomme la fête des bleu-blanc-rouge et que ce trio de couleurs est aussi celui de la flamme qui représente le parti. Comme catastrophe, ça se pose là. Le nationalisme est devenu le jouet de la symbolique républicaine.
Comme quand le même parti d'extrême droite râle parce que des joueurs de football ne chantent pas la Marseillaise assez fort. Il peste contre le manque de nationalisme de ces mecs. Mais l'hymne national, c'est la République qui se l'est appropriée.
Le Front National glorifie donc la République.
A l'époque de la Révolution française, le nationalisme était de gauche. C'est à dire républicain et jacobin, contre la Monarchie, accusée d'être à la solde des ennemis de la Nation. Et puis au tournant de ce siècle, la droite et l'extrême droite se sont emparé de cette doctrine, tandis que la gauche s'enfonçait dans les idéologies internationalistes que l'on sait. Mais au cours de la passation idéologique de pouvoir, il semble que Drumont et sa bande aient oublié un petit détail, à savoir détourner le symbolisme de la République nationaliste.
Et ça, les amis, ce n'est pas si anodin. Non, car le fait que les trois putains de couleurs de la République soient passées dans les moeurs comme symbole du nationalisme, même chez certains des adversaires déclarés de la Révolution française, est la preuve que la conquête idéologique et culturelle de la jeune oligarchie était déjà en marche. Un gars que j'ai cité quelque part aurait dit que l'appareil idéologique d'Etat culturel était en place, prêt à fonctionner, parfaitement huilé. Passons.
Et des années et des années plus tard, il y a encore des gars pour mélanger le nationalisme et une forme de patriotisme bâtarde héritée de la révolution jacobine.
C'est donc si peu important?
La République est un concept de gauche, qui a détruit peu à peu toute droite réelle dans le paysage politique français. Alors que l'on ne me parle pas de vraie droite chez des mecs qui affichent avec joie un pur produit de cette gauche totalitaire, tout ça à cause d'un populisme patriotique contradictoire.
Je prie pour que ces mecs en question ne soient pas dupes.
Car l'histoire du drapeau, c'est surtout révélateur d'une mentalité plus large, plus diffuse. Ainsi, l'Etat français est confondu avec l'Etat républicain. Le sentiment nationaliste est devenu un sentiment de défense de la République. Dans le nationalisme, il n'existe plus d'alternative idéologique au système politique et social mis en place par les oligarchies. Un bon patriote doit verser son sang sur une unique doctrine représentée par les couleurs républicaines. C'est ce même drapeau que ceux qui meurent pour la France ont jadis du brandir et seront tenus de brandir encore et toujours. Comme si on ne pouvait pas mourir pour une autre France que celle de la République.
Comme si on était forcé de se battre pour une idéologie, et non pas une patrie.
La Nation française que nous connaissons, vous et moi, c'est une construction idéologique de la République totalitaire. La France est confondue avec la doctrine imposée par ceux qui la dominent et asservissent son peuple. Ceux qui luttent pour une autre France sont des traîtres à la Nation. Des conspirateurs. Leur nationalisme ne saurait être qu'un leurre à la solde de puissances étrangères. C'est un classique de l'endoctrinement qui a déjà été utilisé sous la Révolution française, quand l'attachement à la patrie fut monopolisé par les aventuriers bourgeois. Rien que le terme retenu pour la chose, d'ailleurs.
Non pas une révolution bourgeoise, populaire ou j'en passe. Mais une Révolution française, avec une majuscule, s'il vous plaît. Evidemment, la France était censée y gagner quelque chose, dans cette histoire, c'est sûr. Et cette grande confusion entre la France et la République a fini par embrouiller tout le monde.
Et Vichy, on s'en doute, c'est alors un sacré paquet de noeuds.
***
L'Etat, la République et la France
 
C'était le 20 juillet dernier, un dimanche. Le souvenir de la rafle du Vélodrome d'Hiver, par le premier ministre Lionel Jospin en personne. La journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites, le Vel' d'Hiv' pour les intimes.
Une mémoire qui plonge ses racines dans un débat houleux et controversé sur la nature du gouvernement de Vichy. Et Jospin, et Chirac avant lui, applaudis par les organisations juives de France, les geôliers du souvenir, sont parvenus à renier en quelques phrases des décennies d'éducation idéologique républicaine. Ce que leurs prédécesseurs, sans doute plus subtils, s'étaient toujours refusés à faire. Et ils ont trahi l'intégrité de leur propre oligarchie, créant sans le vouloir une brèche dans la logique étatique, séparant pour la première fois depuis bien longtemps la notion d'Etat français du régime républicain.
Le Vel' d'Hiv', c'est l'arrestation par le gouvernement de Vichy de tas de juifs qui allaient être envoyés en Allemagne ensuite. On connaît tous cette histoire, je vais pas revenir là-dessus. On la connaît tous, et pour cause. Puisque depuis des années ce sombre événement de l'histoire de France est sujet aux controverses les plus glauques et aux prises de positions les plus contestées.
Une sacrée affaire, ce truc.
Pourtant, ça n'avait pas si mal commencé, avec Mitterrand, au début. Lui, il avait compris qu'il fallait à tout prix séparer l'épisode de la collaboration d'avec la République française. Cette dernière devait être lavée de tout soupçon. Elle n'avait rien à se reprocher. Les types qui avaient aidé les boches à mettre la main sur les juifs ne pouvaient être considérés comme des français, des républicains.
Un groupe d'intellectuels, à l'époque, avait demandé à François de reconnaître que "l'Etat français de Vichy était responsable". Aussi sec, le Président avait alors répliqué qu'il n'était pas question de demander des comptes à la République, comprenez l'Etat français, car celle-ci n'avait fait que son devoir, à savoir la résistance en exil.
Et il persévérait l'année suivante.
"Je ne ferais pas d'excuses au nom de la France", annonça t-il sans se démonter. "La République n'a rien avoir avec ça. Ce sont des minorités activistes qui ont saisi l'occasion de la défaite pour s'emparer du pouvoir et qui sont comptables de ces crimes-là. Pas la République, pas la France". Point à la ligne. Cassant, le mec.
D'où l'indignation parmi les associations juives. Pourtant la logique républicaine avait été parfaitement respectée par le chef de l'Etat. La confusion de la France et de la République. Et la négation d'un régime considéré comme illégitime et illégal. Ces gens-là, les collabos, les monstres, n'étaient pas des républicains. Ils ne représentaient pas les intérêts du peuple français, il n'était pas la France. C'était de Gaulle et compagnie, la France, on le sait bien.
Et c'est pourquoi, cinquante ans plus tard, il n'est toujours pas question d'accepter que Pétain et ses potes aient pu impliquer par leurs actes, et d'une quelconque façon, la République, donc la France. Mitterrand, en cela, se plaçait dans la droite ligne des oligarchies républicaines triomphantes qui usaient de ce subterfuge pour déconsidérer leurs adversaires. Comme les nobles pendant la Révolution française. Les gars de Vichy ne pouvaient être qu'à la solde de l'ennemi extérieur, l'étranger.
Il n'y a de français que républicain, on le sait.
De cette façon, pour le coup de la rafle, comme pour le régime de la Révolution nationale dans son ensemble, l'Etat français, dans l'histoire écrite par les républicains, n'a joué aucun rôle, l'Etat français est innocent, la France est innocente. Et la République se préserve ainsi de la honte de l'illégitimité, en dénonçant les traîtres opposés à son idéologie de domination, en oeuvrant pour les discréditer à jamais.
On l'a vu, la droite, avant la guerre, s'est emparée du thème du nationalisme pour en faire un élément phare de sa doctrine. La République n'a pas encore tout à fait le monopole de la défense idéologique de la patrie. Même si ses propres symboles de la Nation, comme je l'ai évoqué, servent déjà pour toutes les tendances politiques confondues. La Libération va être l'occasion pour elle de définir ce qu'est le vrai nationalisme. Non pas celui d'une droite anti-républicaine, une droite réelle, je dirais, accusée d'être à la solde des bourreaux de la France. Mais celui de la République, symbolisé par la résistance à l'occupant.
Le Parti communiste, en passant, se refait une crédibilité patriotique, dans le sillage des républicains qui le considèrent presque comme un membre de la famille.
Délesté de sa légitimité politique et juridique, l'Etat de Vichy perd alors toute légitimité nationaliste. Les hommes qui ont fait la collaboration ne travaillaient pas dans l'intérêt de la Nation, mais à la botte des allemands. Ce sont des vendus, des damnés. Et c'est ainsi qu'à la fin de la guerre, comme par magie, l'oligarchie triomphante ôte la qualité de français réel à ceux qui ont gouverné le pays pendant l'occupation.
Mitterrand avait compris ce tour de passe-passe.
Les juifs aussi. Mais eux, ils en voulaient sans doute plus. Et c'est un peu normal. Car le truc qui avait permis à la République de discréditer l'idéologie de la droite radicale, c'était le Génocide. Bien pratique, ça. Dans la surenchère de l'après-guerre, quand le nombre de juifs tués fut exagéré à satiété pour permettre l'installation d'un Etat fantôme juif en Palestine, les républicains grappillèrent leurs morceaux d'instrumentalisation du souvenir pour s'imposer comme les tenants de la seule idéologie moralement correcte en France.
Pourtant, les associations juives de France ont finalement demandé plus que cela. Plus que l'instauration d'une journée commémorative, ici ou là. Ils voulaient que la responsabilité de l'Etat français soit reconnue. Ils voulaient que la République et les français plaident aussi coupable, et ne rejettent pas la faute sur des types mis au banc de la Nation. Et parce que Mitterrand refusait cela, il fut accueilli par des huées et sifflets lors de sa première apparition au Vel' d'Hiv'. Le four. Il n'y retourna plus jamais, vexé.
Pourquoi tant d'acharnement?
Les juifs sont nombreux parmi les républicains. Ils sont bien représentés dans l'oligarchie. Le fait que celle-ci se serve de la mémoire du Génocide pour consolider son pouvoir et éliminer ses adversaires ne les a sans doute pas dérangés. Certains d'entre eux ont peut-être même participé à cette utilisation odieuse du souvenir à des fins politiques. L'exterminationnisme et le gonflement des chiffres sont pourtant une stratégie de conservation de pouvoir qui devrait être intolérable pour les juifs eux-mêmes. Moi, si j'étais juif, je ne supporterais pas que le souvenir des morts dans les camps serve à asseoir la soif de domination d'une oligarchie morale.
A moins d'avoir ma place dans cette oligarchie, évidemment.
Mais on peut alors se demander pourquoi les juifs de France ont engagé une telle campagne en faveur de la reconnaissance des fautes de l'Etat français sous l'occupation. Est-ce que tout le travail de reconstruction de l'histoire effectué par la République ne suffisait plus? Peut-être pas, en effet. Parce qu'avant de se rapprocher de la droite républicaine, le Front National avait pris l'aspect à l'époque, de cette droite dure et opposée à la République qui avait tant brassé d'air entre les deux guerres, puis avait participé en partie au gouvernement de Pétain. Et ça, c'était inquiétant. Il fallait réagir, plus que jamais.
Parce que des trucs comme l'antisémitisme, la haine de la République et de sa fausse démocratie, le nationalisme virulent, revenaient à la charge au mépris des anciens tabous mis en place par l'idéologie républicaine. Une fois de plus, une alternative idéologique semblait se former, à droite, alors que la République croyait s'en être définitivement débarrassée. Rien à voir avec les ligues, sans doute. Mais tout de même. L'extrême droite était de retour, et avec elle les vieux tabous idéologiques vacillaient.
Et surtout, un truc nouveau était apparu. Le révisionnisme. La remise en cause du souvenir officiel. La dissidence idéologique.
La solution, dans ce cas, était simple. Il s'agissait de les faire renaître, ces tabous. De rappeler au bon peuple de France où tout cela l'avait mené, la première fois. De lui faire peur et de réveiller les vieux démons qu'il avait un peu oublié. En clair, il suffisait de réimplanter la culpabilité dans des générations qui n'avaient pas connu la guerre et ses horreurs bien pratique à la domination oligarchique à sa reproduction. Il était devenu nécessaire d'humilier une fois encore les hommes et femmes de France.
Alors ces mecs, ils ont déterré la honte.
***
Les contradictions perdues de l'oligarchie
Mitterrand ne voulait pas. Trop attaché à l'intégrité de la République et à sa base la plus stable, sa confusion avec la France, il a refusé, tout net. Mais ses successeurs n'ont pas suivi le chemin qu'il avait tracé. Ils ont osé toucher aux valeurs même de la République. Et en faisant cela, ils l'ont mise en péril. Je vais pas pleurer, hein.
C'est Chirac, et puis Jospin, sans doute moins avisés que l'ancien Président de la République, qui se sont pliés aux exigences des juifs. Ils ont courbé l'échine devant le Conseil représentatif des institutions juives de France, le CRIF. Le premier de ces messieurs a dit simplement que la rafle du Vélodrome d'Hiver avait été secondée par des français et par l'Etat français. Il a précisé que la France, terre des droits de l'homme, des lumières, avait ce jour-là commit l'irréparable. Et d'ajouter que nous, français, conservions tous à cet égard une dette imprescriptible.
Bien joué.
En un seul et unique discours, notre président de droite venait de balayer un siècle ou deux de dure élaboration de la doctrine républicaine, sans sourciller, juste une larme à l'oeil, sans doute. Non seulement il assimilait le régime de Vichy à la France et à l'Etat français, mais il enfonçait le clou en citant l'héritage de la Révolution française, ne laissant aucun doute sur le fait que la terre de la République était responsable. Tout juste s'il ne dénonçait pas les fautes de la République française elle-même! Les jacobins ont failli en sortir de leur tombeau, tellement l'absurdité du discours les bafouait.
Pour la première fois depuis longtemps, un régime non républicain était reconnu comme français et comme un Etat à part entière. Non pas une vague antenne d'une puissance étrangère hostile, mais un régime politique légitime et entier. La nationalité française n'était plus l'exclusivité de la doctrine républicaine. Il ne suffisait plus d'être un serviteur de l'oligarchie pour être considéré comme un français réel. Et le 20 juillet dernier, Jospin en a rajouté une couche en déclarant que la rafle avait été décidée, planifiée et réalisée par des français, sans l'aide de l'Allemagne, la France commettant en cela une faute irréparable.
Des français qui n'étaient pas républicains. C'est une nouveauté.
Bien sûr, il s'agissait de la rafle du Vel' d'Hiv, mais tout le monde a compris le message. C'est le régime de Vichy tout entier qui est visé.
Il y a une utilité à cela, cela va de soi. Le chef de l'oligarchie républicaine n'aurait pas cédé ainsi aux revendications des juifs s'il ne pouvait en tirer un quelconque avantage. Cet avantage, c'est le retour du Génocide dans les mémoires. Pas la solution finale, pas le Big One, pas besoin d'aller si loin. Juste le petit, celui de la France et de ses déportations. Le but du jeu, c'est de montrer au français moyen qu'il est coupable. Que les années passées n'ont rien changé à cela. Qu'il doit toujours avoir honte, par souvenir interposé.
La honte de ceux qui pouvaient être tentés par les idéologies alternatives ne suffisait plus. Elle ne jouait plus son rôle de morale républicaine. Il était nécessaire que tous les français se sentent honteux. Vis à vis de la République, et des juifs. Afin qu'ils soient horrifiés à la simple mention du nom des mouvements politiques qui faisaient revivre d'autres doctrines, éloignées des valeurs grotesques de l'oligarchie.
Pour la République et pour les juifs, c'est un appel ouvert à la lutte contre le retour éventuel d'une vraie droite. Un moyen de faire jouer le vieux truc de la culpabilité, base même de la domination oligarchique après la guerre.
Mais c'est aussi une bourde. Si cette culpabilité des français avait besoin d'être réveillée, elle l'a été au profit de l'abandon d'une base plus ancienne et plus solide encore du pouvoir républicain. Car le nationalisme a pu encore une fois changer de main. Pire, la République a fini par admettre qu'il existait deux formes de nationalisme. L'un est républicain, le second provient d'idéologies différentes, une alternative. Forcément, le premier est noble, propre, moral et valorisant. Il est du côté du bien. C'est le nationalisme des résistants, et des communistes par la même occasion.
On fait mieux, peut-être, que le nationalisme des internationalistes, non?
Le second est sale, dans ce cas. Il est condamnable, sombre et arriéré. D'après la doctrine de la République, il est passéiste, anti-moderniste. Il peut nous mener aux pires excès. Mais ce n'est pas l'important. Que la République dise ce qu'elle veut pour rattraper le coup, elle a commis une erreur. Car cette seconde forme de nationalisme français peut exister de nouveau. Il possède une légitimité toute fraîche, une réalité.
Le CRIF n'avait peut-être pas compris ça. Quand il se félicite de l'allocution de Jospin, et quand ses membres sont émus et applaudissent. Tout le monde se gargarise de satisfaction, car la France vient d'en prendre pour un bon moment encore de mémoire coupable. Sans que personne ne comprenne que l'apparition d'un double nationalisme français vient d'ouvrir un gouffre au plus profond de la logique doctrinale de la République.
Si j'étais à leur place, je me poserais des questions.
Je dirais que les juifs ne sont peut-être pas très au fait de cette thématique nationaliste. Je dirais que leur attachement religieux et politique à Israël les empêche peut-être de discerner le caractère essentiel du monopole patriotique dans l'histoire de l'oligarchie dominante et séculaire. Ils ont sans doute cru que le souvenir truqué de la Seconde Guerre Mondiale allait suffire pour ramener le bon peuple de France dans le droit chemin.
Aveuglés, ils ont négligé ainsi le fait nationaliste. Ils ont oublié que la République ne tire pas sa domination d'une unique manipulation idéologique. Et que le poids de la culpabilité des français, face à d'autres doctrines que la morale républicaine, se heurte à présent à une nouvelle forme de nationalisme. En effet, la finesse de la République est d'empêcher toute existence légale et morale à ses adversaires. Avec la reconnaissance d'une alternative idéologique qui n'entraîne pas la perte de la qualité de français, elle a légitimé ceux à qui elle ôtait auparavant toute existence réelle.
Moi, je ne l'avais pas attendu, mais bon.
Je remercierais presque ce petit monde. Mais j'ai peur que ces contradictions idéologiques n'aient pas été relevées par la droite subversive que la République cherche à combattre. Quand le Front National évoque ouvertement, par l'intermédiaire de certains de ses dirigeants, une possible alliance avec la droite républicaine, ça me fait froid dans le dos. Et ça me rappelle sa soumission aux trois couleurs de la République. Ainsi que le chauvinisme populiste qu'il utilise. En se moquant bien de se revendiquer d'un anti-républicanisme pourtant officiellement compatible avec le nationalisme.
J'ai bien peur que ce parti-là ne franchisse jamais le pas.
Et ce serait sa perte. La République, et ceux des juifs qui bossent dans l'oligarchique, ont ravivé les anciens remords des français. Des mecs comme moi, qui n'ont pas de comptes à rendre aux événements datant de cinquante ans, sont sommés aujourd'hui de s'apitoyer sur le passé. Alors que nous n'étions pas nés. Les commémorations de la mémoire réinventée sont autant d'armes idéologiques diffusées dans l'opinion. Si personne ne met le doigt sur les contradictions soulevées par cette stratégie, le nationalisme alternatif restera dans l'ombre, bien planqué, reconnaissance officielle ou pas.
On me dit, à moi, qu'il y a des révisionnistes, à l'extrême droite, au FN. Je veux bien le croire, même à la télé, on le dit. Bon, ça tombe bien. Le révisionnisme, c'est le meilleur moyen de s'attaquer à la putain d'instrumentalisation du Génocide dont abuse la République, pour survivre. Le révisionnisme est pourchassé par la République, car il remet en cause les mensonges qui font le pouvoir de l'oligarchie. Il fait battre de l'aile à l'exterminationnisme, l'odieuse manipulation du souvenir. Mais la République, et les juifs en son sein, ont focalisé leur action sur la lutte par la réhabilitation et la démystification de l'histoire. Tous les moyens sont bons.
Alors je comprends à la limite que des partis politiques hésitent à se revendiquer de ce truc, le révisionnisme, ouvertement.
Mais si le Front National a la trouille de s'attaquer de face aux tabous implantés dans l'opinion par les vecteurs idéologiques des partis dominants, il pourrait au moins faire mine de confronter ses valeurs avec celles de la République. Pas les machins à la con, comme, l'immigration et autres. Les vraies valeurs, l'idéologie, et donc le nationalisme anti-républicain. Celui qui se réappropriera le monopole du nationalisme idéologique marquera des points, les mecs. Et même si le révisionnisme est le combat le plus important à mener contre les types qui nous gouvernent, des points marqués, ça compte.
Il n'y a pas de petite conquête de l'hégémonie culturelle, vous savez. C'est la globalité, qu'il faut viser, pas une hégémonie partielle. Chaque partie de l'idéologie dominante que nous pouvons mettre à bas doit être exploitée. Chacun des morceaux abandonnés par la République, dans son arrogance ou dans la bêtise de ses représentants, est une partie de l'idéologie totale dont il convient de s'emparer.
Enfin bon, quoi qu'il arrive, je me serais toujours bien marré en regardant Jospin faire son discours lors des commémorations.
Les occasions de rire sont rares, en République. C'est déjà ça.

Maxime Pale



"Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal; nous avons pris leur pays. [...] Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?"

- David Ben-Gourion, premier ministre israélien, cité par Nahum Goldmann dans "Le Paradoxe Juif", page 121.


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